C'est une histoire qui ne pouvait pas plus mal démarrer. Un passif à l'OM que les supporters de l'OL ne lui ont jamais pardonné, des sifflets pour sa première au Groupama Stadium, une communication floue, un flot de critiques ininterrompus, une 7e place en championnat qui ne collait ni avec l'effectif, ni avec les ambitions et encore moins avec les moyens du club et des réseaux sociaux envahis par une photo de lui grimé en clown. Avant la reprise estivale, on voyait mal comment Rudi Garcia allait finir par se faire respecter sur le banc de l'OL. Difficile d'imaginer une issue et l'affaire semblait déjà scellée. En deux semaines et trois matches, il a pourtant réglé l'affaire dans une démonstration qui est allée crescendo. De Paris à Manchester, il a rappelé qu'il était bien plus que sa caricature dépeinte depuis son arrivée à Lyon.

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Il a d'abord installé un système. Ce 3-5-2 a permis à l'OL de subir sans se noyer. La grosse densité derrière et au milieu a empêché le PSG, la Juve et City d'aller au bout de leurs idées. Les trois machines à broyer leur championnat depuis plusieurs saisons se sont retrouvées sans solution et, en 300 minutes, l'OL n'a encaissé que deux buts dans le jeu face aux meilleures attaques de France et d'Angleterre et au champion d'Italie. Avec intelligence et humilité, Garcia savait que l'OL ne pouvait pas prendre le jeu à son compte et a concocté un plan pour s'en sortir sans dommage. "Je pense qu'on a gagné la bataille tactique", constatait-il vendredi. Face à la référence en la matière, le meilleur entraîneur de sa génération, le modèle du XXIe siècle, Pep Guardiola, c'est un authentique exploit.

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Un système et des hommes

Il a ensuite installé des hommes. Sa plus grande trouvaille reste Maxwell Cornet. Rallié pour sa maladresse devant le but, l'Ivoirien a reculé d'un cran pour s'imposer comme l'efficace piston gauche du système Garcia. A le voir avaler les kilomètres, à le voir s'accrocher à ses adversaires directs et à le voir apporter le danger quand l'horizon est dégagé, on se dit que cette reconversion, comme celle de Bouna Sarr dans l'OM de… Rudi Garcia, va relancer sa carrière.

L'explosion de Maxence Caqueret au plus haut niveau, quand les supporters lui reprochaient de ne pas faire confiance aux jeunes, sera aussi à mettre à son crédit. Et il fallait du cran pour faire confiance à Karl Toko-Ekambi plutôt qu'à un Moussa Dembélé au pedigree, aux statistiques et à la valeur plus ronflants. Mais Garcia a pensé stratégie avant de penser statut. Et ses deux attaquants ont fini par lui donner raison.

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Il a installé un état d'esprit. Il a souvent manqué à Lyon ces dernières années la force collective qui l'a installé au sommet de la L1 lors de la première décennie du siècle. Pour caricaturer, l'OL fut régulièrement, et cette saison encore, une somme d'individualités à laquelle il manquait un ciment. C'est d'abord sa force de caractère et sa discipline collective qui lui ont permis de regarder dans les yeux l'immense Juve et le rouleau compresseur du nord de l'Angleterre. Garcia a réussi à fédérer un groupe, à relancer des individualités à la peine (Marcelo, Cornet) autour d'un projet collectif.

Architecte de deux des trois plus grands exploits de l'OL

Rudi Garcia a, enfin, fini par démolir sa réputation de coach incapable de remporter des grands matches. Qui oserait encore le lui reprocher ? Il restera l'architecte de deux des trois plus grands exploits de la riche histoire de l'OL en Coupe d'Europe. Sortir du jeu une Juve qui n'avait jamais plié face à un club français et City, l'un des deux grands favoris à la victoire finale, est un accomplissement aussi admirable que stupéfiant. Reste la référence suprême, le grand Bayern qui avale tout ce qui se présente à lui en 2020 pour mener Lyon à des hauteurs qu’il n’a jamais côtoyé. L’histoire ne pouvait pas plus mal démarrer, elle ne pourrait pas mieux continuer.

Rudi Garcia lors de Manchester City - OL en quarts de finale de la Ligue des champions

Crédit: Getty Images

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