L'art est délicat mais la Ligue 1 a rarement connu autant de spécialistes de l'exercice. De Wahbi Khazri, recordman en la matière parmi les joueurs en activité en Ligue 1, en passant par Angel Di Maria, Florent Mollet ou Ryad Boudebouz. Le coup franc a ses orfèvres dans l'Hexagone et même le plus précis d'entre eux désormais, Lionel Messi. En attendant que l'Argentin trouve la mire sur les pelouses de L1, les deux grands spécialistes du moment s'affrontent ce dimanche au Vélodrome.
D'un côté, Dimitri Payet et ses ballons plongeants dans les lucarnes adverses. De l'autre, un représentant de la nouvelle vague, Armand Laurienté, adepte de la frappe sèche, flottante, façon Juninho. Deux écoles, un même résultat. Payet n'a pas encore retrouvé ses sensations de West Ham quand chaque tentative se transformait en énorme occasion de but. "Je ne les bossais plus à West Ham car j'avais trouvé ma façon de tirer et, psychologiquement, j'étais entré dans la tête des gardiens", décortique celui qui avait signé deux chefs d'œuvre en Bleu face à la Russie et au Cameroun en… 2016.
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Dimitri Payet, buteur à deux reprises avec l'OM face au RC Lens en première période, le 26 septembre 2021 en Ligue 1

Crédit: Getty Images

En 2016 : 25% de réussite pour Payet !

Cette année-là, il inscrit 6 coups francs avec un taux de réalisation à peine croyable de 25% loin devant Lionel Messi (9%). S'il n'avait plus trouvé la cible depuis quatre ans en L1, Payet n'a pas tout à fait perdu le fluide et il reste un dangereux prédateur. Moins clinique mais les sensations reviennent : "Ça fait deux ans que je travaille avec une machine (…) et ça commence à payer, continue-t-il. La machine a remplacé les vieux mannequins en plastique par des mannequins qui sautent et bougent."
Cette saison, il en est déjà à deux buts (Montpellier et Lens) sur coup franc direct. Et il redevient une arme de dissuasion massive sur l'exercice. Mais un homme fait mieux. A Lorient, un disciple de Juninho émerge en cette année 2021 au point de devenir le spécialiste dans les cinq grands championnats en marquant trois fois sur l'exercice soit autant que Lionel Messi.

"Il n'y a rien de plus dur que d'être Neymar" : faut-il être inquiet pour le Brésilien ?

Armand Laurienté, le Juninho du Morbihan, s'installe petit à petit comme le porte-drapeau de la nouvelle génération de spécialistes. Son truc à lui, ce sont les coups de canon. Sa recette : frappe tendue, ballon flottant, lucarne nettoyée. Il cherche la puissance plus que la précision : "Je prends le ballon entre l'intérieur et le cou-de-pied, c'est plus intéressant car ça me permet de tirer de n'importe où, détaillait-il en avril dernier dans les colonnes de L'Equipe. J'ai moins besoin d'être précis, car je mets plus de force et d'effet." Une technique qui rappelle celle de l'as des as, Juninho aux coups francs illisibles lors de ses triomphes lyonnais.
Quand il la prend bien, elle fait des effets, elle flotte, c’est ingérable pour un gardien
"Armand a une frappe de balle incroyable, témoignait dans les colonnes du Télégramme Mathieu Dreyer l'un des gardiens des Merlus et victime consentante à l'entraînement des ogives du phénomène. Elle part à une telle vitesse, c’est hallucinant. Quand il la prend bien, elle fait des effets, elle flotte, c’est ingérable pour un gardien. La balle bouge tout le temps, elle n’a jamais la même trajectoire. En l’ayant tous les jours à l’entraînement, je me rends compte que c’est hyper compliqué." Mine ou feuille morte en lucarne, finalement peu importe. L'important dimanche, pour les défenseurs marseillais ou lorientais, sera d'éviter de faire faute aux abords de leur surface. Car les deux artificiers n'attendent que ça.

Armand Laurienté (Lorient) face à Nantes - Ligue 1 2020-21

Crédit: Getty Images

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