L'an II d'Antoine Griezmann au FC Barcelone vient à peine de débuter. Mais, déjà, tout porte à croire que la deuxième saison du Français en Catalogne sera très différente de la première. C'est en tout cas ce qu'ont laissé penser les dix derniers jours écoulés durant lesquels le joueur et son entraîneur ont porté leurs désaccords devant les micros par le biais de sous-entendus et de messages très clairs.

Liga
Les joueurs du Barça refusent une nouvelle baisse de salaires
16/10/2020 À 16:41

L'arrivée de Ronald Koeman a marqué une rupture profonde pour de nombreux (ex)joueurs Blaugrana et Griezmann en fait partie. Sur le terrain, le fond du problème est resté le même - nous y reviendrons. En dehors, l'atmosphère s'est chargée. Au cours de son premier exercice, le meneur des Bleus s'était gardé de mettre des mots sur ses maux, même si son langage corporel et son rendement avaient fini par parler à sa place.

Ernesto Valverde et Quique Setién s'étaient, la plupart du temps, abstenus de remettre de l'huile sur le feu. Le premier n'avait cessé de réclamer de la patience puisque le timing le lui permettait encore. Son successeur, lui, évitait le sujet tant qu'il le pouvait, justifiant certains de ses choix avec beaucoup de diplomatie, notamment lorsqu'il a installé le Mâconnais sur le banc des remplaçants. De la même manière, il saluait avec précaution chacun des rares coups d'éclat du joueur.

Avec Koeman, pas de round d'observation

Autre entraîneur, autre ambiance. Les problèmes durent, la situation n'a pas franchement évolué : Griezmann n'a toujours pas trouvé sa place dans le onze barcelonais. Avec Koeman comme avec ses prédécesseurs, l'international tricolore n'évolue pas à son poste préférentiel, à savoir dans l'axe du terrain. Le rôle encore plus central accordé à Messi, l'explosion d'Ansu Fati et les prestations encourageantes de Philippe Coutinho l'ont repoussé sur l'aile droite. Et lorsqu'un changement offensif doit être opéré, il est toujours le premier sacrifié.

Le gros coup de pression de Koeman sur Griezmann : "Il aurait dû marquer un but"

Bref, en quelques matches, le coach néerlandais a vite envoyé un message à "Grizi". Koeman n'est pas venu là pour faire des concessions ni pour faire preuve d'indulgence et pour s'assurer que son joueur l'ait bien compris, il en a remis une couche face à la presse. Pour justifier la sortie du Français à l'heure de jeu d'un match opposant le Barça à Séville, le 4 octobre dernier, l'ancien sélectionneur des Pays-Bas n'avait pas pris de pincette : "Il a eu des opportunités, avec deux occasions franches. Au vu de sa qualité, il aurait dû marquer dans l'une de ces deux actions."

Didier Deschamps avait riposté dès le lendemain. "Si je rentre là-dedans, je pense que Koeman ne va pas être content de lire mes déclarations, lâchaient alors le sélectionneur des Bleus. [...] Ce que je peux dire, sans aller à l'encontre de ce que peut penser Koeman, c'est ce que Griezmann lui a déjà dit : il ne comprenait pas pourquoi il n'était pas utilisé dans une position axiale au Barça. Il est capable de jouer sur un côté mais là où il est le plus efficace, c'est lorsqu'il est au coeur du jeu. Forcément, je vois bien, j'échange avec lui. Je suis convaincu qu'il n'est pas heureux de sa situation."

Griezmann aussi passe à l'action

DD n'est pas suffisamment friand de ce type de déclarations pour ne pas y voir, entre les lignes, une volonté nouvelle du joueur. Le Français n'a pas l'intention de vivre une seconde saison dans ces conditions et il compte bien user de tous les moyens possibles pour le faire comprendre. Le 7 octobre dernier, Mundo Deportivo assurait d'ailleurs que l'entourage de Griezmann avait contacté le club pour demander "plus de respect" à l'égard de l'international tricolore.

Deschamps : "Griezmann n'est pas heureux de cette situation au Barça"

Mercredi, après Croatie - France, le joueur de 29 ans en a remis une couche, expliquant au micro de TF1 que le coach des Bleus savait "où le mettre". Koeman a saisi le sous-entendu et ne s'est pas gêné pour donner une autre ampleur à la polémique, ce vendredi. "Chacun est libre de dire ce qu'il veut, a réagi le technicien batave. Nous avons parlé [...] et je lui ai dit que je cherchais le meilleur pour l'équipe. Il peut aussi jouer 10 ou 9, mais à la fin, c'est moi qui décide ce qui est le meilleur pour l'équipe. S'il préfère jouer ailleurs, c'est comme ça, mais on ne peut pas jouer avec 10 joueurs au poste de numéro 10. [...] L'entraîneur commande et le joueur doit offrir ce qu'il a de mieux sur le terrain."

Visiblement, l'entraîneur batave souhaite encore faire monter la pression. La méthode est vieille comme le foot. Ses conséquences ne tardent jamais. Et oscillent toujours entre le tout ou rien. Ce samedi, le FC Barcelone se déplace sur la pelouse de Getafe (21h00) dans le cadre de la 6e journée. La feuille de match pourrait livrer les premiers indices sur les débouchés d'un conflit ouvert.

Antoine Griezmann (FC Barcelone), le 12 septembre 2020

Crédit: Getty Images

Liga
Koeman répond à Griezmann : "C'est moi qui décide"
16/10/2020 À 14:49
Liga
Suarez ne digère pas : "Il y a beaucoup de contradictions à Barcelone"
10/10/2020 À 09:07