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Ligue 1 - L'OL s'est-il complètement trompé avec Corentin Tolisso ?
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Publié 25/09/2023 à 23:34 GMT+2
Complètement dépassé face à Brest (1-0), fautif face au PSG (4-1) et en grande difficulté de manière plus global depuis le début de saison, Corentin Tolisso symbolise peut-être mieux qu'un autre le déclassement de l'OL. Depuis son retour, pourtant, Peter Bosz, Laurent Blanc et Fabio Grosso l'ont toujours valorisé. Son statut et son contrat rendent son cas particulièrement piégeux.
"L'OL en L2, c'est quelque chose d'envisageable aujourd'hui"
Video credit: Eurosport
Le temps passe vite et donne, parfois, le vertige.
15 juin 2017 : Corentin Tolisso s'engage au Bayern Munich contre 41,5 millions d'euros après une dernière saison dingue du côté de l'OL (14 buts, 7 passes). Chez les Allemands, on ne tarit pas d'éloges concernant le polyvalent milieu de 22 ans dont l'avenir en Bleu semble déjà écrit. "Tolisso était un des meilleurs milieux sur le marché", souffle d'ailleurs Carlo Ancelotti au moment de revenir sur son arrivée, censée compenser le départ de Xabi Alonso.
26 octobre 2023 : Corentin Tolisso est à des années lumières d'une sélection tricolore qu'il n'a plus fréquentée depuis l'Euro 2021 et se retrouve désormais exposé aux critiques, comme rarement depuis le début de sa carrière. Par ses performances compliquées et son statut de cadre pas au niveau, il est devenu le symbole du délitement des ambitions lyonnaises. Alors, que s'est-il passé ?
L'histoire est connue, les blessures n'ont jamais laissé la vie tranquille au numéro 8 lyonnais. Ligaments croisés du genou en 2018, opération de la cheville en 2020, problème au tendon en 2021 puis au mollet en 2022 : la liste des pépins fut longue et à l'origine de son divorce avec le Bayern. "Son départ en 2022 découle de ses nombreuses absences, pas d'une blessure en particulier, rembobine Dennis Melzer, journaliste pour Eurosport en Allemagne. En fait, puisque ses retours étaient toujours décalés, il n'a jamais vraiment pu s'imposer. Alors, dès 2021, le Bayern a cherché à récupérer un peu d'argent sur son cas mais personne ne s'est vraiment manifesté à l'époque. Donc il est parti libre en 2022."
Hors de rythme et langage corporel alarmant
Un milieu international français libre de 27 ans, polyvalent, capable d'être décisif et toujours loué pour sa mentalité dans un groupe : l'occasion était trop belle. Pourtant, aucun club d'envergure ne pousse réellement les démarches le concernant. Alarmant ? Pas pour l'OL qui boucle rapidement le retour de l'enfant prodige aux côtés de son pote Alexandre Lacazette. Dans quel état est-il ? "La visite médicale est passée, c’est un bon point, souffle-t-il alors au moment de sa présentation. […] Il n’y aura pas de problème."
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Corentin Tolisso, de retour dans son club formateur, brandit le maillot de l'OL lors de sa présentation
Crédit: Getty Images
Sur ce point-là, il a eu raison. Depuis son arrivée, il n'a connu que de brefs pépins et a disputé une saison pleine l'an passé avant de renquiller cette saison. Sur le papier, ça roule. Dans le détail, beaucoup moins. Sa montée en puissance relative de la fin de saison passée, illustrée par son coup de patte face à Rennes (3-1), a laissé place à un début de saison très compliqué où son impact physique et son apport dans la création ont fait plonger le milieu lyonnais.
Face à Brest samedi (1-0), il fut hors de rythme au point que sa place de titulaire puisse être remise en cause. Mais, comme Peter Bosz et Laurent Blanc avant lui, Fabio Grosso semble vouloir largement s'appuyer dessus, à l'image de ce brassard récupéré en fin de match à la sortie de Lacazette. Son expérience pèse trop dans ce groupe de jeunes pousses pour s'en passer. Mais son niveau devient désormais problématique pour la compétitivité de l'OL.
Contrat juteux jusqu'en 2027
Une porte de sortie serait de considérer désormais Tolisso comme un regista et non plus comme un relayeur. Lors de son retour, il avait fait part de son envie d'évoluer devant la défense plutôt que dans le cœur du jeu, notamment pour avoir le jeu face à lui et faire parler une qualité de pied qui n'a pas complètement disparu. Mais la nécessité d'un profil plus guerrier et plus tranchant physiquement à ce poste - une sentinelle, en somme - l'a de nouveau envoyé un cran plus haut où le temps manque.
"J'ai joué les premiers matches en tant que numéro 8 et j'ai eu un peu plus de mal dans le rythme, dans le positionnement et dans les repères, expliquait-il d'ailleurs déjà en début de saison passée après une victoire contre Angers (5-0). Cela faisait un moment que je n'avais pas joué dans cette position plus haute et dos au jeu, contre des formations assez basses. C'était compliqué mais ce soir (samedi), je me suis senti plus libéré, face au jeu, a avoué Tolisso. J'ai pu orienter nos actions à droite et à gauche. Je continue de travailler et je jouerai là où le coach me le demande".
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Corentin Tolisso (OL)
Crédit: Getty Images
A priori, c'est donc à un poste qui ne lui convient plus et qui abîme sa confiance en soi et son leadership naturel. Son langage corporel masque mal une vraie déception à son propre encontre et éloigne toujours un peu plus l'image d'un joueur prêt à aller au combat à chaque match pour défendre la maison lyonnaise.
L'autre souci, à Lyon, c'est que la dégradation de l'état sportif de Tolisso n'est pas neutre pour les finances. L'été passé, c'est grâce à un très généreux contrat que Bruno Cheyrou avait réussi à l'attirer dans ses filets. Avec un salaire brut mensuel évalué à 400 000 euros/mois, il figure au sommet de la pyramide avec Dejan Lovren et derrière Lacazette. Et ce pour encore 4 ans puisqu'il s'était engagé jusqu'en 2027, où il aura alors 33 ans. Une stratégie risquée et qui pourrait le transformer en vrai boulet financier si son rendement continue de s'esquinter.
Face à Rennes en avril dernier, il avait fêté son splendide coup franc avec une célébration pleine d'humilité où il se nettoyait le maillot. "On se lave. On enlève la poisse", avait-il alors détaillé. Visiblement, elle n'est pas complètement partie…
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Comment Xabi Alonso a fait du Bayer Leverkusen un outsider sérieux pour le titre
Video credit: Eurosport
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