Ligue 1 - Olympique de Marseille | De Zerbi, Longoria, Benatia, Rabiot... Toujours se méfier des grandes phrases
A Marseille, même les minutes qui suivent les victoires peuvent être agitées par autre chose que la joie d'avoir échappé à une crise, une vraie, qui guettait. Roberto De Zerbi a surpris son monde en évoquant une possible réconciliation avec Adrien Rabiot, pourtant mis sur le marché des transferts dans la semaine par une institution qui entendait être au-dessus de tout.
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Video credit: Eurosport
Un attaquant plus proche de ses 50 ans que de son début de carrière qui claque un doublé, des jeunes qui font tourner un match et une victoire finalement large même si le contenu laissait à désirer, il y avait beaucoup d'ingrédients à Marseille samedi pour oublier l'affaire qui pollue l'environnement depuis huit jours déjà. Oui mais voilà, sans que l'on ne sache trop pourquoi, Roberto De Zerbi a tenu à parler d'Adrien Rabiot, tendant la main pour une réconciliation. Une sortie, probablement sincère, qui remet en cause une bonne partie de la communication du club.
"J'essaie de tendre la main. Je ne mets jamais de croix sur les personnes. Si je peux aider à résoudre ce problème, je suis prêt à tout", a lancé le coach de l'OM en conférence de presse après le succès, un peu en trompe-l'oeil, face au Paris FC (5-2). Le même confiait pourtant la veille ne pas devoir "se prostituer pour un joueur qui nous fait gagner des matches". Après Pablo Longoria, son Président, et Mehdi Benatia, son directeur sportif, c'était au tour du coach, conférence de presse de veille de match oblige, de prendre la parole. L'occasion était belle de voir si l'Italien était aligné avec l'état-major olympien.
Tout ça pour ça ?
On avait découvert que oui, que le triumvirat était en phase sur cette affaire de "bagarre de bar", dixit De Zerbi, qu'il n'y avait pas de friture sur la ligne. Qu'importe que le joueur s'appelle Rabiot, puisqu'il n'était question que de lui et pas de Jonathan Rowe, le trio avait mis l'Olympique de Marseille au-dessus de tout. Intention louable, surtout au sein d'une entité bousculée par des changements incessants depuis que Longoria est au pouvoir. Tout ceci avait du sens, au moins celui de la cohérence. Si elle n'a pas volé en éclats samedi soir avec la déclaration de De Zerbi, celle-ci est a minima un peu moins nette.
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Adrien Rabiot e Roberto De Zerbi
Crédit: Getty Images
"Tout ça pour ça ?", pourrait-on se demander. A en croire différentes sources, dont L'Équipe, l'entraîneur italien n'avait pas sondé ses dirigeants avant sa conférence de presse. C'est donc en son nom qu'il a parlé et on se demande désormais ce que cet aveu pourrait avoir comme conséquences. A court terme, Rabiot, avec tout ce qu'il s'est dit du côté de l'OM, et plus encore du côté de la mère du joueur, peut-il vraiment redevenir un joueur marseillais, sans arrière-pensées de quelque manière que ce soit ? Les indiscrétions le disent peiné par l'ampleur prise par l'affaire mais sera-ce suffisant ?
Un désaccord entre De Zerbi, Longoria et Benatia ?
A moyen terme, Roberto De Zerbi n'a-t-il pas un peu rendu sa position plus inconfortable encore en prenant le contre-pied d'une communication, si ce n'est compréhensible à 100%, au moins alignée ? La question de ce dimanche matin est la suivante : comment ont réagi Pablo Longoria et Mehdi Benatia à la sortie de leur entraîneur ? De deux choses l'une, soit ils suivent "RDZ" et tendent la main à Rabiot avec les risques que cela comporte, soit ils campent sur leur position et alors, il y aurait un désaccord, peut-être minime mais existant, dans le triumvirat. Une sorte de grain de sable dont on mesurera peut-être un jour les conséquences désastreuses.
Dans cette histoire, et depuis samedi soir, il y a forcément au moins une personne, si ce n'est plus, qui a parlé trop vite et/ou trop fort. Peut-être est-ce Roberto De Zerbi, poussé par l'affection qu'il porte à Adrien Rabiot, l'homme. Peut-être est-ce aussi Pablo Longoria et Mehdi Benatia. Peut-être, enfin, est-ce Véronique Rabiot, celle qui est allée le plus loin dans les mots et qui, selon l'OM, a pourri l'affaire. Peut-être enfin est-ce un peu tout le monde, ce qui pourrait équivaloir à une égalité parfaite mais qui laissera forcément des traces même dans le cas très improbable où l'ancien Parisien devait être absout.
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