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Ligue 1 - OM : Bielsa le voit comme un futur grand, Thauvin ne fait rien pour lui donner raison
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Publié 23/01/2015 à 00:19 GMT+1
Couvé par un Marcelo Bielsa qui l’adore, Florian Thauvin ne justifie pas vraiment la confiance de son coach à l’OM. Décevant depuis le début de la saison, le milieu marseillais a eu droit une bronca face à Guingamp dimanche dernier. En l’absence de concurrence, il aura encore sa chance vendredi à Nice (20h30). Mais l’ancien Bastiais n’a plus beaucoup de jokers.
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Florian Thauvin a fini par épuiser son crédit auprès des supporters marseillais. A sa sortie dimanche contre Guingamp (2-1), l’ailier de l’OM a eu droit à sa bronca. La suite logique d’une prestation dans la lignée d’un début d’année 2015 proche du catastrophique et d’une saison globalement très moyenne. Après la rencontre, Marcelo Bielsa n’a pas voulu enfoncer son protégé. Bien au contraire. "Le public est là pour nous juger. Nous, on ne peut pas juger le public. Je ne pourrai jamais juger le public, car nos rôles sont contraires. Je veux mettre en valeur la force mentale de Thauvin, car il a su passer outre une première période difficile et disputer un deuxième acte acceptable", a souligné l’entraîneur olympien en conférence de presse.
Le technicien argentin protège Thauvin contre vents et marées depuis le début de la saison. Il a décelé en l’ancien Bastiais un potentiel au-dessus de la moyenne et lui prédit un grand avenir. Très grand, même. "C'est un joueur avec beaucoup de potentiel et avec une grande capacité à déséquilibrer l'adversaire. Il va devenir un des meilleurs joueurs de France et pourra ensuite devenir l'un des meilleurs du monde", avait assuré Bielsa début janvier. Thauvin ne fait pourtant pas grand-chose pour donner raison à son entraîneur et continue de décevoir à chacune de ses apparitions. Une mauvaise passe dont il doit se sortir au plus vite et le déplacement à Nice vendredi en ouverture de la 22e journée de L1 (20h30) serait le mieux. Ce match, l’Orléanais de naissance le disputera à coup sûr. Mais quand André Ayew sera revenu de la CAN et Romain Alessandrini sorti de l’infirmerie, il sera forcément sur un siège injectable. Le temps lui est compté.
Pas suffisamment décisif
Quatre buts et trois passes décisives en Ligue 1 depuis le début de la saison, les statistiques de Thauvin à mi-saison sont correctes. Sauf qu’elles traduisent mal son manque d’efficacité récurrent et souffrent de la comparaison avec celles de ses partenaires de l’attaque. Parmi les six joueurs à vocation offensive régulièrement utilisés par Bielsa, le numéro 14 de l’OM est quasiment le moins rentable. Impliqué sur une réalisation (but ou passe décisive) toutes les 230 minutes de jeu, il fait beaucoup moins bien que Dimitri Payet (126 minutes), André-Pierre Gignac (132 minutes), Romain Alessandrini (160 minutes) et Michy Batshuayi (202 minutes). Seul André Ayew affiche un moins bon ratio que Thauvin, avec une action décisive toutes les 245 minutes. Pourtant, ces chiffres n’empêchent pas Bielsa de lui maintenir sa confiance. Avec Gignac et Giannelli Imbula, ils sont les seuls à avoir débuté les 21 matches de Marseille en Ligue 1 cette saison.
Un déchet bien trop important
Dans le doute depuis août, Thauvin n’est pas franchement sorti de sa spirale négative dimanche dernier. Il a perdu 24 ballons sur les 87 minutes qu’il a passées sur le terrain contre Guingamp. Le Marseillais était déjà le "leader" du championnat de France au nombre de ballons perdus en 2014. Preuve que Thauvin ne réussit pas grand-chose de tout ce qu’il tente depuis un an. Son ratio de 76,1% de passes réussies est le plus faible en L1 de tous les milieux marseillais cette saison. A sa décharge, il ne cesse de prendre des initiatives, prend des risques dans la zone de vérité et se projette vers l’avant à chaque ballon touché. Ce qui n’explique pas tout de son déchet, qu’il doit absolument réduire à son minimum dans les prochains mois pour franchir un cap dans sa progression.
Un intermittent du spectacle
Le constat se répète, semaine après semaine : Thauvin n’arrive pas à tenir la cadence sur toute une rencontre. Au sein du dispositif très exigeant mis en place par Bielsa, où un pressing tout-terrain et un marquage individuel sont devenus la norme, il est quasiment incapable de régularité sur 90 minutes, et encore moins sur un enchaînement de matches. Sa courbe de performances est sinusoïdale, des périodes convaincantes succédant à des trous d’air spectaculaires et ainsi de suite. Séduisant sur la fin de l’année 2014, Thauvin est retombé dans ses travers depuis le début de l’hiver. A ce rythme, sa prochaine série positive ne devrait plus tarder. Pas sûr néanmoins que le staff marseillais ait suffisamment de patience pour lui laisser sa chance jusque-là.
Des attentes élevées à combler
Voilà un problème récurrent pour les joueurs trop vite étiquetés "futur grand". Les espoirs placés en eux sont parfois lourds à porter et Thauvin subit en ce moment le contrecoup de ces attentes. Surtout qu’elles ont été décuplées par un feuilleton rocambolesque pour rejoindre l’OM. Son bras de fer avec les dirigeants lillois, qui s'est étiré durant tout l'été 2013, a brouillé son image et élevé le niveau d'exigence. Marseille a ensuite cassé sa tirelire pour s'attacher ses services, misant quinze millions d’euros sur lui. Le transfert le plus cher du club depuis 2010. Tout cela a contribué à accentuer la pression sur Thauvin, autant que son attitude nonchalante sur le terrain et son investissement parfois douteux. Une personnalité qui lui avait valu un clash avec Bielsa en début de saison.
Un symbole des nouvelles difficultés de l’OM
Au plus fort de l’euphorie marseillaise, au cœur de l’automne, Thauvin n’était pas bien plus brillant qu’il ne l’est depuis trois semaines. Mais ses soucis individuels passaient inaperçus, éclipsés par la réussite d’un collectif en pleine réussite et qui marchait sur la Ligue 1 tous les week-ends.Début 2015, ils sont devenus le symbole d’une formation moins fringante ces deux derniers mois, même si le club phocéen reste sur dix victoires consécutives à domicile. L’impression dégagée n’est clairement pas la même et Thauvin se trouve sous le feu des critiques. A Nice vendredi, il aura une opportunité de faire oublier ses soucis du moment et d’inverser sa dynamique personnelle. Incapable de gagner à l'extérieur depuis le 4 octobre dernier, sur la pelouse de Caen (1-2), l’OM en aurait bien besoin.
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