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"Plus de force vive"
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Publié 15/05/2010 à 19:17 GMT+2
Pascal Janin décrypte le chemin de croix de Strasbourg, relégué en National. Le technicien nous décrit un club miné par l'instabilité, l'absence de ressources (financières, techniques, morales). Retour sur un marasme aussi inattendu que prévisible.
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. "Une présidence trop instable"
Léonard Specht, Philippe Ginestet, Julien Fournier, Luc Dayan et Jean-Claude Plessis. Cinq présidents en dix mois. Pas besoin de faire un dessin pour établir clairement la raison première de la descente aux enfers de Strasbourg. "Cette saison était fatigante avec les changements à la tête du club. Nous n'avons pas aimé les différents épisodes entre les actionnaires et les repreneurs potentiels. Sur la fin de saison, lorsqu'il a fallu évoquer l'avenir de chacun, l'instabilité de la présidence nous a clairement desservis." Pascal Janin a dû se débrouiller seul en l'absence d'un pouvoir fort et indiscutable. "Quand j'avais besoin de sanctionner certains joueurs, je ne pouvais pas car je n'avais pas une direction clairement en place. Le groupe ne pouvait pas fonctionner ainsi."
. "Un manque de talent évident"
Sur le terrain, les joueurs n'ont pas été à la hauteur. Mais pouvaient-ils l'être dans un club structurellement déficitaire ? "Notre club est endetté. Pour combler les trous financiers, il fallait vendre nos meilleurs joueurs. De fait, on a dû faire face à un manque criant de talent. On a clairement buté sur nos limites techniques." Le principal secteur défaillant du collectif alsacien : l'attaque. "Mon seul regret est de ne pas avoir pu modifier l'équipe pendant le mercato parce qu'on s'est retrouvé interdit de recrutement. On n'a pas pu renforcer l'équipe en attaque. On se reposait uniquement sur Nicolas Fauvergue et quand il s'est blessé, on a dû affronter la réalité." Simon Zenke, David Ledy ou Brahima Farez n'ont jamais réussi à faire oublier l'ancien Lillois.
. "Des joueurs n'ont pas joué le jeu"
Comme souvent quand un club plonge dans l'abîme, certains se désolidarisent du projet commun. Strasbourg n'a pas échappé à la règle. Pascal Janin n'oublie pas de placer certains de ses hommes devant leurs responsabilités et place une attaque en règle : "Quelques garçons n'ont pas joué le jeu et n'ont pas observé une vie privée qui correspond aux exigences du monde professionnel."
. "Un club sans force vive"
Selon Janin, le club "accumule des erreurs depuis plusieurs saisons." "On presse le fruit depuis pas mal de temps, à force, il n'y a plus de force vive dans ce club." De quoi franchement s'inquiéter pour la suite. "Il va falloir repartir à zéro, tout reconstruire", a clarifié le président Jean-Claude Plessis vendredi. La première descente en National du RCS - il n'était jamais tombé si bas depuis l'avènement du professionnalisme - s'accompagne d'un énorme point d'interrogation sur le futur. "Aujourd'hui, je suis inquiet pour le club. Il va y avoir beaucoup de remous. J'espère simplement que l'on est au bout du chemin et qu'un nouveau cycle débutera." La balle est dans le camp du propriétaire Alain Fontenla, à qui ce dossier aura coûté plusieurs millions d'euros en quelques mois.
. "Prêt à repartir si..."
Celui qui a succédé au bout d'un mois seulement à Gilbert Gress est forcément "sous le choc". Rempiler pour une année supplémentaire ? Difficile à savoir à chaud. Ce qui est certain, c'est que le technicien posera ses conditions. "Je repartirai si le projet est cohérent. Pas question de repartir sur quelque chose de bancal comme cette année. Après, entrainer, c'est mon métier et j'aime ça."
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