Le conflit opposant Mediapro et la LFP devrait encore durer. Dans son édition de mercredi, Le Canard Enchaîné révèle de nouvelles informations concernant les ambitions à court terme du groupe sino-espagnol qui n'a pas encore réglé sa dernière échéance qui était dûe au 5 octobre. En effet, Mediapro aurait sollicité le tribunal de commerce de Nanterre fin septembre pour engager une procédure de médiation afin de gêler sa dette de 172 millions d'euros.
Cependant, le bras de fer ne devrait pas en rester là. Car d'après L'Equipe, la Ligue de football professionnel n'a aucune intention de négocier avec Mediapro, qui avait gagné le droit de diffuser 8 des 10 matches de Ligue 1, sur la période 2020-2024, contre un montant total de 1,153 milliard d'euros. Vendredi dernier, toujours dans L'Equipe, Jaume Roures avait annoncé son souhait de renégocier ce contrat avec la LFP.
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"Nous avons demandé à parler du contrat de cette saison à cause du Covid-19. Il est évident que cela touche beaucoup d'aspects de l'exploitation des droits. On veut parler de ça, indiquait Roures. La saison est très affectée par le Covid-19, tout le monde le sait car tout le monde souffre. On ne remet pas en cause le projet en tant que tel."

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Du côté des clubs, l'angoisse grandit alors que la LFP songerait à contracter un prêt auprès de banques anglaises. "Il est évident que l'enjeu des droits TV pour les clubs est important. C'est une part significative de leurs revenus et ce serait un cataclysme, après avoir perdu un quart des revenus suite à l'arrêt du championnat 2019-2020. Mais aussi avec la perte des recettes liée aux dix matches qui n'ont pas eu lieu et les quasi huis-clos actuels", a assuré Frédéric Longuépée, le président des Girondins de Bordeaux, à l'AFP jeudi dernier.

Aulas sort du silence

Interrogé lundi soir dans l'émission Top of The foot sur RMC, Fulvio Luzi, le président de Chambly (Ligue 2), a annoncé craindre la cessation de paiement d'ici peu. Et pas seulement pour le club de l'Oise. "Je pense qu’on est tous en danger, a-t-il souligné dans un premier temps. 60-70% du budget des clubs, c’est les droits TV. Dans deux ou trois mois, si rien ne se passe, on est en cessation de paiement." Les nouvelles révélations du Canard Enchaîné ne vont pas rassurer le dirigeant camblysien. Ni les dirigeants du foot français. D'ailleurs, Jean-Michel Aulas a pris la parole ce mercredi dans les colonnes du Parisien.

Jean-Michel Aulas, le président de l'OL.

Crédit: Getty Images

"Mediapro demandait il y a encore quelques jours aux clubs de faire le maximum pour présenter un produit extrêmement vendeur, explique le président de l'OL. Les clubs ont joué le jeu. Cette réaction est disproportionnée. Cela cache autre chose. Tout était miraculeux, beau, et un mois après on arrive à cette situation… Qu'est-ce qui justifie ce changement d'attitude ? Il y a autre chose, qu'on ne connaît pas, en tout cas pas moi ! Il faut avoir une attitude extrêmement ferme." Une posture visiblement adoptée par Vincent Labrune, le président de la LFP.
"Il faut qu'ils payent, et s'ils ne payent pas, il y aura des négociations avec d'autres, prévient "JMA" (...) Le football peut paraître floué. Ce n'est pas l'intérêt de Mediapro d'enfreindre un règlement d'appel d'offres de droits TV très strict. La règle, c'est que quand vous êtes en défaut de paiement, vous perdez la propriété des droits. Eux-mêmes, ils creusent leur tombe."
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