Voilà maintenant douze ans que les Merengue attendaient cela. Samedi, ils ont rendez-vous avec l'histoire et, peut-être, avec leur tant espérée Decima. Mais pour cela, il faudra qu'ils viennent à bout de leur plus intime rival : l'Atlético Madrid. Un ennemi sacré champion d'Espagne le week-end dernier, et qui reste sur une performance très convaincante face au Real (2-2), début avril.
Depuis, au-delà du classement de la Liga, beaucoup de choses ont changé : le Real Madrid a vécu des passages compliqués mais a toujours répondu présent dans les grands rendez-vous, le Bayern et le Barça étant là pour en témoigner. De son côté, l'Atlético a su maintenir un très haut niveau de performance suite à ce match qui, avec le recul, s'est révélé être un moment-charnière de sa saison. Peut-être le match à l'issue duquel il a pris conscience qu'il pourrait rivaliser jusqu'au bout avec les deux mastodontes de son championnat. 
De cette dernière confrontation, Carlo Ancelotti a sans doute lui aussi tiré des enseignements en vue de la finale à venir. Par rapport au Barça, incapable de battre l'Atlético par trois fois sur les deux derniers mois, le "Mister" a un gros avantage : son équipe-type peut jouer dans deux schémas tactiques, et ce sans avoir à faire le moindre remplacement. Pour arriver jusqu'en finale, le Real Madrid a en effet su user intelligemment de deux options : le 4-4-2 et le 4-1-4-1.
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23/05/2014 À 19:10

Di Maria, le joueur-clé

La première est bâtie pour le contre et a notamment permis au Real d'écraser le Bayern Munich en demi-finale. La seconde s'appuie sur un surnombre dans l'entrejeu, afin de prendre possession du ballon et de "faire" le jeu. Proche d'un départ en tout début de saison, Di Maria est le joueur-clé d'Ancelotti sur le plan tactique. L'Argentin est l'homme qui permet au collectif de basculer d'un schéma à l'autre, alternant entre le poste de milieu gauche et celui de relayeur dans le milieu à trois, aux côtés de Modric et Xabi Alonso. 
C'est d'ailleurs dans ce second rôle que Di Maria a affronté l'Atlético pour la dernière fois. Début avril, les Madrilènes avaient abordé leur quatrième derby de la saison avec le 4-1-4-1. Très vite devant au tableau d'affichage, ils avaient ensuite subi un véritable calvaire au milieu de terrain, avant de finalement arracher le nul grâce à de bons ajustements en deuxième mi-temps (2-2 au final). Il faut dire que l'Atlético sait ce qu'il fait quand il s'agit de mettre la pression sur un 4-1-4-1. Le Barça est bien placé pour le confirmer. 

Déjouer le pressing de l'Atlético

Face à un tel système, le schéma de Simeone est simple : les deux attaquants et les quatre milieux de terrain se positionnent afin de bloquer la relance et d'encadrer les trois milieux adverses. Face au Real, Simeone s'était servi de ses excentrés (Arda Turan, Koke) pour mettre la pression sur Modric et Di Maria, laissant à Gabi et Mario Suarez le soin de coulisser sur les côtés pour enfermer Ronaldo et Bale. Devant, Raul Garcia et Diego Costa évoluaient dans la zone de Xabi Alonso. Résultat, des milieux madrilènes étouffés et qui n'avaient eu que le jeu long ou côté opposé pour se défaire du pressing adverse. Une circulation de balle lente, qui permettait ensuite à l'Atlético de se replacer pour défendre dans sa moitié de terrain. 
Le Real Madrid avait eu besoin de plus d'une mi-temps pour trouver des solutions face à cette organisation. Les entrées de Marcelo et Carvajal, plus entreprenants offensivement, avaient permis de varier le jeu dans les couloirs. Mais c'est surtout le rendement de Luka Modric, beaucoup plus mobile après la pause, qui avait fait la différence. En s'intercalant entre les attaquants et les milieux adverses, le Croate avait fluidifié le jeu des Merengue, facilitant les services à destination de Ronaldo ou Bale sur les côtés. Samedi soir, son rendement sera capital, d'autant plus que Xabi Alonso sera suspendu.
Les solutions ne devront surtout pas manquer autour de Modric, sous peine de voir ce dernier se retrouver rapidement sous la pression des milieux adverses. Avec le ballon, le Real Madrid devra ainsi trouver l'équilibre entre la nécessité de ressortir "proprement" les ballons afin de sortir de la zone-press de l'Atlético et la capacité à rapidement enchaîner dans le camp adverse afin de mettre la défense en difficulté. Dit autrement, il s'agira d'être assez nombreux dans l'entrejeu pour sortir les ballons des zones dangereuses... sans perdre trop de solutions offensives pour ne pas se retrouver face à un bloc de l'Atléico en place dans son camp et donc difficile à manœuvrer. 

Equilibre entre possession et attaque

Si trouver ce juste milieu sera certainement la priorité du Real Madrid samedi soir, il ne devra évidemment pas oublier de défendre. Mais à ce niveau, les choix de Carlo Ancelotti dans l'entrejeu seront encore une fois primordiaux. L'Atlético a fait son chemin en Ligue des champions en s'appuyant notamment sur l'impact de sa ligne d'attaque : schématiquement, les Colchoneros ciblent une zone dans laquelle relancer et y envoient attaquants et milieux de terrain mettre la pression pour récupérer le premier ou le deuxième ballon. Derrière, la maîtrise technique de Arda, Koke et Gabi permet la conservation de la balle en attendant les brèches exploitées par les attaquants. 
L'organisation des Madrilènes dans l'entrejeu sera ici très importante. Si Ancelotti fait le choix du 4-4-2, les Merengue devront compter sur le repli de leurs attaquants pour gêner la circulation de balle des Colchoneros dans l'entrejeu. Une option qui ouvrirait sans doute la porte à un Real Madrid dangereux en contre-attaque. L'autre option, avec un homme en plus dans l'entrejeu, permettrait de prendre les milieux de l'Atlético à leur propre jeu en les mettant à leur tour sous une forte pression dans l'axe. 
Bref, Carlo Ancelotti va s'avancer samedi soir avec deux "collectifs" dans une seule et même équipe. Son 4-1-4-1 devrait lui permettre de mettre la pression sur l'Atlético dans l'entrejeu grâce au surnombre. Revers de la médaille, Ronaldo, Bale et Benzema pourraient se retrouver isolés et trop éloignés les uns des autres pour poser des problèmes à la défense des Rojiblancos. A l'inverse avec le 4-4-2, le Real Madrid ne manquerait pas de solutions pour mettre l'arrière-garde de Simeone à découvert... mais la bataille du milieu de terrain pourrait alors tourner à la faveur d'un Atlético, plus énergique et rôdé à l'exercice depuis le début de la saison. Evidemment, rien ne sera figé et il ne serait pas surprenant de voir Ancelotti jongler avec ces deux options au fil de l'évolution de la partie.
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