Mercato | Ce que le transfert de Robinio Vaz à l'AS Rome dit de la réalité de l'Olympique de Marseille
Par Julien Pereira
Mis à jour 13/01/2026 à 17:00 GMT+1
À Marseille, il a suffi d'une goutte d'eau pour bordurer Robinio Vaz. Jeune, prometteur, intéressant lors de plusieurs entrées en jeu, l'attaquant devrait être transféré à Rome après l'échec des négociations autour d'une prolongation de contrat. Il n'y avait pourtant pas le feu autour de son cas mais à l'OM, la réalité économique et l'impulsivité des dirigeants sont parfois déroutantes.
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À Marseille, on peut être le chouchou puis transféré quelques semaines plus tard. Robinio Vaz, considéré comme l'un des potentiels les plus prometteurs de sa génération, et auteur de plusieurs entrées en jeu qui ont électrisé le Vélodrome en première partie de saison, s'apprête à rejoindre la Roma au cœur de ce mercato hivernal.
Arrivé en 2024, l'attaquant né en région parisienne devait être le symbole d'une politique de formation et de post-formation que l'OM avait, avant cela, abandonnée. Vaz avait été arraché à Sochaux, au moment où le club franc-comtois traversait une crise profonde. En cité phocéenne, la gestion d'un gamin quelque peu dissipé durant son adolescence, parfois insolent, avait été réussie. Son intégration, aussi.
Vaz avait un contrat jusqu'en 2028
"C'est un joueur vraiment fort, disait Roberto De Zerbi à son sujet il y a un an. [...] Les jeunes, s'ils sont forts, je les fais jouer. J'aime bien ça. S'ils ont cette envie et la faim de Robinio... c'est une fierté de mettre des joueurs comme ça sur le terrain." Très remuant lors de la plupart de ses entrées cette saison, un peu moins lorsqu'il a été titularisé, le joueur de 18 ans a peu à peu disparu du paysage olympien : sa dernière (toute) petite apparition remonte au 9 décembre dernier, face à l'Union Saint-Gilloise.
"Si Bakola et Vaz ne jouent pas, c'est qu'ils ne sont pas en forme pour le faire", avait justifié l'entraîneur de l'OM, il y a quelques jours. Pour le technicien, c'était une manière de lier sa mise en retrait à son implication plutôt qu'à sa situation contractuelle. Selon L'Équipe, le club a purement et simplement mis un terme aux négociations, après deux mois de discussions, en raison de grosses divergences concernant la revalorisation salariale.
Il n'y avait pourtant aucune urgence : en avril dernier, le joueur avait déjà prolongé son contrat jusqu'en 2028. Mais dans la coulisse, la direction phocéenne a encore préféré agir comme elle l'a toujours fait ces derniers mois, c'est-à-dire de manière impulsive et radicale. À Marseille, il y a quelque chose de schizophrénique : ces dernières semaines, on a régulièrement entendu Pablo Longoria et Medhi Benatia s'agacer contre la culture de l'instant, sans doute plus prégnante autour de ce club qu'ailleurs.
L'OM toujours sur un fil économiquement
Ce ne sont pourtant ni la presse ni les supporters qui ont fait preuve d'impatience autour du cas Robinio Vaz. Bien au contraire. La direction marseillaise pourra toujours rappeler qu'il réclame à ses jeunes pousses une implication maximale, bien avant des ambitions salariales. Et, pourquoi pas, mettre en avant certains exemples récents, comme Isaac Lihadji ou Bamba Dieng, qui lui ont plutôt donné raison.
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En réalité, ce transfert-là souligne plusieurs réalités olympiennes. La première étant que le club a pris de très gros risques financiers, l'été dernier, pour se pérenniser en Ligue des champions. En première partie de saison, l'OM ne s'est pas placé dans le confort dans lequel il aurait aimé être en vue d'assurer sa place en C1 la saison prochaine. Dégager une vingtaine de millions d'euros* est une solution pour couvrir une partie d'un éventuel accident industriel.
Ce pourrait être, aussi, une manière de dégager quelques fonds pour tenter recruter un joueur créatif, au milieu, puisque c'est ce dont manque l'effectif marseillais. Ou, mieux encore, un élément capable de créer du danger comme le faisait un certain Adrien Rabiot. Un autre joueur qui, lui aussi, avait subi l'impétuosité de ses dirigeants.
*L'enveloppe totale, bonus compris, pourrait atteindre 25 millions d'euros mais 15% seront reversés à Sochaux.
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