Shakhtar Donetsk-AS Rome : Pas de petites "Dzekonomies" pour la Roma

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LIGUE DES CHAMPIONS - Edin Dzeko aurait dû être sacrifié cet hiver afin de permettre à la Roma de rentrer dans les clous du fair-play-financier. Mais l’attaquant bosnien est encore là avec la ferme intention d’emmener son club le plus loin possible en Ligue des champions.

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Ce n’est pas le premier nom qui nous vient à l’esprit lorsqu’on cite les attaquants de classe mondiale. Parce qu’il évolue dans un club moins huppé, parce qu’il n’atteint pas les chiffres des tous meilleurs et parce qu’il commence à se faire un peu vieux. Des raisons plus compréhensibles que légitimes, mais je ne blâme personne, vu que je suis le premier à le négliger.
Seulement voilà, Edin Dzeko est un exemple à suivre pour tout Top player désirant redonner un second souffle à sa carrière. Pourtant, sa première saison sous ses nouvelles couleurs fut laborieuse (seulement 10 buts en 40 matches), mais il a cloué le bec à tout le monde, supporters et journalistes, tous trop hâtifs dans leurs jugements. Et son dernier choix de carrière a encore pris tout le monde à contre-pied.

Buteur mais surtout bosseur

"On a du mal à se souvenir qu’il était meilleur buteur de la dernière saison de Serie A". Ce sont les propos d’un tifoso romanista que j'ai lu sur les réseaux sociaux récemment, j’ai trouvé que cette formule résumait assez bien le manque de considération dont Dzeko est victime. 29 buts lui ont donc valu le titre de capocannoniere, mais surtout 39 sur un total de 51 rencontres disputées auxquels il faut ajouter 15 passes décisives.
Tout simplement la meilleure saison de sa carrière couronnée par une nomination méritée parmi les 30 prétendants au Ballon d’Or (même s’il n’a obtenu que deux petits points). Néanmoins, les chiffres ne disent pas tout, d’autant que l’ancien avant-centre de Manchester City est loin de posséder la meilleure finition. L’an passé, il transformait 32 % de ses tirs cadrés en but contre un 52 % pour Mauro Icardi. Ce taux est même descendu à 21 % cette saison (94 tirs, 52 cadrés, 11 buts).
Une efficacité relative qui s’explique en partie par un style de jeu dépensier. Dzeko n’est pas un finisseur qui plante sa tente dans la surface. Il remue, il combine, il dézone, propose des solutions en permanence, fait monter le bloc équipe, use les défenseurs adverses et trouve les intervalles pour lancer ses coéquipiers vers le but. Luciano Spalletti avait su exploiter les caractéristiques du joueur à 200 %, Eusebio Di Francesco a éprouvé quelques difficultés avant de se raviser et se convertir au 4-2-3-1 de son prédécesseur au détriment de son 4-3-3 fétiche. Le duo avec Radja Nainggolan - le Ninja évolue en soutien - a notamment été recomposé et c’est toute l’équipe qui en a bénéficié.

Pas envie de payer les tirelires cassées

Dzeko est essentiel, mais, pressés par le FFP de l’UEFA, ses dirigeants étaient pourtant prêts à le vendre. Un contrat a été signé en mai 2015 et pour trois saisons, autorisant un déficit de 30 millions d’euros pour les deux premières, mais obligeant un bilan en parfait équilibre sur l’ensemble de la période concernée (le fameux break-even). Loupé. Des sanctions sont à prévoir (rassurez-vous, pas d’exclusion des compétitions européennes en vue), et pour prouver sa bonne volonté, la Roma avait l’intention réaliser le maximum de plus-values cet hiver.
Cela a été fait, et avec brio, en vendant Emerson Palmieri à Chelsea. Une plus-value de presque 20 millions d’euros pour un joueur dont la carrière est à peine lancée. Le club londonien comptait en investir 30 supplémentaires sur Dzeko, un montant important pour un joueur qui se dirige vers ses 32 ans et dont le recrutement en 2015 a déjà été en bonne partie amorti financièrement. C’était objectivement très tentant (Batshuayi aurait fait le chemin inverse).
Le Bosnien a refusé, bloquant volontairement les négociations via des prétentions salariales élevées. Ce n’était pas une question d’argent, Dzeko ne voulait pas payer les pots cassés d’un mercato estival jusque-là déficitaire (80 millions d’euros pour le trio Schick, Defrel, Ünder) ni sacrifier l'équilibre privé et professionnel bâti dans la cité éternelle. Le cœur a eu son mot à dire.

Avoir conscience du coup à jouer

Le board devra donc trouver d’autres sources de revenus pour créer des bénéfices avant la clôture du prochain bilan financier ce 30 Juin. Le trading de joueur est la solution la plus facile et il pourrait reprendre dès la fin de saison, mais il ne faudrait pas perdre de vue l’opportunité qu’offre cette édition de Ligue des champions et ses riches primes.
Surprenante en phase de poules en se classant première du groupe de la mort devant Chelsea et l’Atlético Madrid, chanceuse au tirage en héritant du Shakhtar Donetsk au lieu du Real ou le Bayern, la Roma a toutes les raisons de croire en ses chances pour accéder au Top 8 dont elle est absente depuis dix ans. L’éventuelle suite se corsera évidemment, mais la formation romaine doit se défaire de cette fragilité mentale qui la distingue pratiquement toujours sur la scène européenne.
Un premier pas semble avoir été fait. Je crois en cette équipe qui a des arguments à faire valoir à pratiquement tous les postes (à partir d'Alisson dans les cages) et qui est "débarrassée" depuis longtemps de la course au scudetto. Et puis, une belle épopée européenne serait encore la meilleure façon de convaincre les comptables de l’UEFA.
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