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Payet : "J’ai tellement fait de sacrifices pour revenir à l’OM que je ne pouvais pas laisser tomber"

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Dimitri Payet, élu meilleur joueur de la saison par les internautes d'Eurosport

Crédit: Eurosport

ParMartin Mosnier
12/05/2020 à 18:00 | Mis à jour 12/05/2020 à 18:34
@MM_eurosportfr

LIGUE 1 – Elu meilleur joueur de la saison de L1 par les internautes d’Eurosport, Dimitri Payet a répondu à nos questions ce mardi. Revenu à son meilleur niveau, il a mené l’OM jusqu’à la Ligue des champions. A l’orgueil, le Réunionnais, qui estime que la LFP a pris la bonne décision en arrêtant la saison, a effacé le décevant exercice 2018/2019 et il compte désormais faire grandir l’OM en C1.

Dimitri, vous avez été élu meilleur joueur de la saison de Ligue 1 par nos internautes. Comment accueillez-vous cette récompense ?

D.P. : Avec beaucoup de plaisir. C'est toujours plaisant de voir son travail récompensé et notamment par ce trophée qui n'est pas anodin. Il y a beaucoup de joueurs de qualité dans ce championnat. En plus, c'est un trophée décerné par le public donc ça fait plaisir.

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Vous avez signé plusieurs grandes saisons à Lille, West Ham et déjà à Marseille. Est-ce que celle-ci, bien que tronquée, est la plus belle ?

D.P. : Honnêtement, c'est difficile. J'ai vécu une année chargée à West Ham avec l'Euro (ndlr : 2016) derrière. Mais, cette saison, peu de gens nous auraient vu à cette deuxième place avec cet effectif de qualité mais assez court. On a dû pallier des blessures, aux absences, aux suspensions. Cette saison, avec ce nouveau coach et ce public présent tout au long de l'année, est très importante parce que l'objectif a été atteint.

On a l'impression que le match à Lyon, le 10 novembre dernier, a marqué le tournant de votre saison et de celle de l'OM. Après quatre matches de suspension, vous marquez un doublé et l'OM vient à bout d'un adversaire direct.

D.P. : Le tournant se situe juste avant mais ce match nous a fait basculer dans une autre dimension mentale. Après Monaco et le PSG, on prend deux claques. Mais on reçoit Lille puis Lyon. Ce qui se passe face au LOSC nous permet de battre Lyon, de lancer vraiment notre saison et d'avoir confiance en ce qu'on pouvait faire et accomplir. Après ces deux matches, on a signé une série d'invincibilité assez longue qui nous a permis de consolider notre deuxième place.

Un coup de foudre avec Villas-Boas ? On peut dire ça

Quelle est la part d'Andre Villas-Boas dans vos performances cette saison ? On a l'impression d'un vrai coup de foudre entre vous.

D.P. : Oui, on peut dire ça. J'ai beaucoup parlé avec lui dès son arrivée. On a toujours eu une relation avec beaucoup d'échanges. Je lui donnais mon avis et lui me donnait le sien pour avancer individuellement et collectivement. Il adore le ballon et moi aussi, j'aime le beau jeu. J'ai accroché à son style. On a eu de très bons rapports même s'il m'a retiré le brassard de capitaine. J'ai compris pourquoi il l'avait fait, il me l'a expliqué et je savais qu'en le donnant à Steve (ndlr : Mandanda), on allait voir le Steve qu'on connait et qu'on a eu cette saison. Le coach a fait des bons choix, des mauvais aussi, et il a su tous nous mettre derrière lui et nous défendre quand il fallait. Ou nous engueuler quand c'était nécessaire.

Dimitri Payet et André Villas-Boas (OM), le 1er septembre après un match face à l'ASSE

Crédit: Getty Images

Pour un grand OM, on a eu l'impression qu'il fallait forcément un grand Payet cette année. Est-ce qu'en l'absence de Thauvin, l'autre leader offensif de l'équipe, vous vous êtes mis plus de pression et de responsabilités sur les épaules ?

D.P. : Les responsabilités et la pression, je me les mets au quotidien. Je suis revenu à Marseille pour ça. Je sais qu'ici, on ne peut pas se reposer sur ce qu'on a déjà fait. Il faut sans cesse prouver, sans cesse progresser, sans cesse faire gagner les matches. Flo' (ndlr : Thauvin) nous a manqué. Avec lui, on aurait pu être encore meilleur. Ma saison est due à mon travail, à mes coéquipiers. Dans certaines périodes où c'était plus compliqué, ils ont su me mettre dans les meilleures dispositions. Quand on a des mecs comme ça derrière nous, on ne peut qu'avancer.

Dario Benedetto a été dithyrambique à votre sujet*. Et il soulève un point capital pour juger votre saison, votre altruisme et la capacité à faire briller les autres.

D.P. : J'ai toujours dit que je préférais faire marquer que marquer. Après, ça m'a joué des tours parfois parce que j'étais trop gentil dans certaines situations. Je n'arrive pas à le changer. J'aime le foot, le beau jeu. Ca me rend heureux de voir un bon ballon arriver sur mon attaquant ou sur un milieu pour qu'il puisse marquer. C'est ce qu'il y a de plus beau pour moi.

L’effectif a assez peu changé à l’été dernier. Est-ce qu’honnêtement vous vous attendiez à si bien figurer et à vous installer à la deuxième place ?

D.P. : On a eu peu de changements, il y a eu une stabilité dans l'équipe. On se connait tous depuis longtemps. Les joueurs qui sont arrivés sont tous titulaires, ils se sont tous adaptés à l'équipe et ont donné le rendement qu'on espérait d'eux. Evidemment, il a fallu le coach pour encadrer tout ça. Mais ce qui nous a surtout fait du bien, c'est qu'on s'est servi de la déception de la saison dernière pour relever la tête. Tout le monde a tiré dans ce sens-là.

C'est encore plus beau de l'avoir fait ici parce que c'est beaucoup plus dur à Marseille

C'est ce que vous retenez principalement de cette saison et ce qui vous rend le plus fier ?

D.P. : Mais il y a un an, on ne nous aurait pas vu ici. Quand on joue à Marseille, on a l'impression qu'il y a toute la terre contre vous : les journalistes, les autres clubs etc. Chaque équipe qui joue contre l'OM est au taquet, à 200% avec les dents qui rayent le parquet. Il faut bien prendre conscience de ce qu'on a fait cette saison. On a quatre défaites c'est exceptionnel. Jouer à l'OM et faire ce genre de saison, ce n'est pas donné à tout le monde. C'est encore plus beau de l'avoir fait ici parce que c'est beaucoup plus dur à Marseille. Notre deuxième place, on la doit à nous, à nos supporters et à nos dirigeants.

Après une saison plus délicate en 2018/2019, vous avez rebondi. Ce n'est pas la première fois et c'est même une habitude. On a l'impression que vous marchez vraiment à l'orgueil.

D.P. : C'est une qualité comme un défaut. L'orgueil chez moi est assez élevé. J'ai tellement travaillé, fait de sacrifices pour revenir à Marseille, y réussir une seconde fois que je ne pouvais pas laisser tomber. Je n'ai jamais voulu entendre parler de fatigue, de départ ou de vieillesse. Tant que tout va bien dans ma tête, les jambes suivent. Et aujourd'hui, je suis quelqu'un de très heureux sur le terrain comme en dehors. Ca s'est vu et je vais tout faire pour que ça continue l'année prochaine.

Payet : "Pour l'instant, on n'a pas prévu de déménager"

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Comment avez-vous vécu la décision d'arrêter le championnat ?

D.P. : C'était la meilleure décision à prendre. J'adore le football mais la santé, c'est primordial. On voit tout ce qu'il se passe dans les hôpitaux. Reprendre le foot dans ces conditions, c'est difficile. Même si j'étais le premier à vouloir finir le championnat, ce n'était pas possible en terme de sécurité. J'ai une famille, j'ai trois enfants et je n'aurais pas voulu prendre le risque d'attraper ce virus.

On dit que le sprint final est très important mais quand on part de trop loin…

Est-ce que vous comprenez qu'on puisse dévaluer ce championnat tronqué, votre qualification pour la C1 ou est-ce que ça vous énerve ?

D.P. : Ca me fait sourire. On dit que le sprint final est très important mais quand on part de trop loin, ce n'est pas bon non plus. Si je regarde le classement, il est justifié, mérité. Chaque équipe est là où elle était en moyenne tout au long de la saison. Le classement est juste.

Est-ce qu'on savoure de la même façon une qualification en Ligue des champions qu'on ne peut pas fêter avec ses supporters ?

D.P. : C'est ma seule frustration. J'aurais aimé la partager avec le public. Ca fait tellement d'années qu'on attend ça. Tout le monde a savouré de son côté et les retrouvailles seront d'autant plus belles.

Dimitri Payet

Crédit: Getty Images

Revoir la Ligue des champions l’an prochain, c’est aussi une bonne occasion d’oublier la dernière campagne* de l'OM. Il y a une revanche à prendre…

D.P. : On peut aussi reparler du groupe de la mort qu'on avait (ndlr : Dortmund, Arsenal et Naples accompagnaient l’OM dans son groupe). On était à notre place dans ce groupe. L'équipe était compétente mais en dessous de nos trois adversaires. Dortmund est allé en finale cette année-là. Il faut s'en servir bien sûr. On a une équipe jeune, qui progresse. La Ligue des champions doit nous aider à grandir. Ca sera forcément difficile quand on voit le plateau. Mais on jouera notre chance à fond pour aller le plus loin possible dans cette compétition.

Le report de l’Euro ? J’étais déçu parce que j’avais acheté des places…

Vous arriviez lancé comme une fusée pour la fin de saison, l'Euro a été reporté. Comment l'avez-vous vécu ?

D.P. : J'étais déçu parce que j'avais acheté des places pour aller voir les matches. J'ai perdu mes places donc j'espère que j'en aurai l'année prochaine. Il y a de belles affiches et j'aimerais beaucoup assister à ces rencontres.

Vous préféreriez sans doute être sur le terrain qu'en tribunes…

D.P. : Je vais prendre mes places. Après si on est sur le terrain, on sera sur le terrain… J'y participerai d'une façon ou d'une autre.

Pour être en équipe de France, il faudra forcément signer une grande saison.

D.P. : Ce sera un exercice d'autant plus important avec la Coupe d'Europe. Je pense que tout le monde sera au taquet dès le début parce qu'on a tous envie de la jouer. Quand tout se passe bien à Marseille, il y a tellement d'engouement autour du club et dans la ville qu'on a envie que ça dure.

Payet : "Je vais prendre mes places pour l'Euro, j'y participerai d'une façon ou d'une autre"

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* "C'est un joueur clé pour le club, essentiel pour l'équipe. On lui fait la passe, parce qu'on sait qu'il est capable de tout ! Il va tout faire pour gagner, soit en marquant lui-même, soit en faisant une passe décisive. Il fait jouer toute l'équipe. C'est un joueur complet. Il ne lâche rien. sans lui, ce n'est pas le même match", a notamment déclaré Dario Benedetto

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** en 2013/2014, l’OM a fini dernier de sa poule avec 0 point.

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