1. PSG-REAL MADRID
Date: 18 mars 1993
Coupe de l'UEFA
Quart de finale retour
Score: 4-1

Le contexte: C'est la première expérience européenne du PSG nouvelle version, celui de Canal Plus. S'il n'avait pas les moyens exorbitants de QSI aujourd'hui, le nouvel actionnaire du club de la capitale, arrivé à l'été 1991, a tout de même fait entrer le PSG dans une autre dimension. Après un premier tour tranquille face au PAOK Salonique, Paris a sorti Naples et Anderlecht, deux noms ronflants mais déjà sur le déclin, surtout en ce qui concerne le Napoli. En quarts de finale de cette Coupe UEFA, le Real Madrid se met sur la route des joueurs d'Artur Jorge. Plus prestigieux, c'est compliqué. Le géant castillan traverse une période un peu délicate, il est dans l'ombre du Barça de Cruyff. Mais le Real reste le Real et, à l'aller, Paris parait bien naïf à Bernabeu. Comme un petit garçon devant un adulte. Résultat, le Real s'impose 3-1 et prend une sérieuse option sur la qualification.

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10/12/2014 À 20:20

Le match: Inoubliable. Qualitativement, émotionnellement, il n'a que très peu d'égal dans l'histoire du football français en Coupe d'Europe. C'est un véritable monument. Le Parc, beaucoup trop petit, est plus bruyant que jamais. C'est un volcan prêt à entrer en éruption. L'atmosphère est spéciale, on le sent bien. Sans être certain de l'issue, la soirée fleure bon le grand match. Les Parisiens ont un sentiment d'injustice après le match aller. Le score ne reflète pas le rapport de forces entre les deux équipes, estiment-ils. Ils vont se donner raison. Cette seconde manche, ils la survolent.

Le Real est bousculé, dominé, étouffé. Il cède une première fois sur corner, lorsque George Weah s'élève au-dessus de la mêlée pour placer une tête imparable. 1-0 à la pause. La moitié du chemin est faite. Le Real est à l'agonie en seconde période et c'est un miracle s'il s'accroche encore à son maigre avantage à l'entrée du dernier quart d'heure. Puis, à 10 minutes de la fin, David Gionola inscrit un but somptueux au terme d'une séquence collective qui ne l'est pas moins. Sa demi-volée du droit, pure et violente, ne laisse aucune chance à Paco Buyo. Dans la presse espagnole, le lendemain, Ginola deviendra "El Magnifico".  France-Bulgarie est encore loin…

A cet instant, le PSG est qualifié et quand Valdo, après avoir mystifié le pauvre Ricardo Rocha d'une géniale feinte de frappe, ajoute un troisième but, le Parc plonge dans un délire euphorique. 3-0. Après une telle victoire, le match est assuré d'entrer dans l'histoire du club. Mais les minutes qui vont suivre vont permettre au PSG d'écrire une page de légende de football français. Sandor Puhl, l'arbitre hongrois, se sent tellement bien qu'il fait durer le plaisir. Coup franc pour le Real. Trois minutes d'arrêts de jeu, déjà. Une déviation de la tête pour Ivan Zamorano, "l'hélicoptère", se jette comme une mort de faim au ras du sol pour battre Lama. Silence sur le Parc. L'exploit se meut en frustration. Il va falloir se farcir une prolongation. Reste, quand même, un dernier coup franc. Michel Platini, au micro sur Canal, a tout compris avant tout le monde. Comme quand il était sur le terrain. Il annonce le quatrième but. "Ça ne peut pas se passer autrement. Je ne peux pas l'expliquer, mais je le ressens", expliquera-t-il plus tard. Effectivement, ça se passe comme ça. Valdo dépose le ballon sur la tête d'Antoine Kombouaré. La dernière pierre, la plus belle, sur le monument. 

Le héros: Antoine Kombouaré. Un héros d'autant plus beau qu'il est improbable. Encore que. C'est lui, déjà, qui avait propulsé le PSG en quarts de finale en arrachant l'égalisation salvatrice au Parc Astrid face à Anderlecht. Mais l'ancien Nantais n'a dû sa titularisation lors de la seconde manche contre le Real qu'à la suspension d'Alain Roche, expulsé. Son coup de tête décisif au bout du bout du temps additionnel face aux Merengue l'a fait entrer définitivement dans la légende du Paris Saint-Germain. Un joli symbole, car le Kanak était un des derniers représentants de l'ère Borelli, un des rares à ne pas avoir été poussé dehors par l'arrivée de Canal. Plus titulaire, certes, mais précieux, souvent. Et inoubliable, ce 18 mars 1993…