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Annoncé comme le nouvel entraîneur de l'OM, Gennaro Gattuso coche des cases… sauf celles du jeu
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Publié 27/09/2023 à 13:21 GMT+2
Gennaro Gattuso va devenir le prochain technicien de l'Olympique de Marseille, assurent plusieurs médias. Après la piste Christophe Galtier ou celle du retour d'Igor Tudor, le choix de l'OM pour son nouveau technicien a de quoi intriguer. Par sa personnalité, le champion du monde 2006 a de quoi fédérer et transporter le Vélodrome. Reste à convaincre pleinement sur le pré.
Gattuso comme entraîneur, ça vaut quoi ?
Video credit: Eurosport
L'OM n'aura pas trop traîné. Après l'ébullition en coulisses entre la direction et les supporters, Marseille s'est évité celle de trop laisser la cocotte sur le feu au moment de trouver le successeur du démissionnaire Marcelino. Une semaine après le départ de l'Espagnol, un autre caractère bien affirmé va débarquer en la personne de Gennaro Gattuso. L'ancien milieu de terrain italien devrait s'engager pour une saison plus une en option selon L'Équipe, et devenir le quatrième entraîneur du club en deux ans et demi. Gattuso signerait son retour dans un club d'envergure par la grande porte, mais en plein cœur d'une situation ô combien périlleuse.
L'Olympique de Marseille sait au moins dans quelle voie il s'est engagé. Après avoir exploré la piste Christophe Galtier, et effleuré l'idée d'un retour d'Igor Tudor trois mois après avoir claqué la porte, c'est un nouveau dossier inattendu qui a raflé la mise. Le président marseillais Pablo Longoria a tenté cette fois la synthèse de ses deux derniers entraîneurs : un technicien à la gouaille travaillée par le calcio couplé d'un ex-éphémère Valencian. Mais avec Gennaro Gattuso, c'est un profil-type de manager à poigne qui arrive à la barre d'un bateau qui tangue sérieusement, comme l'OL y avait songé avant de lui préférer Fabio Grosso.
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Gattuso sur le banc de Valence
Crédit: Getty Images
De la poigne et du cran
L'élimination prématurée en qualifications de la Ligue des champions, puis les tensions en dehors du terrain ont fini par déteindre sur l'équipe marseillaise, le doute s'immisçant de façon exponentielle jusqu'au départ de Marcelino, puis une claque en bonne et due forme chez l'ennemi juré parisien (4-0) dimanche dernier. Avec Gennaro Gattuso, l'OM semble s'être fixé pour principal cap de retrouver un cadre fort, porté par la voix et le charisme du Transalpin.
Attention toutefois, Gennaro Gattuso le coach n'est pas l'exact prolongement du chien de garde qu'il était comme joueur, en particulier au Milan. Plus qu'un aboyeur, le champion du monde 2006 s'est fait la réputation d'un protecteur pour son groupe, proche de ses joueurs, endossant les entières responsabilités des échecs de ses équipes. Un paratonnerre en somme, lui qui était plutôt du genre à ne pas fuir la tension durant sa première partie de carrière ballon au pied.
Sa personnalité sans compromis mais pas sans passion a sur le papier de quoi coller à la ferveur débordante du contexte marseillais. Et si son parcours est jusque-là jalonné d'aventures sans vrai lendemain (huit clubs en dix ans), c'est aussi parce qu'il a été fréquemment, quasi toujours en réalité, appelé pour éteindre un incendie plutôt que pour entretenir une flamme. De sa promotion express sur le banc d'un Milan post-Berlusconi et sans le sou, au volcan napolitain en plein deuil de Diego Maradona en passant par le bourbier de Valence… Gennaro Gattuso est devenu un habitué des contextes compliqués. Avec plus ou moins de succès. S'il était parvenu à redresser les Rossoneri, avant de passer tout près d'une qualification en C1 avec l'AC Milan, puis avec Naples, son aventure à Valence a tourné court avec des Che laissés à la 14e place de Liga.
Le jeu pour réveiller le Vélodrome ?
Dans la Botte, il a semé autant de promesses qu'il n'a parfois généré de frustrations. Voire d'ennui. Précisément ce que déplorent aujourd'hui les supporters de l'OM, chavirés par les folies Sampaoli et Bielsa, enhardis par l'intensité d'un Tudor, et plus qu'agacés par la neutralité de Marcelino en début de saison, à l'image du 0-0 sans relief et sous les sifflets contre Toulouse. S'il n'est pas un entraîneur monolithique, pas sûr pour autant que Gattuso colle à merveille avec les envies d'aller "droit au but" du Vélodrome.
Ses 4-3-3, son système de prédilection, s'appuient avant tout sur la rigueur de son bloc défensif, fréquemment bas, toujours très axial, mais pas porté sur une grande intensité à la perte du ballon. En 2020-2021, Naples pointait en milieu de tableau au nombre de passes laissé à ses adversaires en phase offensive. Les équipes de Gennaro Gattuso ne délaissent pas la possession, mais en partant d'un jeu lentement construit depuis sa défense, pour mieux attirer l'adversaire vers le ballon. La vue d'un OM complètement étouffé dans son camp dimanche face au contre-pressing du Paris Saint-Germain ne devrait pas avoir de quoi le rassurer. Pas plus que le profil d'un Pau Lopez pas franchement gardien-relanceur, 13e portier de L1 en nombre de passes courtes réussies, 17e au pourcentage de passes longues réussies.
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Faut-il être inquiet pour l'OM ? "On aurait dit un relégable"
Video credit: Eurosport
Offensivement, l'OM patine depuis le début de saison, malgré un recrutement conséquent dans ce secteur cet été (Aubameyang, Sarr, Ndiaye, Correa…). 12e attaque de Ligue 1 avec six buts en sept rencontres, Marseille n'est pas pour autant apathique, bien au contraire. Sous Marcelino, l'équipe phocéenne était celle qui a tenté le plus de frappes du championnat depuis le début de cet exercice, ce même après la débâcle au Parc. Mais aussi une des moins précises avec le troisième plus mauvais pourcentage de tirs cadrés, et le plus gros débours de toute la Ligue 1 au ratio des buts inscrits par rapport aux "expected goals" (-3,6 réalisations en moins qu'attendu). Exactement les mêmes maux de conversions d'occasions dont a souffert le Milan, puis le Naples de Gattuso (15e en but par frappes cadrées avec les Rossoneri en 2018-2019, 16e avec les Partenopei en 2019-2020).
A lui désormais de tordre les chiffres et de trouver son compte avec une équipe qui n'a pas été construite pour lui. Difficile de voir par exemple en Valentin Rongier, Jordan Veretout ou Geoffrey Kondogbia les "successeurs" des milieux box-to-box capables d'apporter le danger dans les 20 derniers mètres adverses comme Franck Kessié (7 buts en 2018-2019) ou Piotr Zielinski (8 buts et 11 passes décisives en 2020-2021) l'ont été sous ses ordres. Sa patte tactique et son adaptation à cet OM posent encore question, ses qualités de manager beaucoup moins… Gennaro Gattuso va devoir user de toutes ses armes pour convaincre.
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