Il fait partie de ces guerriers sales, ces soldats du vice, ces grognards immoraux. Il fait surtout partie d'une élite, de ces milieux capables de s'adapter à tout, de survivre à tout. Casemiro est un spécimen rare et c'est sans doute Carlo Ancelotti qui a le mieux résumé ce joueur si détesté par les autres, si adoré par les siens. "L'autre jour, le coach me disait : 'tu fais partie des rares qui peuvent être excellents dans un match très vivant mais aussi dans un match franchement sale''", souriait le Brésilien à la revue Panenka en février dernier.
Sale, Casemiro l'aura été, un peu, mercredi face à Manchester City (3-1, ap). D'abord sur De Bruyne avec un tacle par derrière en forme de cisaille (7e). Puis une faute tactique splendide où, accroché au col de Phil Foden, il glissera pendant quelques mètres avant d'appeler les soigneurs pour éviter le carton (32e). Tout Casemiro est là : deux grosses fautes, zéro sanction. C'est avec une feuille de statistiques vierge de carton que le Brésilien a quitté le terrain. Avec lui, cette impression qu'on a vu cette scène cent fois, mille fois.
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Casemiro, l'homme qui n'est que trop rarement sanctionné

Crédit: Marko Popovic

Moins sanctionné que Ramos ou Pepe

Elle est confirmée par les statistiques : aussi fou que cela puisse paraître, Casemiro n'a été expulsé qu'à trois reprises dans sa carrière. Pour 160 jaunes, soit une expulsion pour 53 avertissements. Un ratio d'autant plus étonnant qu'il est très éloigné de ceux de Sergio Ramos (1 rouge pour 10 jaunes) et Pepe (1 rouge pour 15 jaunes), autres généraux madrilènes gradés dans cette catégorie à part. Alors, pourquoi Casemiro est-il une exception ? Déjà parce qu'il n'a jamais reçu de carton rouge direct, à la suite d'un mauvais geste ou d'un tacle trop grossier. Ensuite parce que, selon lui, tout est calculé.
"Le milieu de terrain doit être agressif, analysait-il pour l'émission #Vamos en 2020. Sur les cartons, je fais vraiment très attention pendant les matches. C'est vraiment une situation que j'essaie d'avoir sous contrôle. Pourvu que les arbitres continuent à ne pas m'expulser". Dans les faits, difficile de lui donner tort. Car le Brésilien accepte très souvent le dialogue et les sanctions qui lui sont attribuées, le plus souvent en deuxième période après avoir déjà filtré avec l'avertissement en première.

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Cette saison, on l'a vu à des très nombreuses reprises venir s'excuser auprès du joueur touché, signifier son accord d'un geste de la main envers l'arbitre ou sourire, pour signifier un désaccord, mais très rarement en s'emportant. Cette gestion émotionnelle lui permet de ne pas rajouter de l'huile sur le feu. D'autant, qu'au fond, "Case" est un faux méchant.
"Au fond, le plus important pour un joueur, je crois, ce sont les valeurs, analysait-il auprès de AS en janvier dernier. Au foot, on peut faire des fautes mais sans manquer de respect au foot et aux arbitres. La faute est une conséquence du jeu, elle fait partie du football. Moi, j'essaie de jouer mon jeu, de voler des ballons, d'aider mon équipe et de ne jamais faire mal à l'adversaire". S'il y va gaiement dans les duels, c'est avant tout parce qu'il est obsédé par sa mission récupération. Là où on demande à Benzema de marquer, à Courtois de tout arrêter, on demande à "Case" autre chose, une basse œuvre pas moins utile.

L'étiquette Real, la meilleure protection possible

"Mon travail consiste à détruire, être chiant, résume-t-il joliment à So Foot ce mois-ci. Après, il y a une grande différence entre faire une faute et être un joueur méchant. Les fautes parfois font gagner des matchs. En faire, c'est comprendre le jeu". Mais toutes ces théories se heurtent aussi au point sensible : Casemiro reste-t-il impuni car c'est un joueur du Real Madrid ?
Samir Nasri, en plateau sur Canal + mercredi, fut surpris, comme beaucoup, de voir Casemiro terminer le match face à City sans carton. "C'est le poids du maillot, affirmait-il sans détour au moment de trouver une explication. Honnêtement, s'il est à Marseille et qu'il joue contre Chelsea ou le Real Madrid, il est dehors. Il aurait pris deux jaunes. Quand on parle du poids d'un club, le Real Madrid c'est vraiment ce qui se fait de mieux".

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Dans l'affaire, l'ancien meneur de jeu de City aura été sur la même longueur d'ondes que bien des joueurs de Liga. "C'est au Bernabéu et c'est Casemiro, se désolait ainsi Ivan Alejo (Cadix) en décembre dernier après un tacle franchement horrible, par derrière, qui n'appelait rien d'autre qu'un carton rouge simplement sanctionné d'un jaune. Je pensais que l'arbitre sortirait rouge. Il doit être expulsé et je le pense un peu plus à chaque fois que je le vois à nouveau. J'aurais pu être blessé pendant six mois avec ce genre de tacles".
Mais ainsi va la vie du Real Madrid, ainsi va la vie de Casemiro. Faire partie du plus grand club du monde offre quelques bénéfices, à condition de savoir les utiliser avec malice. Dans l'exercice, le Brésilien est clairement l'un des plus doués. Filtrer avec la ligne sans jamais vraiment la dépasser, c'est un travail d'équilibriste tout en finesse. Tout l'inverse du guerrier bas du casque.
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