"Le Bayern français". Voilà 20 ans que ça dure. Pendant des années, c'est ainsi que fut défini l'Olympique Lyonnais. Lors de la première décennie du XXIe siècle, quand il marchait sur la L1 comme l'ogre de Bavière sur la Bundesliga, Lyon supportait plutôt bien l'analogie. Sa régularité au très haut niveau et sa façon d'aspirer la concurrence en recrutant les meilleurs éléments de son championnat (Malouda, Essien, Carrière, Luyindula, Toulalan, Keita, Makoun, Lloris etc.) l'ont très vite rapproché du modèle allemand. Assez curieusement, deux confrontations face au Bayern vont marquer son entrée dans le grand monde et la fin de son ère bénie.

En 2000, pour sa première participation à la Ligue des champions, l'OL signe son premier immense exploit en C1 grâce à un Sidney Govou insaisissable et renverse à Gerland (3-0) le Bayern de Mehmet Scholl et Oliver Kahn, futur vainqueur de la compétition. Dix ans plus tard, en demi-finale de la C1, déjà, Ivica Olic se chargera d'enterrer les derniers espoirs lyonnais de victoire finale en inscrivant un triplé au retour (0-1, 0-3). Déjà dépassé par la concurrence en L1, Lyon n'atteindra plus les quart de finale en Ligue des champions… jusqu'à cette année et ses retrouvailles avec son lointain cousin.

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Crédit: AFP

Et pour se reconstruire une force de frappe, Lyon n'a jamais abandonné son idée initiale : s'inspirer de son adversaire du soir. S'il n'est plus le rouleau-compresseur qui roule sur la L1, Lyon reste le Bayern français, les résultats en moins, et continue de calquer son modèle sur celui de son adversaire du jour.

Grand stade, finances saines et modèle vertueux

En 2013, Jean-Michel Aulas citait en exemple le Bayern Munich : "Le modèle vertueux, c’est le Bayern, claironnait le président de l'OL en marge des résultats semestriels de son club. Il ne peut plus rien arriver à ce club qui est propriétaire de son stade. Il faut avoir son stade pour qu’il génère des revenus récurrents au niveau de la billetterie, du naming, des loges. En étant propriétaire de notre stade, on génère nos futures ressources." Sept ans plus tard, Lyon a son propre stade. Le Bayern a d'ores et déjà remboursé l'Allianz Arena, inauguré en 2005, et conserve un temps d'avance.

Les deux clubs ont suivi la même voie même si Lyon a ouvert en partie son capital à des investisseurs étrangers à hauteur de 20%. Une pratique interdite en Allemagne. Les deux clubs fonctionnent en grande majorité sur leurs capitaux propres et présentent chaque année des résultats comptables dans le vert. La holding cotée en bourse, OL Groupe, a vu ses revenus annuels atteindre les 400 millions d'euros.

Jean-Michel Aulas dans le grand stade

Crédit: AFP

En février, Lyon ambitionnait même de dégager un excédent brut d'exploitation (Ebitda) "supérieur à 100 millions". En septembre dernier, le Bayern, lui, annonçait un bénéfice record de 750 millions d'euros à l'issue de la saison 2018/2019. "Lyon est un club plus jeune, mais il se développe vite et bien. Au niveau des infrastructures et du stade, c’est quasiment identique", constatait en 2018 Corentin Tolisso, ancien Gone passé chez le cousin germanique un an plus tôt.

Stabilité et identité club

Ne leur parlez pas de révolution. Jamais. Lyon et le Bayern sont de vénérables institutions aux mains des mêmes personnalités depuis des années. Jean-Michel Aulas tient les manettes depuis 1987. En Bavière, le trio Rummenigge, Hoeness, Beckenbauer, malgré les secousses et les affaires, dirigent le géant du foot allemand depuis des décennies même si les deux derniers ont pris du recul ces derniers mois.

Lyonnais comme Munichois ont mis en place une structure immuable avec des hommes fidèles qui incarnent le club. Bernard Lacombe, jusqu'à sa retraite en fin d'année dernière, et Gérard Houllier, plus que jamais, conseillent JMA. Oliver Kahn, gardien emblématique du Bayern, fait ses armes en attendant de succéder à Rummenigge. Dans toutes les strates du club rayonnent des anciennes légendes. Comme Juninho et Hasan Salihamidzic, directeurs sportifs et cerveau des deux projets.

Karl-Heinz Rummenigge, Oliver Kahn - FC Bayern

Crédit: Imago

Le Bayern, et l'OL à un degré moindre, est une super structure qui se gère comme une entreprise familiale avec un sens aigu de la continuité et de la transmission. Le Bayern, roi incontesté de l’Allemagne et géant européen, a pris beaucoup d’avance ces dernières années. Cette saison si particulière, permet à l’OL, un peu à la surprise générale avouons-le, de se frotter à ce qu’il se fait de mieux. A l’élève de dépasser désormais le maître.

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