Vous aviez forcément entendu parler de lui. Les promesses offensives du centre de formation de l’OL ont toujours une résonnance qui dépasse rapidement Tola Vologe. Amine Gouiri était destiné à marcher dans les pas de Karim Benzema ou Alexandre Lacazette pour mener l’attaque lyonnaise et symboliser, une nouvelle fois, la réussite des Gones dans le domaine. Dimanche, pour sa première titularisation en Ligue 1, à 20 ans, c’est l’OGC Nice qu’il a fait gagner grâce à son doublé (2-1).

Il y a les chiffres, faisant de lui le plus jeune Aiglon à marquer deux buts pour sa première depuis 70 ans. Il y a la manière aussi : deux intérieurs du pied, l’un à l’arrêt, venu lécher la transversale avant d’entrer, l’autre après une série de petites touches pour se mettre en position idéale. Des pions que Thierry Henry ou, tiens un ancien Lyonnais, Anthony Martial n’auraient pas renié.

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Lorsqu’il a fallu présenter Amine Gouiri, l’OGC Nice a eu recours à un vocabulaire récurrent le concernant : "Puissant, technique et adroit devant le but". Rien d’insultant, bien au contraire mais peut-être un peu trop incomplet pour présenter la palette du buteur de 20 ans. Oui, Gouiri a brillé chez les jeunes par sa vélocité alliée à une forme de précocité physique, qui lui ont notamment permis d’être surclassé à maintes reprises. Ses 42 buts en 47 matches avec les sélections de jeunes tricolores en sont encore la meilleure preuve.

Amine Gouiri avec les Bleus, une histoire fructueuse chez les jeunes

Crédit: Getty Images

Ailier gauche aux airs de second attaquant

Mais sa palette est infiniment plus large. Dimanche, c’est en tant qu’ailier gauche que Gouiri a débuté son premier match de L1 comme titulaire. Mais ses décrochages axiaux et sa volonté de combiner avec Kasper Dolberg l’ont davantage rapproché d’un second attaquant, plus mobile et légèrement en retrait du Danois.

"Amine a une palette super riche et il aime beaucoup s’exiler sur le côté gauche", rappelait Cyrille Dolce en février dernier, son entraîneur en U15 avec l’OL. "On peut l’imaginer sur tout le front de l’attaque. Il a notamment toujours aimé partir de l’aile gauche pour repiquer dans l’axe, un peu comme Anthony Martial", complétait Armand Garrido, qui en a vu passer quelques-uns. Prémonitoire.

L'intéressé ne disait pas autre chose après sa première fracassante : "Comme je partais du côté gauche, je savais que j'aurais des possibilités de rentrer sur mon pied droit, et c'est ce qui s'est passé. Je m'habitue à ce poste, j'y avais joué quand j'étais plus jeune et je prends mes repères". Il fait bien de les prendre rapidement. Car, si elle est moindre qu’à l'OL où l’embouteillage offensif (Dembélé, Toko Ekambi, Depay et Kadewere) l’a convaincu de prendre son envol ailleurs, la concurrence sera réelle à Nice cette saison.

Amine Gouiri, Hassane Kamara, Morgan Schneiderlin, Robson Bambu et Flavius Daniliuc, les cinq premières recrues de l'OGC Nice, le 2 juillet 2020

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Le dilemme de Vieira

Surtout si Patrick Vieira reste attaché à son 4-3-3 traditionnel. La venue de Morgan Schneiderlin en sentinelle et l’arrivée de Rony Lopes ont presque ancré de manière définitive un système équilibré où les ailiers (en l’occurrence l’international portugais et Alexis Claude-Maurice) auraient à accompagner un Kasper Dolberg esseulé l’an passé. Là-dedans, Gouiri était promis à un rôle de quatrième homme, venu du banc ou simplement présent quand les autres seraient absents. Mais dimanche a peut-être déjà marqué un tournant.

"Il aime toucher le ballon, jouer entre les lignes, expliquait Vieira après coup. Sa relation avec Kasper est importante pour nous, même si ça n'a pas très bien fonctionné contre Lens. Ce sont deux joueurs avec énormément de qualités, et ils parlent le même langage". De là à imaginer un 4-4-2 plus osé mais terriblement plus alléchant ? Histoire que Gouiri continue de chasser les buts, les doutes aussi après sa grave blessure du genou en 2018, mais surtout les préjugés.

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