26 mai 2004. Gelsenkirchen. Les yeux rougis par la déception, Patrice Evra frôle la Ligue des Champions. Sur l'estrade, il va chercher sa médaille et prend soin de détourner le regard au moment de croiser la coupe. Porto a balayé Monaco en finale (3-0). Patrice Evra aura du mal à se remettre de l'épopée monégasque. L'année suivante, il traîne sa misère sur les pelouses de Ligue 1 et ronge son frein. Le départ de Didier Deschamps, les mauvais résultats de Monaco et l'émergence d'Abidal à Lyon le font peu à peu tomber dans l'oubli. En Ligue 1 comme en équipe de France.
Janvier 2006. Patrice Evra débarque à Manchester United alors que sa carrière bat de l'aile. Un transfert qui va agir comme un révélateur. En mai, son ancien coéquipier Ludovic Giuly, parti à Barcelone, prend sa revanche sur le destin et agrippe à deux mains les grandes oreilles de la plus prestigieuse des compétitions européennes. De quoi motiver un peu plus Evra. D'abord cantonné au rôle de doublure de Mikaël Silvestre et de Gabriel Heinze, il s'adapte rapidement aux joutes rugueuses de la Premier League. Dès lors, il n'a qu'une obsession : remporter la C1. "Lors de ma première interview à Manchester, j'ai tout de suite mis les choses au clair. J'ai déclaré que je n'étais pas venu ici pour jouer la Ligue des Champions ni même aller en finale mais bien pour gagner la C1", déclarait-il ainsi dans Téléfoot.
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Exorciser ses vieux démons
Mercredi soir, il aura l'occasion de prendre sa revanche et d'apaiser la déconvenue de 2004. "C'est ma seconde finale et j'ai besoin de gagner ce match. La défaite avec Monaco est tous les jours dans mon esprit", précise-t-il sur le site officiel de Man U. Désormais titulaire indiscutable chez les doubles champions d'Angleterre, il a une part importante dans l'excellente saison des Red Devils. Et le Français affiche une confiance débordante. Le titre, la C1 et l'Euro. Ses prestations sous la tunique de Manchester lui donnent des ailes, Evra veut tout dévorer en rouge et en bleu : "Ca se passe mieux qu'auparavant. J'ai fait de bons matchs avec les Bleus. Je suis confiant pour l'Euro ", confiait-il à Téléfoot. Et c'est au tour d'Abidal, auteur de prestations bancales avec le Barça, de souffrir de l'exposition d'Evra. Si Raymond Domenech n'a jamais mis la place d'arrière gauche en balance, la saison écoulée pourrait lui faire revoir son jugement.
Mais, ce mercredi, Evra ne jouera pas qu'une revanche personnelle sur le passé. Il sait à qui il doit son retour en grâce et il compte bien offrir au manager écossais des Red Devils le sacre ultime sur le Vieux Continent. "Je veux gagner pour Alex Ferguson. C'est juste sa seconde finale en Ligue des champions mais je pense qu'un manager de sa trempe mérite d'en gagner plus d'une. C'est pourquoi j'espère que tout le monde lui rapportera ce cadeau, par respect pour tout ce qu'il a fait pour Manchester United." Patrice Evra n'est donc pas du genre à avoir la mémoire courte. A Moscou, c'est Ferguson qu'il voudra honorer et Gelsenkirchen qu'il voudra exorciser. Comme un rapide résumé d'une carrière relancée.
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