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M'Vila n'est plus le même
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Publié 26/09/2012 à 19:36 GMT+2
Statistiques à l'appui, Yann M'Vila connaît un début de saison calamiteux, qui plombe aussi celui de Rennes, 18e avant d'accueillir Lille.
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Yann M'Vila le reconnaît lui même : il vit "le premier moment difficile de (sa) carrière". Le milieu de terrain rennais traverse même les pelouses de France comme un fantôme. Essentiellement parce que ces derniers mois, il s'est perdu en dehors. Ses déboires extra-sportifs et son départ avorté ont laissé des traces. A tel point que pour la première fois depuis deux ans, Frédéric Antonetti l'a placé sur le banc, samedi dernier, à Toulouse (2-2). "Pas de gaieté de coeur", mais parce que le technicien corse entendait "remettre en selle l'un de (ses) meilleurs joueurs".
Mardi, M'Vila a retrouvé sa place de titulaire en Coupe de la Ligue, face à Nancy (3-2). Mais une fois encore, l'international aux 22 sélections est passé à côté de son sujet. Outre son incapacité à éclairer le jeu rennais, c'est surtout son manque d'engagement qui a interpellé. A chaud, Antonetti s'en est agacé : "Il faut qu'il comprenne qu'il doit aller beaucoup plus au combat. Mais cela fait six mois que je lui dis." Statistiques à l'appui, ses six matches de Ligue 1 mettent en relief toutes les carences qui plombent son début de saison. Ils confirment aussi l'impression visuelle : M'Vila ne règne plus en maître sur l'entrejeu rennais. Il touche nettement moins de ballons que l'an passé, ses transmissions sont moins précises. Et s'il commet moins de fautes, c'est avant tout parce que, comme le déplore Antonetti, il rechigne à endosser le bleu de chauffe.
Son rendement fut particulièrement affligeant il y a deux semaines. Contre Lorient (1-2), sa prestation avait été si mauvaise qu'elle avait saluée par les huées du public rennais, d'ordinaire spectateur. Ce soir-là, M'Vila avait perdu 20% des 60 ballons touchés en quatre-vingt-dix minutes. Seules 78% de ses passes était arrivées à destination. La semaine suivante, son entrée en jeu à Toulouse n'avait pas été plus convaincante : neuf ballons touchés, trois perdus et 33% de passes réussies en un quart d'heure.
L'électrochoc voulu par Antonetti n'a pas eu l'effet escompté. Pas encore. A vrai dire, le natif d'Amiens n'a réussi qu'une prestation cette saison. Face à Bastia (3-2). Le 25 août, il avait affiché des stats dignes de son statut d'international : 108 ballons joués, pour 95% de passes réussies. Et comme par hasard, Rennes avait fini par empocher sa première et unique victoire en six rencontres. C'est dire si l'actuel 18e de L1 est encore dépendant de M'Vila.
En attendant de "relancer l'un de ses meilleurs joueurs", Antonetti s'appuie sur Vincent Pajot et Jean II Makoun. Du haut ses 22 ans, le premier a incontestablement franchi un cap cette saison. Ses cinq titularisations en L1 traduisent même une influence croissante sur le jeu breton. Même s'il perd encore trop de ballons. Arrivé d'Aston Villa cet été, le Camerounais (29 ans) a, lui, "rééquilibré le milieu de terrain", dixit son coach. Pour l'heure, il n'a que 180 minutes dans les pattes. Mais son abattage se traduit déjà en chiffres. Titulaire contre Lorient (1-2) puis à Toulouse (2-2), l'ancien Lillois a récupéré, en moyenne, 12,5 ballons par rencontre. Plus, nettement plus que Yann M'Vila (9,17).
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