C'est le métier d'entraîneur qui veut ça. Un match peut suffire à tout remettre en question, ou presque. Carlo Ancelotti a été sacré champion en Italie, en France, en Allemagne et en Angleterre. Il a soulevé la coupe aux grandes oreilles à trois reprises. Et il n'est question ici que de son palmarès de coach. Mais l'Italien n'échappe pas à la règle malgré sa réputation et son palmarès. Tout allait relativement bien pour lui jusqu'à mardi. Mais la défaite subie face au PSG en Ligue des champions (1-0) a changé beaucoup de choses pour l'entraîneur du Real Madrid.
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Ce n'est pas tant le résultat qui modifie la donne. Perdre face contre une équipe qui compte Kylian Mbappé, Lionel Messi, Neymar et tant d'autres dans son effectif, et qui reste sur une demi-finale et une finale en Ligue des champions, cela peut arriver à n'importe quel club, y compris le Real Madrid. La Maison Blanche n'a d'ailleurs qu'un but de retard avant le match retour dans trois semaines à Santiago-Bernabeu. Elle a perdu la première manche, mais elle est loin d'avoir hypothéqué ses chances d'accéder aux quarts de finale. Dans l'absolu, il n'y a pas péril en la demeure.

"Le principal coupable"

Mais le tableau d'affichage était franchement flatteur pour un Real transparent au Parc. L'équipe madrilène n'a pas seulement concédé 21 tirs aux Parisiens. Elle n'en a surtout adressé que 3 sur le but de Gianluigi Donnarumma. Son total le plus faible en Ligue des champions selon Opta, qui analyse les données dans cette compétition depuis 2003-04. "Le problème, ce n'est pas la défaite, explique Jorge Ordas, journaliste pour le site eurosport.es. C'est la manière. Un club avec l'histoire et le palmarès du Real Madrid doit proposer une autre façon de jouer au football."

"C'est autant la victoire de Mbappé que celle de Pochettino"

Rarement le Real n'a été autant absent des débats dans un match de C1. Et quand ce genre de phénomène se produit, les regards se tournent inévitablement vers l'entraîneur. C'est peu de dire qu'Ancelotti en a pris pour son grade depuis la défaite contre le PSG. "Il a été désigné comme le principal coupable, par rapport à la préparation de son équipe pour ce match à Paris, témoigne Jorge Ordas. Les commentaires à son sujet après le match n'ont pas été positifs comme vous pouvez l'imaginer..." A tel point que les rumeurs sur son départ dès l'été prochain vont déjà bon train.

Des limites tactiques criantes au Parc

Une telle hypothèse n'était pas envisagée avant ce déplacement au Parc des Princes. Mais l'image renvoyée par le Real à Paris a été trop négative pour qu'elle ne surgisse pas dans la foulée de la défaite. Ancelotti y a affiché certaines limites. L'Italien est davantage réputé pour sa capacité à gérer les vestiaires des plus grands clubs, pour cette faculté à "murmurer à l'oreille des stars", comme Chris Brady et Mike Forde l'ont écrit dans leur ouvrage consacré à "Carletto". C'est son principal atout, même si cela ne remet pas en cause ses qualités de tacticiens. Il en faut pour se bâtir un tel palmarès.

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Mais s'il faut voir des limites chez Ancelotti, même relatives, c'est bien dans ce domaine qu'elles se situent. Et la défaite au Parc en a été la plus criante des illustrations. L'Italien n'a jamais trouvé la solution pour contrer le plan de jeu de Mauricio Pochettino, pour permettre à son équipe, d'ordinaire si à l'aise dans les sorties de balle, de se défaire du pressing infernal imposé par les Parisiens. Il n'a pas non plus réussi à mettre en place une stratégie pour contenir un Kylian Mbappé rayonnant et décisif. Même si, à sa décharge, il est loin d'être le seul à avoir échoué dans cette mission toujours plus impossible.

Gagner la Liga ne suffira pas

Mais Ancelotti est sur le banc d'un club qui ne pardonne pas la médiocrité. Encore moins sur un tel rendez-vous, attendu et suivi par la terre entière. Et il n'en a pas fallu davantage pour remettre en question un bilan honorable sans être exceptionnel. "C'est bizarre parce que le Real Madrid a déjà remporté un titre, la Supercoupe d'Espagne, et pointe en tête de la Liga avec beaucoup de chances de remporter le titre car ses principaux rivaux, le Barça et l'Atlético, traversent une saison difficile, explique Jorge Ordas. Mais d'un autre côté, il y a eu cette élimination surprise en Copa del Rey. Donc la Ligue des champions devrait décider s'il réussira ou échouera l'examen."
La C1 comme juge de paix, c'est finalement une habitude au Real. Le crédit perdu à Paris, Ancelotti devra le regagner dans trois semaines à Madrid. Sous peine de voir sa deuxième aventure madrilène arriver prématurément à terme. "Même s'il gagnait la Liga, il pourrait être viré à la fin de la saison, affirme Jorge Ordas. C'était étrange qu'il signe un contrat de trois ans car il n'était pas la première ou la deuxième option pour Florentino Perez. S'il y a un plus grand nom pour le banc du Real Madrid, ce sera la fin pour Ancelotti en juin prochain." L'Italien jouera tout ou presque sur un match. Mais il le sait. C'est son métier.

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