Dans sa longue et prestigieuse histoire, le Real Madrid a tout connu. Des périodes fastes, exceptionnelles, mais également de disette. Six fois vainqueur de la Coupe d'Europe des Clubs Champions lors des onze premières éditions de la compétition reine du football européen, le club espagnol avait attendu trente-deux ans avant de soulever une nouvelle fois le trophée aux grandes oreilles. 1998, 2000 et 2002 avaient vu le grand Real reprendre ses distances au palmarès de la C1 (9 victoires) et retrouver sa place au sommet du football continental. Sept ans après le triomphe de Glasgow et la volée inoubliable de Zinédine Zidane, Raul et ses coéquipiers n'ont plus revu la lumière. Pire, ils sont en passe d'échouer en huitièmes de finale de la Ligue des Champions pour la cinquième fois de suite.

Comment pourrait-il en être autrement alors que les Merengue ont été surpris sur leur pelouse, il y a deux semaines, par un coup de tête de Benayoun (0-1) ? Avant d'aller défier Liverpool sur ses terres, la situation est d'ores et déjà compromise. D'autant plus lorsque l'on sait qu'aucun visiteur n'a gagné en marquant deux buts à Anfield en Ligue des Champions depuis mars 2006 (Benfica). Même si un petit pion et la loterie des tirs au but pourraient suffire, le tableau n'est pas idyllique avant les retrouvailles avec les Reds. A Madrid cependant, personne n'est résigné.

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Liverpool crucifie le Real
26/02/2009 À 07:00

"Pas meilleur que nous mais solide"

La situation a quelque chose à avoir avec un 8e de finale perdu en 2005/2006 face à Arsenal. Les Gunners l'avaient emporté 1-0 à Santiago-Bernabeu grâce à Thierry Henry et avaient réussi à tenir le choc au retour (0-0). Fort de cette expérience malheureuse, le Real Madrid fera en sorte que l'histoire ne bégaye pas. Comment ? Fabio Cannavaro a son idée. "Liverpool n'a pas fait grand chose à l'aller. Ils ont joué long en direction de Kuyt. A nous d'être patients. Mais si nous marquons tôt, nous obligerons Liverpool à jouer. Et ce sera à nous d'en profiter." Plus facile à dire qu'à faire. Même si, selon le Ballon d'Or 2006, "Liverpool n'est pas meilleur que nous (...) mais c'est un groupe solide, qui sait à la perfection comment jouer. Ils sont ensemble depuis six ans pour l'essentiel du groupe."

Ce soir, Madrid n'aura pas six ans mais juste quatre-vingt-dix minutes pour sauver une saison qui pourrait bien être vierge de titre en cas d'échec. Repoussée à six longueurs du FC Barcelone depuis ce week-end et le nul concédé face à l'Atletico Madrid (1-1), la Maison Blanche n'a plus d'alternative pour garnir son immense palmarès en 2008/2009. Il va falloir aller au charbon et, pourquoi pas, s'inspirer de ce qui se passe en face. Comme Cannavaro, Pepe a été impressionné par la puissance collective des Anglais à l'aller. Pour renverser la vapeur, le Real Madrid devra se montrer à la hauteur. Et tenter d'imiter les Reds. "Ce qui me préoccupe avant le retour, c'est la force collective de Liverpool, analyse Pepe. Tous travaillent énormément et savent quoi faire sur le terrain. A l'aller, l'absence de Gerrard ne leur avait pas été préjudiciable..."

L'analyse est juste. Et lucide. Mais arrive comme un cheveu sur la soupe et sans doute trop tardivement alors que la philosophie madrilène est globalement à des années-lumière de celle inculquée par Rafael Benitez à Liverpool depuis son arrivée en 2004. Le Real Madrid est avant tout une somme d'individualités désormais reliée par Lassana Diarra. Mais l'ancien milieu de terrain de Portsmouth, aussi talentueux et actif soit-il, ne peut tout faire. Quant à changer la philosophie globale du Real, il est sans doute un peu tard.

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