De Jonathan Clauss à Himad Abdelli : À Marseille, la constante recherche du coupable idéal

Eurosport sur Google

Il y avait eu Jonathan Clauss, il y a désormais Himad Abdelli. L'international algérien, dont les performances sont mauvaises depuis son arrivée à l'OM, a été écarté du groupe jusqu'à la fin de la saison. Il est le dernier "coupable" d'une liste que la direction du club, en particulier son directeur sportif Medhi Benatia, n'a cessé d'allonger pour justifier une exigence malsaine.

"Il est apathique et sans solution" : Beye, l'intérim qui vire au désastre

Video credit: Eurosport

À défaut d'avoir une équipe compétitive, Marseille va bientôt pouvoir se construire un onze de têtes de Turc. Pour cette composition-là, le dernier renfort s'appelle Himad Abdelli, écarté du groupe a priori jusqu'au terme de la saison, à la suite, notamment, d'une discussion houleuse avec son entraîneur Habib Beye.
Le coach olympien n'avait vraiment pas apprécié sa courte entrée face à Nice (1-1) et le lui avait fait savoir, obtenant une réponse irrespectueuse de son milieu de terrain. Une semaine plus tard, à Nantes, et alors qu'il avait déjà été mis à l'écart, l'international algérien avait été vivement critiqué par Medhi Benatia devant certains de nos confrères.
Sans Abdelli, l'OM a été humilié à La Beaujoire (3-0). On vous l'accorde : cela ne veut certainement pas dire que le club phocéen ne l'aurait pas été avec la présence de l'ancien du SCO, dont les performances depuis son arrivée en cité phocéenne n'ont d'ailleurs pas grand-chose à voir avec celles qui furent les siennes à Angers.
Mais cela démontre, tour de même, que le club continue de se cacher derrière des cas individuels. Sur ce plan-là, la politique de Benatia a bien imprégné le club ; quelques mois seulement après son arrivée à l'OM, l'ancien défenseur marocain avait cloué au pilori Jonathan Clauss lors d'une interview accordée à Canal+, dans l'émission Canal Football Club.

Détourner "tous les maux" sur un joueur

"À mon arrivée, on m’a mis en garde sur deux ou trois joueurs dont le comportement était un peu limite, avait-il lâché. Jonathan en faisait partie. Je sais qu’il avait été reçu plusieurs fois dans le bureau du coach pour lui expliquer ce que l’on attendait de lui dans l’attitude, en tant que leader et international français. On pensait que le message était passé. Malheureusement, il ne l’était pas."
C'était en février 2024 et, quelques jours plus tôt, celui qui était encore le bras droit avait tenté par tous les moyens d'exfiltrer le latéral. Il n'aura finalement été vendu qu'à l'été suivant, à Nice. "Encore et toujours du harcèlement, qui consiste à livrer via la presse un footballeur à la vindicte populaire, à détourner sur lui tous les maux", avait écrit l'UNFP, syndicat des joueurs, dans un communiqué.
picture

"L’équipe qui fera perdre le PSG en Ligue des champions n’est pas encore née"

Video credit: Eurosport

Mais ainsi est la méthode de Medhi Benatia : une communication et une politique brutales, justifiée par sa volonté que l'OM redevienne une institution forte et exigeante. En début de saison, Adrien Rabiot et Jonathan Rowe avaient eux aussi été jetés à la mer après avoir été accusés, publiquement, d'avoir fait tanguer le bateau.

De trop violents à trop calmes

Les déclarations des différents acteurs et témoins de cette fameuse scène de bagarre "d'une violence inouïe" avaient plutôt laissé penser que l'OM avait (encore) agi de manière (trop) impulsive. Et ce souvenir-là était remonté à la surface au cœur du mois d'avril, après la défaite à Lorient (2-0), lorsque Benatia s'était présenté en zone mixte pour allumer son vestiaire. "Combien [de joueurs] sont entrés dans le vestiaire et ont retourné la table ?, avait-il interrogé. Zéro, personne. Tout est nickel, les bouteilles sont bien en place."
Aujourd'hui, il paraît bien difficile de ne pas relier la démission totale des joueurs de l'OM à cette politique de la terre brûlée, où chacun peut être érigé en modèle une semaine, puis désigné coupable la suivante. Comme si le naufrage n'était pas collectif. Comme si certains joueurs, et surtout certains cadres, évoluaient réellement au niveau auquel ils devraient être.
picture

"Plus personne ne comprend rien aux mains" : Les instances doivent rendre les choses plus claires

Video credit: Eurosport

Le vestiaire n'avait déjà pas très bien compris comment Amir Murillo, l'un des très bons éléments de la première partie de saison, avait ainsi pu être vilipendé par Roberto De Zerbi à la suite de mauvaises performances, et rapidement envoyé en Turquie dans l'anonymat général. D'autres, comme Thomas Vermeeren, ont échappé de peu au même sort.

Greenwood, le prochain sur la liste ?

Ces décisions brusques et cette tendance à couper les têtes ont rendu le discours du directeur sportif inaudible, puisqu'elles ne collaient vraiment pas à son discours de bâtisseur d'un "projet sur trois ans"... qu'il menaçait régulièrement de quitter, agacé par les jugements volatils de la presse. Cette même presse qui avait pourtant parfaitement compris qu'Himad Abdelli était un renfort pour le moyen terme, comme Medhi Benatia - qui l'a recruté - l'avait expliqué.
picture

"Le PSG marque une époque, chapeau aux dirigeants d'avoir réussi cela"

Video credit: Eurosport

À deux matches de la fin d'une triste saison olympienne, il n'est pas exclu que le club dégote un autre coupable. Ce pourrait être Mason Greenwood, meilleur joueur de l'OM mais dont l'esprit est à peu près partout sauf à Marseille. Il y a bien longtemps que l'on a compris que l'ailier avait lâché l'affaire. 
Ces derniers temps, pourtant, Habib Beye avait pourtant certifié qu'il ne s'agissait pas d'une démobilisation mais d'un véritable contrecoup physique, après la blessure subie à Lille. Cette semaine, pourtant, c'est bien l'attitude du joueur qui aurait poussé le Sénégalais à bout à l'entraînement. Il ne serait donc pas surprenant que son nom soit cité, dimanche, à l'issue du match au Havre.
Rejoignez Plus de 2M d'utilisateurs sur l'app
Restez connecté aux dernières infos, résultats et suivez le sport en direct
Télécharger
Partager cet article
Publicité
Publicité