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Juve-Real (0-3), l'antisèche : contre ce Ronaldo-là, les errements ne pardonnent pas

L'antisèche : contre ce Ronaldo-là, les errements ne pardonnent pas

Le 03/04/2018 à 23:50Mis à jour Le 04/04/2018 à 08:37

LIGUE DES CHAMPIONS – Le Real a fait un pas de géant vers les demi-finales en battant la Juve (0-3). Géant, Cristiano Ronaldo l’a été : auteur d’un doublé, dont un but sublime, il a su tirer son épingle des errements défensifs de la Juve. Notre antisèche.

Le jeu : Pas forcément brillant, le Real reste impressionnant

Le Real n’a pas brillé. Après son ouverture du score rapide par Ronaldo, les Madrilènes ont même reculé, au point d’être assez largement dominés. La Juve, menée par un bon Dybala, aurait mérité de marquer au moins une fois en première période. Mais le Real est semble-t-il bien trop fort pour l’Europe, et a fait une nouvelle fois respecter sa loi. Même sans impressionner, le tarif est lourd : 3-0 en faveur des double champions d’Europe.

La Juve, en manque de réussite offensive, a étalé des manques criants derrière. Madrid ne s’est pas privé de les exploiter, faisant une nouvelle fois preuve d’un réalisme impressionnant. Finalement, les champions d’Europe en titre ne se sont pas créé pléthore d’occasions, du moins avant la fin de match où la Juve était résignée. Mais Ronaldo s’est chargé de l’addition, avec deux buts et une passe décisive. Comme souvent au printemps. Résultat : l’équipe de Zidane est quasiment en demi-finales, et le triplé devient de plus en plus crédible.

Les joueurs : Et Ronaldo s’est envolé…

Avec Cristiano Ronaldo, c’est souvent la même histoire. Le quintuple Ballon d’Or n’est plus souvent éblouissant dans le jeu, mais il lui suffit d’éclairs pour changer le destin d’un match. Du pied droit devant une défense passive, il a surgi dès l’entrée pour refroidir la Juve. Son second but est un chef-d’oeuvre de pureté : son retourné aérien a même choqué Zinédine Zidane. Il ne restait qu’à servir Marcelo pour le troisième but pour parachever son récital. Tout simplement gigantesque.

Derrière lui, les Madrilènes ont été propres sans être géniaux, à l’image d’Isco (100% de passes réussies) ou de Varane, solide. Côté Italien, Dybala a pris les choses en main et s’est montré le plus dangereux, jusqu’à son expulsion plus que discutable (67e). C’est derrière que la Juve s’est écroulée : Chiellini, coupable d’une énorme erreur juste avant le chef-d’oeuvre de Ronaldo, a été en dessous, comme De Sciglio et Asamoah sur les côtés.

Cristiano Ronaldo (Real Madrid) après son deuxième but contre la Juventus

Cristiano Ronaldo (Real Madrid) après son deuxième but contre la JuventusGetty Images

Le facteur X : L’arrêt de Keylor Navas

Longtemps discuté, Keylor Navas a encore une fois prouvé qu’il était l’un des tout meilleurs gardiens d’Europe. Le Costaricien a réalisé un arrêt magnifique face à Higuain à un moment clé du match. En repoussant la reprise à bout portant de l’Argentin, magnifiquement servi par Dybala sur coup franc (21e), Navas a éteint le gros temps fort de la Juve et permis au Real de relever la tête. Loin d’être anodin.

La stat : 10

Le printemps européen sublime décidément Cristiano Ronaldo. Le meilleur buteur de l’histoire de la Ligue des champions a ajouté deux réalisations à son énorme total, et compte désormais 119 réalisations en 148 matches. Le Portugais a aussi battu un record : il est devenu le premier joueur à marquer lors de dix rencontres consécutives en C1.

Le tweet qui nous brise le coeur

La décla : Zinédine Zidane, entraîneur du Real Madrid

"Est-ce que le but de Ronaldo est plus beau que le mien contre Leverkusen ? Non."

La question : La Juve sait-elle encore défendre ?

Qu’il semble loin, ce quart de finale de l’an passé contre le Barça. La Juve, impériale défensivement et en réussite totale devant, avait étouffé les Blaugrana. Ce soir, il a manqué les deux ingrédients à la Vieille Dame. A l’instar de Dybala, elle n’a pas su marquer. Mais c’est avant tout derrière que ses failles ont été les plus visibles. Alors même que son organisation était sa plus grande force.

Les errements défensifs de la Juve avaient déjà perlé contre Tottenham au tour précédent. Deux minutes de grâce avaient suffi à sauver l’équipe d’Allegri. Cette fois, la punition ne s’est pas fait attendre. Sur le premier but, Barzagli et Chiellini, tous deux aspirés par Karim Benzema, ont tout simplement oublié Cristiano Ronaldo qui n’a eu qu’à surgir. Pire, avant le chef-d’oeuvre du Portugais, c’est encore Giorgio Chiellini qui dégage mal un ballon anodin après une mésentente avec Gianluigi Buffon.

Chiellini (Juventus), Marcelo et Raphaël Varane (Real Madrid)

Chiellini (Juventus), Marcelo et Raphaël Varane (Real Madrid)Eurosport

Certes, pour le reste, la Juve a été sérieuse, et sa défense centrale a parfois évité un score plus lourd. Il n’empêche que la grande force de l’équipe d’Allegri semble se transformer en faiblesse, au gré d’erreurs inhabituelles. Les absents, Benatia et Pjanic en tête, ne peuvent pas tout expliquer. Mais la Juve conserve une circonstance atténuante : elle est tombée ce soir sur un géant. Il portait le numéro 7.

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