Le jeu : Cousu de fil blanc

On savait que le Barça aurait le ballon. On savait qu’il souffrirait sur les transitions madrilènes. Difficile de faire une physionomie de match plus prévisible que celle offerte ce dimanche par les acteurs d’un Clasico décevant techniquement et pas forcément très enthousiasmant en termes de scénario. Alignés dans un 4-3-3 avec Sergiño Dest en ailier droit, les Blaugrana ont été trop gentils dans les trente derniers mètres adverses pour espérer faire la différence.
Côté Real, sans surprise, la zizanie est venue de Vinicius, très nettement supérieur à Oscar Mingueza puis à Sergiño Dest dans son couloir gauche. Dès lors, le plan de jeu fut simpliste : bloc médian et explosion en contres. Simpliste mais terriblement efficace. Comme prévu…
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Benzema a digéré, le Real a enchaîné
HIER À 21:54

Les joueurs : Alaba était partout, le milieu barcelonais n’était nulle part

Difficile de faire plus parfait que ça : ce dimanche, David Alaba s’est occupé de tout. D’abord de calmer Ansu Fati et Memphis Depay, franchement discrets face aux anticipations parfaites de l’Autrichien. Puis d’ouvrir le score après une action qu’il aura initiée. Monstrueux. Encore frustrant mais toujours en mouvement, Vinicius a fait du bien au Real dans sa capacité à secouer le cocotier. En difficulté dans le dernier geste, Karim Benzema aura été précieux mais n’aura pas brillé outre-mesure.
Côté catalan, les déceptions se nomment Gavi et Frenkie de Jong, complètement anesthésiés et dépassés par les évènements. Auteur d’un énorme raté et en difficulté face à Vinicius, Sergiño Dest a passé un sale dimanche avant d’offrir une passe décisive à Sergio Agüero. A noter : les entrées porteuses d’espoir de l’Argentin et de Coutinho, qui ont rehaussé le niveau global.

Le facteur X : Le raté de Sergiño Dest

L’entame fut à l’avantage du Barça. Mais, comme souvent depuis le début de saison, les Blaugrana ont pêché dans la finition. La preuve avec ce raté XXL de Sergiño Dest alors que le score était encore vierge (25e). Seul face à Courtois après une des rares incursions de Memphis Depay, le latéral américain a expédié sa reprise au-dessus de la barre malgré une application pourtant visible. Preuve qu’avoir le geste juste devant le but, c’est un métier à part entière…

La détresse de Sergino Dest après son occasion ratée

Crédit: Getty Images

La stat : 4

Comme le nombre de victoires consécutives du Real lors des derniers Clasicos disputés. Du jamais vu depuis 1965. Vous avez dit domination ?

La décla : Sergio Busquets

Le football est ainsi. C’est dans les surfaces que les choses se décident et, sur cet aspect-là, ils ont été bien plus précis…

La question : Ce Clasico en dit-il plus sur le Barça ou le Real ?

Ni l’un ni l’autre, serait-on tenté de répondre. Car ce Clasico n’a finalement été que le reflet de leurs débuts de saison respectifs. Au Barça, le problème n’est pas l’idée de jeu mais simplement le manque de talent intrinsèque des joueurs présents, combiné à un manque de confiance criant. Ces Blaugrana sont trop gentils, trop naïfs et trop craintifs pour espérer mieux qu’une saison de transition.
Au Real, on n’a pas appris grand-chose non plus. C’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures confitures et les Merengues d’Ancelotti ressemblent à s’y méprendre à ceux de Zidane, à la différence que certains ont trouvé le moyen d’être décisifs après avoir longtemps été maladroits. La résilience madrilène reste la clé de voûte d’un effectif qui sait gérer toutes les phases d’un match. Souffrir, plier pour finalement mieux piquer.
C'était un match très ennuyeux, avouons-le. Mais on s’y attendait un peu. Ainsi va la vie du Barça et du Real cru 2021-2022. Le géant catalan est 8e de Liga avec une marge de progression réelle. Le géant madrilène est leader et cette victoire ne fait que renforcer une impression grandissante : ce groupe semble plus que jamais taillé pour la reconquête espérée.

Luka Modric et Lucas Vazquez après la victoire au Camp Nou

Crédit: Getty Images

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