La crise des droits TV met Dijon en danger : "En l'état, on ne repartira pas l'an prochain"

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LIGUE 1 – La crise des droits TV qui ébranle le foot français pourrait très vite faire des victimes au sein des clubs de Ligue 1. Olivier Delcourt, président de Dijon, nous dévoile ainsi que si la Ligue ne trouve pas rapidement une issue, son club, le DFCO, aura grillé toutes ses réserves et ne pourra pas repartir à l'été 2021.

L'équipe de Dijon en Ligue 1

Crédit: Getty Images

Monsieur Delcourt, on imagine que la crise des droits TV place Dijon, comme les autres clubs de L1, dans une position très fragile. Quelle est la réalité de votre club aujourd'hui ?
O.D. : Il n'y aura pas de souci pour payer les salaires de l'ensemble de nos salariés jusqu'à la fin de saison, même sans rentrée d'argent. Mais la réalité économique du club, c'est, certes, qu'on tiendra jusqu'à la fin de saison mais qu’on ne repartira pas la saison d'après. A la fin de cet exercice, on aura mangé toutes nos réserves et l'ensemble des fonds propres du Dijon FCO cumulés depuis 7 ans que je suis à la tête du club. C'est notre projection. J'espère que d'ici la fin de saison, on aura trouvé la solution pour faire rentrer un minimum d'argent.
Comme levier à actionner, vous avez la possibilité de baisser les salaires. Vos joueurs vous semblent-ils ouverts à cette éventualité ?
O.D. : Les joueurs ont bien conscience qu'il faut baisser les salaires et il n'y a aucun souci là-dessus. Des discussions vont être entamées entre les joueurs, leur syndicat et l'ensemble des clubs professionnels. Tout le monde a conscience de la situation, les salaires ont bien augmenté au moment où les droits télé ont explosé. Aujourd'hui, on va devoir trouver des solutions car on ne peut pas continuer ainsi, c'est sûr et certain.
Quel est le juste prix de la Ligue 1 aujourd'hui ?
O.D. : Il n'y a pas de prix plancher. Le plus possible, le mieux possible et le plus durablement possible. Il faut surtout que ce soit pérenne. On ne peut pas se permettre de revivre ce qu'on a vécu. On parle de la L1, de la L2, des amateurs. C'est l'ensemble du foot français qui est mis en danger. Je suis extrêmement inquiet. C'est inimaginable de ‘manger’ le fruit de dizaines d’années de travail sur un seul exercice, une seule opération. On pouvait absorber la crise du Covid grâce à l'aide de l'Etat et des exonérations de charges. Mais les droits TV, c'est catastrophique. Si on reste comme ça, on met la clé sous la porte cet été. A Dijon, j'ai, dans le cadre du développement du club, initié des travaux pour avoir un nouveau centre d'entraînement et de formation à hauteur de 25 millions d'euros. On ne les amortit pas sur un an… On a fait des investissements importants et il faut bien les rembourser.
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Comment vivez-vous la situation, vous qui avez la charge de plusieurs salariés ?
O.D. : Au quotidien, j'essaie de faire plus d'efforts encore. Mais ça ne m'empêche pas de dormir la nuit. On va trouver des solutions et se remettre en question. On doit réfléchir sur notre championnat, le rendre plus attractif.
Justement, faut-il réduire le nombre de clubs dans l'élite et passer à une Ligue 1 à 18 voire 16 clubs et donc sacrifier les plus petits clubs dont peut faire partie Dijon ?
O.D. : Aujourd'hui, je ne suis pas dans cette optique. Il y aura des discussions. Mais il ne faut pas penser qu'à son club mais à l'intérêt général du football français.
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