Sa fin de carrière lui ressemble. Stéphane Ruffier n'annonce rien mais s'engage avec les gamins de l'Aviron Bayonnais. Désormais, il n'est plus gardien professionnel mais éducateur. A 34 ans seulement et alors qu'il aurait pu rendre de sérieux services à 80% des clubs de Ligue 1. On peut parler de gâchis, de carrière qui vire au vinaigre. Au fond, il n'en aura que faire. Parce que c'est ainsi qu'il a tracé sa route si singulière. Des choix francs, des choix forts. Ses choix qu'il ne se laisse dicter par personne.
Ruffier n'est pas dans le compromis, dans la politique, dans la concession, dans la demi-mesure. C’est un gardien à contre-courant qui tire donc un trait sur une grande carrière. Aurait-elle pu être plus gigantesque encore ? Sans doute. Mais tel est Ruffier, personnage entier, caractère bien trempé. A prendre ou à laisser.
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Stéphane Ruffier AS Saint-Etienne

Crédit: Eurosport

Didier Deschamps, lui, a fini par s'en passer. A 29 ans, le portier basque a choisi sa propre trajectoire en s'écartant volontairement de la sélection nationale. Une décision culottée qui lui ressemble mais qui l'a éloigné de ce qui aurait pu être l'acmé de sa carrière. En octobre 2015, Deschamps le remplace par Alphonse Areola dans son groupe.

Image brouillée, caricature facile

Le Parisien sera champion du monde, pas Ruffier pourtant numéro 2 quatre ans plus tôt au Brésil. Quelles en sont les raisons ? Aujourd'hui encore, elles restent opaques. Comme souvent avec celui qui n'a jamais joué le jeu des médias, laissant parfois son agent brouiller son image. Une attitude qui lui a valu d'être souvent caricaturé voire moqué. Parce qu’il n'a jamais voulu s'ouvrir et qu'il est toujours plus facile de prendre des raccourcis.

Stéphane Ruffier en conférence de presse avec l'équipe de France.

Crédit: AFP

Lui n'en a jamais emprunté. Après son club formateur, Monaco, il a choisi l'aventure au long cours à Saint-Etienne (neuf saisons) dont il fut le meilleur joueur au XXIe siècle avec Loïc Perrin. Pour des raisons différentes de son capitaine, il s'est montré fidèle à un club et à des ambitions qui ne cadraient pourtant pas toujours avec son talent. Ruffier aurait pu viser plus haut. La Ligue des champions notamment quand l'AS Rome ou Arsenal s'intéressaient à lui. Bien sûr le marché des gardiens n'est pas aussi ouvert que celui des joueurs de champ mais il a aussi choisi un confort de vie sans courir derrière un gros contrat.

Bénédiction pour les Verts

Ne nous y trompons pas, Ruffier fut une bénédiction pour les Verts. Ce qui reste au bout du compte, ce n'est ni la fin brutale, ni ses derniers matches ratés, ni les déclarations de son agent, ni les quelques incompréhensions autour d'un personnage souvent obscur. Non, sa marque est celle de l'un des meilleurs gardiens de Ligue 1 qui a participé à la renaissance d'un club franchement moyen avant son arrivée et régulièrement européen avec lui pour garder sa cage. Pour l'ASSE, c'est un miracle d'avoir pu compter un gardien aussi doué sur sa ligne.
Son talent méritait-il mieux ? Sa carrière aurait-elle décoller s'il avait pris d'autres décisions ? Elle n'aurait été ni meilleure, ni moins bonne. Il a, seul, décidé de sa trajectoire. Unique en son genre.

Stéphane Ruffier à l'issue du derby entre Saint-Etienne et Lyon, dimanche 17 janvier 2016

Crédit: AFP

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