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Avant Legia Varsovie - Real Madrid : Zinedine Zidane a beau gagner, il est toujours contesté
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Publié 02/11/2016 à 00:14 GMT+1
LIGUE DES CHAMPIONS - Mais que vaut Zinedine Zidane comme entraîneur ? Dix mois après sa prise de fonction, novice à ce niveau, malgré une remontada en Liga, une victoire au Clásico et une onzième Ligue des Champions dans l’armoire à trophées du Real Madrid, le Marseillais n’est pas encore perçu comme un Mister à part entière. Le double Z a des résultats mais convainc finalement peu.
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Il n’y a pas loin du Capitole à la roche tarpéienne. Malgré les propos élogieux tenus par Florentino Pérez devant les socios madridistas la semaine dernière, l’état de grâce de Zinedine Zidane semble bel et bien terminé. Son statut d’idole s’est dissipé et il ne peut même pas bénéficier d’une saison de répit. Des rumeurs font déjà état de voix discordantes dans le vestiaire merengue. Les mêmes qui se plaignaient des entraînements trop tactiques de Rafael Benitez et demandaient un "motivateur" ? Cela fera peut-être bondir les supporters du Barça, mais le Real Madrid est le club où la pression est la plus forte au monde. C’est sans commune mesure avec tous les grands d’Europe. Des polémiques pour tout et souvent pour rien, constamment. C’est déjà épuisant pour les supporters et les journalistes, alors imaginez un peu pour les joueurs… Impossible que ZZ passe entre les gouttes.
Certains attendaient avidement les premiers ratés de la machine merengue. Entre le 21 septembre et le 15 octobre, les doutes sur son travail se sont accentués. Quatre matches nuls consécutifs (Villarreal, Las Palmas, Borussia Dortmund, Éibar), ça commençait à faire beaucoup. En Liga, face à des équipes cohérentes, le Real Madrid a pioché. Mais après la trêve internationale, le Real Madrid a remis les gaz avec cinq victoires en autant de matches (Betis, Athletic Bilbao et Alavés en Liga, Cultural Leonesa en Copa del Rey et Legia Varsovie en C1). Les Merengues sont désormais seuls leaders de la Liga. Sans convaincre ? Certes. Mais combien d’équipes le sont à cette époque de la saison ? Des cinq grands championnats européens, seul le Real est toujours invaincu toutes compétitions confondues. A domicile, les Madrilènes ont pris 13 points sur 15 en championnat. Mais avec trois déplacements périlleux en Liga d’ici la trêve hivernale (Atlético, Barça et Valencia), les Merengues sauront où ils en sont. Un enchaînement qui pourrait bien conditionner l’aventure de Zidane à la Casa Blanca.
Une défense en lambeaux… mais qui tient
Au cours des dernières semaines, Keylor Navas, Marcelo, Casemiro, Sergio Ramos, Luka Modric et Pepe ont eu des pépins physiques. L’infirmerie du Real Madrid clignote de partout, c’est le plan de Las Vegas. Si les deux premiers cités sont revenus, les autres sont encore sur le carreau. Difficile de marcher sans colonne vertébrale… Une nouvelle fois, le manque de profondeur du banc madrilène est accablant. La défense est un chantier à ciel ouvert. Entre un Nacho qui dépanne à gauche et dans l’axe, un Raphaël Varane qui accumule les performances très inquiétantes et un Danilo incapable de remplacer Dani Carvajal sans prendre bouillon sur bouillon, Zidane a le choix de l’embarras. Le dernier match sans encaisser de but toutes compétitions confondues remonte à la quatrième journée de Liga, contre l’Espanyol le 18 septembre. Depuis son retour, Navas a toujours encaissé un pion.
Casemiro n’est pas là pour détruire le jeu et récupérer des ballons. Cela se ressent, d’autant que l’absence de Modric réduit la créativité de l’entrejeu, même si Toni Kroos, fraîchement renouvelé à prix d’or, joue à merveille son rôle d’interrupteur, celui grâce à qui tout s’illumine. Zidane a relancé Matteo Kovacic et surtout Isco, plutôt convaincant contre l’Athletic Bilbao et Alavés. Une belle réussite à mettre à son crédit. A grand renfort de déclarations témoignant de son soutien indéfectible, ZZ a conservé la confiance de Cristiano Ronaldo, quelquefois sifflé par son propre public. Auteur d’un triplé contre Alavés, le Portugais doit remettre les pendules à l’heure au Bernabeu : il n’a pas marqué dans son jardin depuis plus de 360 longues minutes et le match de C1 contre le Sporting, le 14 septembre. Cela paraît inconcevable dans un club comme le Real Madrid, mais Zidane fait avec les moyens du bord et il le fait bien, avec une grande part de réussite qui l’accompagne depuis qu’il a été intronisé.
Benzema ou Morata : le difficile choix du roi… et le seul
Avec Ronaldo et Bale intouchables, Zidane a finalement peu de marge de manœuvre pour ajuster son XI de départ. Un poste est actuellement en balance dans son 4-3-3 : celui d’attaquant de pointe. La nouvelle polémica en date concerne l’apport de Karim Benzema en comparaison d’Álvaro Morata. Le canterano est forcément appuyé par une partie de l’opinion et de la presse locale qui rêvent de trouver le successeur de Raúl. C’est un peu vite oublier tout ce qu’a réalisé le Français depuis son arrivée à la Maison Blanche mais son concurrent espagnol est clutch comme disent les mordus de basket. Contre le Celta de Vigo, le Sporting CP et l’Athletic, Morata a donné la victoire dans le money time. Les statistiques sont pour l’instant à l’avantage de l’ex-Juventino.
"Lors de sa deuxième saison en Italie, Morata a été moins régulier mais plus décisif, analyse Nicolas Basse, rédacteur en chef du site Serie A mon amour. Il a toujours été présent dans les gros matches mais plus discret dans des rencontres banales. Avant c’était l’inverse, même s’il sort un match de feu contre le Real en Ligue des Champions. A la Juventus, il a appris à se transcender car pour réussir là-bas, il faut nécessairement être un joueur de caractère, un bourreau de travail en plus d’avoir des capacités hors-norme". Cependant, le Madrilène de naissance s’est souvent éclipsé en deuxième période par le passé et Zidane pourrait ne voir en lui qu’un super sub. " Morata a les qualités pour devenir titulaire et plus il jouera, meilleur sera son rendement, complète Nicolas Basse. Mais physiquement, il a toujours eu tendance à baisser de niveau après l’heure de jeu parce qu’il fait beaucoup d’efforts. Une question reste en suspens : est-ce que ça vaut le coup pour Zidane de mettre Benzema sur le banc et de le faire entrer en deuxième période ? ". La préparation tronquée de Benzema accentue ce décalage, le Français n’étant pas encore au sommet de sa forme. Son match quelconque contre Alavés et le lob de Morata l’ont mis dans une position délicate. Zidane est donc pressé de faire un choix, de préférence en faveur de l’Espagnol.
L’exigence tue la patience
A l’orée de la deuxième partie de la phase aller, c’est le bon moment pour Zidane d’imprimer sa patte pour que le Real devienne "son" Real. Il avait déjà pris ses responsabilités après le derby contre l’Atlético en titularisant Casemiro devant la défense. Ce n’était pas un coup de génie puisque Benitez le faisait avant de se désavouer pour faire plaisir à l’afición, mais le Marseillais a eu le mérite d’imposer ce choix. Au fond, cette décision est représentative de ce qui fait la "marque" du Zidane entraîneur : son goût prononcé pour l’effort et la souffrance. C’est devenu un leitmotiv dans ses conférences de presse. "Zidane aime souffrir et il semble qu’il a assimilé le fait que ce sera ainsi toute la saison, constate Eleonora Giovio dans les colonnes d’El Pais. Plus d’un adversaire a privé le Real du ballon et a pu s’approcher facilement des cages de Navas. Il se peut que le Real ne donne pas une sensation de domination constante mais, pour le moment, cela suffit pour être en tête du championnat. Le jeu peut toujours s’améliorer mais le caractère, tu l’as ou tu ne l’as pas". Ce n’est pas esthétique mais c’est efficace et dans le contexte, avec des joueurs clefs indisponibles, il serait malvenu de critiquer les résultats obtenus par le technicien.
Zidane n’est (pour l’instant) pas un révolutionnaire footballistique et il n’est pas dans un club propice aux expérimentations. Depuis la Quinta del Buitre, le Real Madrid a-t-il réellement marqué le jeu en lui-même ? Après tout, est-ce que Vicente del Bosque était un maître tacticien comme Luis Aragonés ? Pourtant, il ne viendrait à l’esprit de personne ne remettre en cause son travail. Même s’il ne fait pas l’unanimité, tous les voyants sont au vert pour valider le mandat de Zidane. Il n’a pas perdu à Santiago-Bernabeu (17 victoires et 2 nuls en Liga, 5 succès en C1), et n’a subi que deux défaites à l’extérieur en 24 matches (contre l’Atlético en Liga et Wolfsburg en C1), soulevé la Ligue des Champions et la SuperCoupe d’Europe et il a enquillé une série folle de 16 victoires consécutives en Liga, égalant Pep Guardiola le Barça en 2010/2011. Mais visiblement, ce n’est pas suffisant. Au Zidane joueur, on pardonnait tout. Au Zidane entraîneur, on ne passe rien.
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