Même les coureurs du dimanche après-midi le savent : pour boucler un marathon, mieux vaut partir à son rythme. En cela, personne ne pourra reprocher à Marseille d'être allé trop vite : au cours d'une série de sept matches disputés en 21 jours, le club phocéen a plutôt eu tendance à faire du surplace qu'à sprinter. Côté pile, l'OM est resté invaincu depuis la dernière trêve internationale. Côté face, il va aborder la prochaine avec un peu plus de doutes que de certitudes.
L'équipe olympienne avait débuté son enchaînement avec une victoire confortable et plutôt convaincante face à Lorient (4-1). La suite fut une succession de prestations beaucoup plus neutres, parfois frustrantes, souvent décevantes, jusqu'à ce dernier nul (0-0) concédé face à Metz, à domicile, après avoir évolué en supériorité numérique durant plus d'une demi-heure.
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Cette nouvelle contre-performance a été un condensé de toutes les difficultés rencontrées par l'OM ces dernières semaines. Moins inspirés collectivement, les hommes de Jorge Sampaoli ont encore buté face à un bloc compact. "C'est une équipe qui défend bien, c'était difficile de les faire tourner", a commenté sur Prime Video William Saliba, l'un des rares Olympiens dont les performances sont à la fois solides et régulières.

Collectif moins convaincant, individualités moins fringantes

"On savait que ça allait être un match difficile, a souligné Mattéo Guendouzi au micro du diffuseur. Ils sont venus pour gagner du temps, pas pour jouer au foot. C'est triste pour la L1, ils devraient essayer de jouer au ballon. C'est dommage de jouer contre des équipes qui viennent pour proposer ce type de jeu mais ce n'est pas que de leur faute. On n'a pas fait ce qu'il fallait, on n'a pas joué notre jeu. Ça manquait de mouvement...".
Les Olympiens auront beau se chercher des excuses, ils devront aussi admettre qu'ils ont perdu ce qui faisait leur force jusqu'au début de l'automne : leur imprévisibilité. Malgré un onze très souvent remanié et un dispositif tactique mouvant, Marseille et Jorge Sampaoli ne surprennent plus. Cette saison, il n'y a eu que cinq résultats nuls et vierges en Ligue 1. Dont trois pour l'OM, qui n'a pu compter sur ses individualités pour faire basculer des matches de plus en plus souvent verrouillés.
D'autres individualités se sont quelque peu égarées. Revenu de blessure, Arkadiusz Milik n'a pas retrouvé son efficacité et sa justesse dans le dernier geste. Brillant en début de saison, Cengiz Ünder peine de plus en plus à surprendre les défenseurs. Trop en retrait sur le terrain, Gerson n'a toujours pas justifié son coûteux transfert. Trimballé à différents postes, Pol Lirola n'a plus été décisif depuis près de deux mois.
Jouer tous les trois jours demande beaucoup d'énergie
Bref, Marseille n'est pas beaucoup plus avancé. Et n'est plus tout à fait là où il espérait être, tant en Ligue 1 (4e) qu'en Ligue Europa, où il n'a plus son destin en main. Pour les Olympiens, sifflés par une partie du Vélodrome à l'issue de la rencontre, cette nouvelle trêve tombe à pic. "On a enchaîné beaucoup de matches et on n'a pas eu de semaines pleines pour les préparer, a tenu à rappeler Saliba. On va bien se reposer." "Au-delà du résultat, jouer tous les trois jours demande beaucoup d'énergie", a ajouté Jorge Desio, adjoint de Sampaoli, en conférence de presse.

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Preuve que le roulement mis en place par le technicien argentin, à la fois pour faire souffler ses hommes et maintenir leur compétitivité, n'est pas tout à fait la solution miracle. Pour l'instant, l'OM, qui a accroché d'autres grosses écuries comme la Lazio, le PSG ou Nice sur la période, préfère voir le verre à moitié plein.
"Sur ces sept matches, je pense que nous avons fait des bonnes choses, a martelé Desio. Les efforts étaient là, le rendement est bon et nous en sommes satisfaits." Voilà pour le premier marathon. Le deuxième emmènera le club phocéen jusqu'à la fin de l'année. Et débutera par un sacré sprint, avec deux déplacements à Lyon puis à Istanbul pour y défier Galatasaray.

Cengiz Ünder au duel avec Thomas Delaine lors du match opposant Marseille à Metz, le 7 novembre 2021 en Ligue 1

Crédit: Getty Images

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