Hamsik, la glace du Napoli

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D'un caractère réservé, Marek Hamsik est devenu une véritable idole dans le contexte bouillant et fanatique du Napoli. A 24 ans, le capitaine de la sélection slovaque sera le cerveau d'un Napoli qui, après sa victoire à l'aller (3-1), peut signer un grand coup en éliminant Chelsea. Rencontre.

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Crédit: Eurosport

Entre Marek Hamsik et le Napoli, c'est ce qu'on appelle un mariage des contraires. Celui du volcan napolitain et de la froideur slovaque. Car méfiez-vous des apparences: malgré ses coupes de cheveux excentriques et ses nombreux tatouages, l'enfant de Bratislava est du genre timide. Son incapacité à tenir le regard de son interlocuteur en témoigne. Sa voix posée, le plus souvent à la limite de l'inaudible, confirme l'impression. "De la politesse due à son éducation " selon son président. Comme un certain Zinedine Zidane, son "modèle", il réserve ses coups d'éclats et de folie aux pelouses d'Italie et d'Europe. Pour le plus grand bonheur d'une ville qui ne touche plus terre depuis la délicieuse victoire face à Chelsea en 8e de finale aller de la Ligue des champions (3-1), il y a trois semaines.
Lors de la bataille retour à Stamford Bridge mercredi, il portera encore les espoirs d'une région, la Campanie, qui vit son équipe comme un exutoire. Encore en Serie C en 2006, ces ragazzi sont une revanche sur la crise, le chômage, et l'arrogance des villes industrielles du Nord. Un pied de nez à ceux qui la résument à ses amoncellements de déchets et autres  affaires mafieuses. Le Napoli, c'est bien plus que du football. Hamsik n'a pas tardé à son rendre compte. " C'est vraiment différent de Bratislava", euphémise ainsi dans un sourire celui qui à 22 ans portait déjà le brassard de la sélection slovaque lors du dernier Mondial. "Les Slovaques ne sont pas aussi expansifs, démonstratifs, excités que les Napolitains. Naples est une ville vraiment spéciale. Toute la cité est derrière le club. Des enfants aux grands-parents, tout le monde aime le football et supporte l'équipe. Cela nous donne  vraiment  une énergie folle."
"Les gens hurlent quand ils me voient"
Mais la vie napolitaine peut peser au quotidien. Outre les car-jacking qui touchent souvent l'effectif azzuri - la femme d'Hamsik et Cavani en ont été récemment victime - l'engouement des tifosis est parfois pesant. "On ne peut pas sortir librement, regrette-t-il.  Les gens hurlent quand ils me voient, veulent me prendre en photo. En Slovaquie je peux faire ce que j'ai envie de faire". Ses retours au pays, Hamsik les vit comme des bouffées d'oxygène entre deux plongées dans le chaudron sudiste. Indispensable "pour son équilibre", confirme-t-il.
Preuve qu'il y a pris goût, cet engouement excessif ne suffit pas à lui donner des envies d'ailleurs. En fin de semaine dernière, il a prolongé son contrat jusqu'en juin 2016. Malgré les intérêts connus de City, du PSG et de Chelsea. Arrivé très jeune en Italie, à Brescia, à seulement 17 ans, il a franchi un à un les échelons dans un club alors tout juste promu en Serie A (2007). Cinq ans plus tard, son but reste de continuer à grandir dans le sillage de son club. Une fidélité rare dans le football moderne, qui lui a valu les louanges d'un président De Laurentis, pas peu fier de son coup. "Mon rêve est de gagner un trophée avec le Napoli", a expliqué le numéro 17 dans la foulée de sa prolongation.
Naples est plus efficace de puis qu'il est dans l'axe
Placé plus bas dans l'entrejeu  par Walter Mazzarri, ces dernières semaines, Hamsik n'en finit plus de régaler Cavani et Lavezzi en caviars. Depuis son repositionnement, le Napoli  reste sur une série impressionnante de six succès de rang. Car ce rôle lui va comme un gant, tant son influence s'élargit lorsqu'il touche un maximum de ballons. "Ce que j'aime, c'est être derrière les attaquants et leur permettre de marquer des buts", confirme ce milieu de terrain axial de formation, qui se sentait trop souvent isolé sur le coté gauche de l'attaque. Face aux Blues, la triplette Lavezzi-Cavani-Hamsik, peut-être la plus complémentaire en Europe,  a une nouvelle occasion en or de marquer les esprits. Hamsik prévient: Chelsea paierait très cher le fait de se jeter à l'abordage. "Obligé de marquer, Chelsea va nous laisser beaucoup d'espace, en salive-t-il d'avance. C'est une situation parfaite pour nous car nous aimons beaucoup évoluer en contre-attaque et nous savons que des joueurs comme Cavani ou Lavezzi  (Ils ont signé 10 des 11 derniers buts du Napoli) font très mal dans ce genre de situation."
Au sommet de son art, Hamsik peut donner une nouvelle dimension à sa carrière en menant son club dans le Top 8 européen pour la première fois de son histoire. Vainqueur de la Coupe de l'UEFA 1989, Naples n'a plus fréquenté les l'élite européenne depuis les années Maradona. Une qualification face à Chelsea ferait monter d'un cran la fièvre qui règne aux abords du Vésuve. Le contraste avec Bratislava n'a pas fini d'inspirer les aller-retours du Slovaque.
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