A 38 ans, Benjamin Nivet va retrouver la Ligue 1 avec Troyes la saison prochaine. Le milieu de terrain l’avait quitté en 2012 avec Caen, juste avant l’arrivée de Zlatan Ibrahimovic and co. L’élite a bien changé depuis, mais le Troyen reste le même, toujours aussi heureux de sa tranquillité et fier de sa carrière qui l’aura vu disputer presque autant de matches de Ligue 1 (214) que de Ligue 2 (252).

Benjamin Nivet a l’image de ces footballeurs qui ne font pas de frasques en dehors des terrains et qui vivent leur passion comme un véritable métier en tentant d’en tirer les meilleurs côtés. Et il n’a pas fini. Le natif de Chartres vient de prolonger une saison avec l’ESTAC. Rencontre avec un joueur d’une autre génération.

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Comment être un footballeur "normal" quand on ne parle que des grandes stars ?

Benjamin Nivet : Je ne regarde aucun joueur comme une star. Ce sont des joueurs de football, comme moi, avec une plus grande qualité pour certains. Mon tempérament, mon caractère ont fait ma carrière. Je ne suis pas le seul dans ce cas-là, à aimer la tranquillité. Je suis content de la manière dont j’ai mené ma carrière et ma vie. C’est le terrain qui me guide et qui continue à le faire, c’est pour ça que je continue à jouer encore.

Est-ce que la Ligue 1 que vous avez quitté est différente de celle que vous allez retrouver avec Troyes la saison prochaine ?

B.N : Bien entendu. Depuis mon passage à Caen (2007-2012), le PSG a évolué. De grands joueurs sont arrivés. Mais pour le reste, c’est toujours la même chose. Les mêmes équipes se battent pour le titre et les mêmes pour la descente. Mis à part, une ou deux surprises chaque année, c’est toujours la même chose. Après, il y a une différence de stades. Avec l’Euro, on va évoluer dans de superbes enceintes. Ça donne encore plus envie d’y être.

Benjamin Nivet (Troyes) - 28/04/2015

Crédit: AFP

Alors que des joueurs aiment exhiber leur richesse, vous, on a le sentiment que vous aimez vous faire un peu plus petit…

B.N : Je ne peux pas parler pour les autres joueurs. On ne gagne pas les mêmes sommes non plus. Peut-être que si j’avais plus d’argent je me ferais plus plaisir, c’est normal que les joueurs se lâchent un peu. Mais j’ai plus de 10 ans de carrière derrière moi et je sais faire attention. J’investis dans l’immobilier, j’épargne. C’est un milieu où il faut se méfier et penser très vite à l’après carrière. Maintenant, je ne dis pas que si j’avais pu aller dans un plus grand club je ne l’aurais pas fait.

Maxwell Thiago Nivet PSG Troyes

Crédit: Panoramic

Vous comprenez les joueurs qui partent dans des destinations exotiques pour l’argent ?

B.N : Il y a des offres qui ne peuvent pas se refuser. C’est normal de penser mettre à l’abri ses proches. Moi je n’ai jamais eu de propositions comme ça. J’ai toujours privilégié le sportif. Après j’ai un style de jeu particulier. Je ne suis pas puissant, pas physique donc du coup il faut trouver l’entraîneur dont le système peut s’adapter à toi. Je l’ai à Troyes, j’en suis le plus heureux. Mais c’est peut-être pour ça que je n’ai pas pu jouer dans un plus grand club.

La vie dans un grand club, avec la pression, les enjeux, la médiatisation, ça vous aurait plu ?

B.N : Difficile à dire… je n’y ai pas goûté. J’aurais aimé évoluer à Barcelone mais avec le train de vie que j’ai à Troyes actuellement. C’est-à-dire pouvoir rentrer chez moi et « couper » avec le football. Quand je sors dans la rue, on me parle du football, mais ce n’est pas comparable avec ce que peuvent vivre des joueurs comme Lionel Messi ou Cristiano Ronaldo. Ils doivent avoir une vie de famille hyper protégée, très encadrée. Ils doivent être énormément aidés dans leur vie de tous les jours. Après ils vivent de telles émotions sur le terrain… Mais ma petite vie tranquille me plait.

Troyes Nivet Gope Coupe de la Ligue 2013/2014

Crédit: AFP

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