S’il avait évolué comme le club d’Amsterdam l’avait imaginé, Kasper Dolberg ne serait sans doute pas à l’OGC Nice aujourd’hui. Après la belle campagne européenne en C3 lors de la saison 2016-2017, ponctuée par une finale perdue face au Manchester United de José Mourinho (2-0), l’Ajax avait écarté une offre de 50 millions d’euros pour son attaquant danois, auteur cette saison-là de 23 buts et 6 passes décisives en 48 matches et de quelques apparitions remarquées, notamment face à l’Olympique lyonnais en demi-finale. Mais depuis, le Scandinave a perdu sa place, sa confiance et le sens du but.

Des performances en chute libre

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Un simple coup d’œil sur les lignes de statistiques de Kasper Dolberg suffit à prendre conscience des derniers mois très compliqués de l’attaquant danois. C’est bien simple, depuis cette fameuse saison 2016-2017, tous les indicateurs sont dans le rouge : buts et passes décisives (impliqué sur un but toutes les 120 minutes en 2016-2017 contre 155 minutes en 2018-2019), duels offensifs gagnés (de 33,6% à 30,6%), dribbles réussis (de 48,8% à 33,4%), qualité des passes dans la surface adverse (de 90% à 60%), pourcentage de tirs cadrés (de 54% à 50%) et bien d’autres encore. Le jeune attaquant ne vit clairement pas sa meilleure période sur les rives de l’Amstel. Et c’est pourquoi, aussi, il arrive aujourd’hui à Nice et pas dans l’un des plus grands clubs européens comme les dirigeants néerlandais, les supporters et les observateurs avaient pu l’imaginer il y a deux saisons.

Casper Dolberg

Crédit: Getty Images

Le joueur paraît emprunté depuis bien longtemps. Il participe moins au jeu, se cache parfois et fuit également les duels et les contacts. Alors qu’il a offert au début de sa carrière à l’Ajax un profil de joueur très complet, dynamique, capable de longues courses à la récupération du ballon et de gestes techniques de classe, il semble désormais plus limité. Si Ten Hag lui demandait surtout d’être présent à la retombée des ballons, cela ne peut pas tout expliquer. Ses récentes blessures et ses carences mentales peuvent expliquer en partie cette régression sportive, lui qui a semblé s’enfoncer psychologiquement entre coups d’arrêts physiques et performances très neutres.

Dolberg est un attaquant d’espace et de mouvement. Dans le 4-2-3-1 de Ten Hag, son rôle est plus restreint, limité à la surface de réparation

Alors qu’il devait s’installer au poste de numéro 9, il a d’abord vu son club lui adjoindre Klaas-Jan Huntelaar, avant de le voir réinventer un Dusan Tadic 2.0 au poste de faux numéro 9. En deux étés, Dolberg a définitivement perdu sa place, lui qui a raté une bonne partie de la préparation estivale la saison dernière en raison d’une blessure. Le comparatif avec Klaas-Jan Huntelaar est sans appel. Alors que Dolberg semble effacé lorsqu’il est sur le pré, l’ancien international néerlandais est sûr de sa force. Entre confiance et arrogance, les Bataves ont la frontière baladeuse, mais cet état d’esprit permet à l’ancien joueur du Real d’enquiller les buts et de se montrer décisif. La saison passée, il marquait toutes les 108 minutes en moyenne (23 réalisations), quand le chiffre montait à 168 minutes pour Dolberg (12 réalisations).

En ce début de saison, le Danois a été titularisé contre le PSV Eindhoven lors du Johan Cruijff Schaal (Supercoupe), contre Arnhem lors de la première journée d’Eredivisie et à Salonique pour le match aller du troisième tour préliminaire de Ligue des champions. Il n’a inscrit qu’un but et est même sorti sur blessure en Grèce après 33 minutes de calvaire. Dans le même temps, Huntelaar n’a jamais débuté une seule rencontre mais a planté quatre buts en 158 minutes de jeu. Dolberg souffre de la comparaison avec son illustre aîné qui n’avait pas hésité à évoquer publiquement "le naturel très fermé du Scandinave".

Blessures et faiblesse mentale

De plateaux télé en émissions de radio, le cas Dolberg a suscité beaucoup d’interrogations ces derniers mois aux Pays-Bas. Certains chroniqueurs et anciens joueurs allaient même jusqu’à analyser le comportement du Danois lors de ses célébrations de but, obligeant le joueur à évoquer ce thème en retour. S’il est aussi froid et fermé, a-t-il expliqué, c’est parce qu’il est "concentré et qu’un but ne déclenche aucune poussée d’adrénaline au point de devenir fou".

L’attitude nonchalante de l’attaquant danois ces derniers mois a beaucoup agacé les supporters et les observateurs. Dolberg traîne son spleen et ses performances s’en ressentent. Certains fans, à court de patience, ont même commencé à le siffler après quelques ratés en fin de saison dernière, d’autant qu’ils ont du mal à lui pardonner sa prestation - ou plutôt son manque d’implication - en demi-finale retour de la Ligue des champions contre Tottenham.

Même dans le dur, l’Ajax et son entraîneur ont continué à le pousser. Peter Bosz a avoué qu’il avait dû secouer son attaquant en présaison lorsqu’il en était l’entraîneur. En mai dernier, le directeur sportif Marc Overmars a annoncé que l’attaquant devait se battre et ne pas compter uniquement sur son talent. De son côté, Erik ten Hag lui a donné plus d’une chance pour se refaire, le titularisant même lors de ce fameux match contre les Spurs. L’art de manier le bâton et la carotte. L’Ajax a même prolongé son contrat l’an dernier jusqu’en 2022, mais le constat d’échec est aujourd’hui partagé par tous les acteurs, après une énième tentative en juillet et en août. Installé au poste du numéro 9 dès la pré-saison (contre Basaksehir, Watford et le Panathinaikos), il a également été titularisé lors de la Supercoupe, à l'occasion de l’ouverture du championnat et en coupe d’Europe. Comme si l’Ajax avait voulu vérifier une dernière fois que l’aventure du Danois à Amsterdam touchait bel et bien à sa fin.

Cette issue inévitable doit permettre au joueur de sortir de son confort, au club ajacide de récupérer une belle somme d’argent, et à Nice de pouvoir compter sur un attaquant prometteur qu’il faut néanmoins remettre sur les bons rails. "Son talent n’a pas pu s’envoler", expliquait Overmars encore récemment. Kasper Dolberg détient désormais la clé : s’il se relance à Nice, il pourra encore espérer accrocher le wagon d’un top 15 européen. En cas d’échec, il restera comme un grand espoir n’ayant pas confirmé. La donne est simple et l’Allianz Riviera livrera prochainement son verdict.

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