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Bayern-Real (1-2), l'antisèche : Le Bayern ne s'est pas vraiment raté, mais Madrid n'a rien pardonné
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Publié 26/04/2018 à 00:20 GMT+2
LIGUE DES CHAMPIONS - Le Real Madrid a fait plier le Bayern mercredi à Munich (1-2). Les Munichois n’ont pas vraiment manqué leur match, et en ont même dominé la majeure partie. Au terme de la rencontre, l’écart entre les deux équipes paraît pourtant indiscutable, tant Madrid a su profiter des erreurs bavaroises. Notre antisèche.
Bayern Munich's German forward Thomas Mueller (R) reacts next to Real Madrid's Spanish defender Sergio Ramos during the UEFA Champions League semi-final first-leg football match FC Bayern Munich v Real Madrid CF in Munich in southern Germany on April 25,
Crédit: Getty Images
Le jeu : Les erreurs du Bayern n’ont pas pardonné
Le Real Madrid est décidément un prédateur redoutable. Cette équipe n’est que rarement impressionnante ou spectaculaire, mais elle a une qualité que peu d’autres ont : celle de savoir exploiter au maximum les erreurs de son adversaire. Le Bayern Munich, sa dernière victime, ne dira pas le contraire après cette demi-finale aller. Mis en difficulté en début de match, les Allemands ont d’abord marqué par Kimmich (29e) dans un temps faible, avant de peu à peu prendre l’ascendant sur le match et d’en dominer la majeure partie.
Seulement, bien que dominateur, le Bayern a commis des erreurs fatales. Le Real a su en profiter à merveille. Madrid a d’abord égalisé contre le cours du jeu, lorsque Marcelo a pu placer sa reprise au coeur d’une défense peu mobile sur le coup. Le véritable cadeau est venu en deuxième période, sur la perte de balle de Rafinha laissant champ libre à Marco Asensio, remplaçant toujours décisif.
Au-delà des erreurs défensives, il a manqué au Bayern le réalisme. Au contraire du Real Madrid, froid lors de ses rares opportunités, l’équipe de Jupp Heynckes a beaucoup trop gâché. Ribéry a manqué son contrôle seul au but ; Müller, seul devant la ligne, a été gêné par Lewandowski ; le Polonais, mis sur orbite par Tolisso, a totalement raté son piqué quelques minutes plus tard. Le Bayern a beaucoup tiré, mais n’a cessé de manquer la cible. Le Real, lui, l’a touché de deux balles en plein coeur. Il ne lui en fallait pas plus.
Les joueurs : Ribéry à un détail près, trop facile pour Marcelo
Si le Bayern a dominé, c’est en grande partie grâce à Franck Ribéry. Dans la lignée de ses dernières semaines munichoises, le Français a été intenable sur son côté, et a fait boire la tasse à Carvajal. À un détail près : son raté, seul face au but en première période, aurait pu changer beaucoup de choses. À ses côtés, Lewandowski et Müller n’ont quasiment pas existé. Derrière, le Bayern a parfois pris des risques inutiles, à l’image d’Hummels ou de Rafinha sur le second but madrilène.
Le Real s’est illustré par sa combativité, à l’image de Lucas Vazquez, double passeur et soldat absolument dévoué, propulsé arrière droit après la sortie de Carvajal. De l’autre côté, Marcelo a une nouvelle fois évolué un cran au-dessus des débats. Il le fallait bien, tant Cristiano Ronaldo a été discret. Keylor Navas n’a pas été inoubliable sur le but de Kimmich, mais a élevé le niveau devant Ribéry en deuxième période.
Le facteur X : Coaching forcé, mais coaching gagnant pour Zidane
Difficile de parler de coaching gagnant : Marco Asensio a remplacé au pied levé Isco, blessé, à la reprise. Pourtant, l’entrée de l’Espagnol a été une nouvelle fois décisive. Il est décidément un fabuleux “supersub” : aucun joueur n’a marqué autant de buts que lui en sortant du banc depuis deux saisons. Si le changement a été forcé, difficile d’enlever tout le crédit à Zinédine Zidane. Gareth Bale ou Karim Benzema auraient pu rentrer : ZZ a fait confiance à sa pépite. Puis il a maintenu Vazquez, un de ses hommes forts du soir, sur le terrain, quitte à le faire glisser en défense après la blessure de Carvajal et en l'absence d'un latéral de métier sur le banc. Encore une fois, avec réussite.
La stat : 6
Le Bayern Munich a subi sa sixième défaite consécutive face au Real Madrid en Ligue des Champions. Aucune équipe n’avait réussi une telle série face aux Bavarois, toutes compétitions confondues, depuis 1963. Si vous cherchiez la définition de “bête noire”...
Le tweet désabusé
La décla : Lucas Vazquez (Real Madrid), au micro de BeIN Sports
La question : le Bayern a-t-il vraiment raté son match ?
Il est difficile, à l’issue de la rencontre, d’enfoncer le Bayern. La performance munichoise est des plus paradoxales. Les hommes d’Heynckes ont, sans conteste, dominé une bonne partie du match. Les trente premières minutes mises à part, le Bayern Munich a fait jeu égal avec le Real, paraissant même supérieur par séquences. Simplement, le Real a fini par s’imposer, sans qu’il y ait vraiment discussion. Comme si tout le monde l’avait vu venir.
Le Bayern ne s’est pas manqué dans les grandes largeurs. Munich a dominé au milieu, s’est procuré pléthore d’occasions, a su museler Cristiano Ronaldo. Non, le Bayern s’est finalement raté sur des détails, qui n’en sont plus en demi-finale de Ligue des champions. Un contrôle raté en position idéale, un piqué hors cadre plutôt qu’un intérieur du pied, une passe en retrait mal assurée en position de deux contre deux. Il est assez rare de voir cette équipe aussi peu réaliste, à l’image de Lewandowski et Müller, hors du coup. En face, ni Marcelo ni Asensio n’ont tremblé au moment de conclure.
Il manquait tout de même des cadres à Munich : Neuer, Alaba ou Vidal, notamment. L’équipe de Jupp Heynckes n’a pas non plus été épargnée par le destin, en voyant Robben puis Boateng sortir prématurément. La blessure du Hollandais a sans doute énormément pénalisé les Munichois, forçant Thomas Müller à s’exiler sur un côté où il n’est plus tellement à l’aise. Le Bayern a pourtant fait jeu égal. Mais au coup de sifflet final, sans s’être vraiment troués, les Allemands sont quasiment éliminés. Il faudra, au vu du parcours du Real en C1 cette saison, penser à remettre au goût du jour le fameux adage de Gary Lineker. Le foot est toujours un sport qui se joue à onze contre onze, mais à la fin, c’est le Real Madrid qui gagne. Enfin, pour l’instant.
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