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Drame de Furiani : vers un gel des matches le 5 mai ?

Drame de Furiani : vers un gel des matches le 5 mai ?
Par AFP

Le 13/02/2020 à 09:25

LIGUE 1 - Le 5 mai 1992, à l'occasion de la demi-finale de la Coupe de France entre Bastia et Marseille, une tribune du stade de Furiani s'est effondrée. Un drame qui a coûté la vie à 18 spectateurs et blessé près 2500 personnes. Pour rendre hommage à ces victimes, l'Assemblée Nationale va proposer jeudi qu'il n'y ait plus de matches professionnels en France le 5 mai.

Pour la première fois, une proposition de loi est au menu de l'Assemblée jeudi pour "geler les matches" le 5 mai, en hommage aux victimes de la catastrophe. Le débat est récurrent dans le football français. Depuis plus de 25 ans, le collectif des victimes et leurs familles réclament l'interdiction des matches le 5 mai, face aux réticences de la Ligue et de la Fédération, gênées dans l'organisation de leurs compétitions et qui privilégient des gestes ou des cérémonies d'hommages.

Cette fois la discussion va avoir lieu dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale avec une proposition de loi du député de Haute-Corse Michel Castellani. Elle a déjà été adoptée en commission avec le soutien de la majorité et va être examinée jeudi dans le cadre de la "niche" des élus Libertés et Territoires, journée réservée à un groupe parlementaire pour présenter ses textes. Et elle a de fortes chances d'être adoptée, car les "marcheurs" ont confirmé mardi qu'ils étaient "favorables" à la mesure. S'il est voté, le texte serait ensuite examiné par le Sénat.

Mais un membre du gouvernement s'interroge : "ça peut devenir compliqué, car est-ce que la Ligue va suivre ?" et "est-ce qu'il faut interdire les activités pour d'autres anniversaires?". La proposition de loi prévoit de modifier le code du sport pour "qu'aucune rencontre ou manifestation sportive" de Ligue 1, de Ligue 2, de Coupe de France et du Trophée des Champions ne soit jouée le 5 mai. "Dans l'émotion immédiate après la catastrophe, (le président de la République d'alors) François Mitterrand avait dit qu'aucun match ne serait joué à cette date, mais depuis la vie a repris son cours", déplore le député Michel Castellani.

Cette tribune de Furiani s'est effondrée le 5 mai 1992.

Cette tribune de Furiani s'est effondrée le 5 mai 1992.AFP

"Le bilan de cette catastrophe est énorme par rapport à la population corse", souligne-t-il. Ce 5 mai 1992, il y a eu 18 morts et plus de 2 300 blessés, à la suite de l'effondrement de la partie haute d'une tribune provisoire, avant le coup d'envoi de la demi-finale de Coupe de France entre Bastia et l'Olympique de Marseille. En juillet 2015, le ministère des Sports avait décidé qu'aucun match de football ne serait joué en France à chaque fois que le 5 mai tomberait un samedi. Cette "avancée intéressante" est "insuffisante pour les familles", estime Michel Castellani.

" "Ce serait bien de sacraliser le 5 mai""

"On est vraiment face à un mur. Du coup, le politique s'immisce dans le sportif. C'est regrettable mais les instances du football n'ont pas pris leurs responsabilités", considère auprès de l'AFP la présidente du "Collectif des victimes du 5 mai 1992", Josépha Guidicelli, qui devrait assister aux débats jeudi à l'Assemblée. "Ce serait bien de sacraliser le 5 mai. C'est une question de culture, en Angleterre ils jouent quand il y a les drames, mais nous, en Corse, on est très religieux. Je suis à 100% derrière les familles des victimes, qui se battent depuis des années", ajoute Anthony Luciani, responsable d'un groupe de supporteurs bastiais.

La LFP plaide pour une "alternative" à la proposition de loi

De leur côté, les instances sportives se disent prêtes à étendre les hommages existants, mais sans interdire les matches. Elles soulignent leur attachement à l'accord de 2015, conclu avec Thierry Braillard, alors secrétaire d'Etat aux Sport : le gel des matches les samedis 5 mai seulement et dans les autres cas, des hommages aux victimes sous forme de minutes de silence, brassards noirs ou applaudissements.

La Ligue de football professionnel (LFP) plaide ainsi pour une "alternative" à la proposition de loi, avec "une commémoration renforcée sur tous les terrains de France". "Chacun peut légitimement avoir une conviction sur la juste manière d'honorer la mémoire des victimes d'un tel drame. En tout état de cause, il reviendra à la représentation nationale de trancher", conclut la LFP.

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