"J'aime juste le football et, dans un club comme ici, il ne s'agit pas toujours de football. Là, je me dis : 'Mais je veux simplement être entraîneur'" ! Son interview publiée sur le site de la chaîne allemande Sport1 mercredi a peut-être scellé son sort au PSG. Elle a pu être la goutte de trop dans l'esprit de Leonardo et des dirigeants parisiens. Mais elle est surtout révélatrice de la personnalité de Thomas Tuchel. Un amoureux de la tactique, proche de ses joueurs, mais communicant maladroit, incapable de gérer sa frustration devant les micros.
En un peu plus de deux saisons à Paris, Thomas Tuchel a finalement été très vite rattrapé par ses vieux démons, qui n'ont eu de cesse de le hanter à ce poste peut-être trop exposé pour lui. Et pourtant, tout était bien parti. Les premiers mois, le jeune technicien allemand de 47 ans a longtemps fait l'unanimité tant sur les terrains que devant la presse. Bien loin de l'image qu'il avait laissée en Allemagne où il avait quitté Mayence puis Dortmund dans des conditions agitées, après s'être opposé à sa direction. Mais à partir du fiasco contre Manchester United en huitième de finale de la Ligue des champions en 2019, Tuchel a été rattrapé par son caractère.
Ligue 1
C'est officiel : Guion annonce son départ de Reims, Caillot confirme pour Oscar Garcia
15/04/2021 À 21:33

"Le ver était dans le fruit" : pourquoi le PSG a choisi le bon moment pour virer Tuchel

L'arrivée de Leonardo n'a fait qu'empirer les choses

A partir de là et face à certaines critiques après cette nouvelle "remontada" subie par Paris, Tuchel est redevenu lui-même. Et est souvent apparu sur la défensive face aux médias. Avec des réponses cinglantes où son exaspération transpirait. A ses yeux, on en demandait trop à son PSG. La France du ballon rond n'était pas capable d'apprécier à sa juste valeur les succès de son groupe.
Le retour de Leonardo en juin 2019 n'a fait qu'aggraver la situation. Le directeur brésilien, qui n'avait pas choisi Tuchel alors qu’il aime placer ses pions, n'a pas joué le rôle du paratonnerre avec la presse. Car les deux hommes ont entretenu très vite une "mésentente cordiale" que Thomas Tuchel a exposé au grand jour avec quelques sorties pas forcément très heureuses. Par maladresse ? Peut-être. Mais c'est surtout une question de personnalité pour ce personnage caractériel au franc parler et au style parfois cassant.

Thomas Tuchel

Crédit: Getty Images

A-t-il finalement le profil pour ce genre de club ?

Depuis cet été et alors qu'il se sentait fragilisé malgré cette finale un peu inespérée en Ligue des champions contre le Bayern Munich (1-0), Thomas Tuchel n'a ainsi eu de cesse d'envoyer des piques à sa direction. Sa sortie sur le mercato parisien pour tirer la sonnette d'alarme n'a d'ailleurs pas plu en haut lieu, en tout logique. Sur un siège éjectable, il n'a alors pas su apaiser le tout. Régulièrement exaspéré face à certaines questions trop fréquentes à son goût sur le style de jeu parisien, il est monté dans les tours à plusieurs reprises. S'en prenant à la presse comme lorsqu'il a demandé à un journaliste s'il a les "c..." d'interroger les joueurs sur leur état de forme. Cette communication maladroite a forcément précipité son départ. Leonardo et les propriétaires de QSI ne pouvaient pas tolérer plus longtemps ce genre de dérapage de la part de leur entraîneur.
A l'heure du bilan, cela pose quelques questions. Tuchel, qui n'a pas l'aura ou le charisme d'un Jürgen Klopp à qui on le comparait souvent lors de ses premiers pas en Allemagne, semble avoir touché ses limites à Paris. Pas forcément en termes de jeu, même si l'identité parisienne sur le plan tactique reste très ombrageuse avec une dépendance certaine pour ses stars. Mais il est logique de se demander aujourd'hui s'il a les épaules pour ce genre de club même s’il garde une belle cote sur le marché des entraîneurs, où on l’a annoncé ces dernières semaines en Premier League du côté de Manchester United ?
Il y a en tout cas un vrai paradoxe. Alors qu'il a su unir son vestiaire derrière lui avec son discours et est apprécié par ses joueurs même de ses stars, il reste cette impression qu'il a dû mal à vivre dans un contexte aussi exigeant sur le plan médiatique qu'à Paris. Si sa vie au PSG s'était résumée au Camp des Loges et aux pelouses hexagonales ou européennes, il aurait ainsi sûrement été aux anges. Mais un coach d'un club de cette dimension doit aussi gérer les médias, sa direction ou de ses supporters. Et la pression que cela engendre. Sur ce plan-là, son expérience parisienne n'est pas vraiment concluante. Sa communication et son caractère lui auront même coûté cher. Comme toujours finalement.

Avec Mbappé et Depay, mais sans Neymar : le 11 de la première partie de saison

Ligue 1
En plus du Bayern, Marquinhos va manquer 12 jours de compétition
13/04/2021 À 12:26
Ligue 1
Examens vendredi pour Marquinhos, Süle et Goretzka vers un forfait pour le retour
08/04/2021 À 10:35