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L'antisèche de Manchester City - OL : Lyon, l'improbable saison, l'incroyable résurrection
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Publié 16/08/2020 à 00:38 GMT+2
LIGUE DES CHAMPIONS – Promis à un enfer face à Manchester City, l’OL a signé l’un des plus grands exploits de son histoire pour s’inviter de manière inattendue en demi-finale de cette C1 décidément atypique (1-3). Les Lyonnais le doivent d’abord à un état d'esprit retrouvé et un plan de jeu parfaitement respecté. Tout l’inverse du City de Guardiola. Notre antisèche.
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Le jeu : Un OL avec ses armes, un City surtout aphone
Ce samedi, l’OL a rappelé un fondamental que l’on a parfois tendance à oublier en football : bien défendre est aussi un art. La recette est moins sexy, plus grossière mais certainement pas inefficace : grâce à un bloc compact, très bien en place, à l’aise dans la largeur mais en forme d’entonnoir dans l’axe, Lyon a fait complètement déjouer l’équipe de Pep Guardiola. Le 3-5-2 lyonnais eu l’effet escompté : une digue qui encaisse les vagues mais ne rompt jamais. Devant, il a suffi de beaucoup d’envie et d’un peu de malice pour profiter des faiblesses défensives des Citizens.
Il faut dire que les offensives mancuniennes n’avaient rien de tsunamis. Dans ce 3-5-2 expérimental, les hommes de Guardiola ont parfois ressemblé à de pâles sosies des joueurs éblouissants qui régalent l’Angleterre chaque week-end. Sans idée, sans créativité et avec un réalisme en berne malgré un nouveau taux de possession élevé, les Anglais ont bâclé leur football et renier leur ADN si particulier. Et, ça, c’est la faute de Guardiola.
Les joueurs : Le héros Cornet, le délice d’Aouar
L’histoire ne dit pas si Pep Guardiola et Superman sont les mêmes personnes. En revanche, on commence à comprendre qu’un homme ressemble à sa Kryptonite : Maxwel Cornet a encore été le grand bonhomme du match avec une débauche d’énergie folle sur son côté gauche et ce but de renard qui a instauré un premier doute chez City. Houssem Aouar a donné le tournis à un milieu mancunien hors du coup, tandis qu’Anthony Lopes, impérial, a aussi pu compter sur un trio Denayer-Marcelo-Marçal qui a sans doute délivré le meilleur match de sa saison. Au meilleur moment possible.
Côté City, que de déceptions… Kevin De Bruyne, buteur au niveau, a semblé bien seul en l’absence de David Silva, Bernardo Silva et Riyad Mahrez, ses compères habituels à la création. Sterling, terreur des surfaces, a raté une occasion facilement qualifiable d'immanquable tandis que le milieu Rodri-Gundogan aura été à l’envers pendant tout le match. Et derrière, la fébrilité des Citizens, symbolisée par un Aymeric Laporte hésitant, a fini par exploser au visage de Guardiola. Encore…
Le facteur X : Le choix de Guardiola
On aurait pu ou dû se pencher sur le premier but de Moussa Dembélé, celui du 1-2, sans doute entaché d’un croche-patte involontaire sur Eric Garcia. Mais ce serait passer à côté de l'essentiel : si l’OL mérite sa qualification, c’est aussi parce que Guardiola a fait dérailler le train citizen. Serait-ce par peur de l’OL et de sa force, toute relative, en contre ? Serait-ce par superstition après trop d’échecs européens où ses choix avaient été contestés ? On ne le saura peut-être pas. Mais en alignant un onze reniant très largement ses principes élémentaires et privant les siens de la qualité technique nécessaire à un tel duel, le Catalan a noyé son City.
Il a aussi curieusement fait peu appel à son banc avec seulement deux changements effectués en 95 minute. Si Riyad Mahrez, entré à la 56e, a permis à City de revenir dans le match, son entrée est presque restée sans lendemain. David Silva a été le second et dernier choix du Catalan pour apporter du sang neuf à ses troupes. Et l'Espagnol n'es entré qu'à la 84e minute, alors que City était mené au score. Pour la troisième année de suite, City reste aux portes de la demie.
La stat qu’on avait pas vu venir
Le tweet cocorico
Avec cette qualification, le football français place pour la première fois de son histoire deux clubs en demi-finale de Ligue des champions. Alors, c’est qui les fermiers maintenant ?
La décla : Jean-Michel Aulas
La question : Est-ce le plus grand exploit de l’histoire de l’OL ?
Dix ans après, l’OL est de retour dans ce dernier carré où il ne semblait pas invité. Cette fois-ci, c’est en sortant la Juventus Turin et Manchester City, deux candidats clairement identifiés à la victoire finale. A chaque fois avec les mêmes ingrédients : un bleu de travail, une grosse envie et des kilomètres avalés pour compenser les déplacements des copains. C’est aussi simple que ça, parfois, le football.
Dans un contexte aussi improbable que compliqué, après une saison chaotique, des blessures longue durée, une relation avec ses supporters toujours plus dégradée, un confinement un peu trop médiatique chez certains et une reprise ratée, il n’y avait pas grand monde pour parier sur eux. C’est justement grâce à ça qu’ils se sont construits pour renouer avec un ADN européen qu’ils avaient fini par oublier. Alors, oui, cette victoire à Lisbonne devient de facto le plus grand exploit de l’histoire de l’OL. Parce que ces Gones n’étaient pas programmés pour vivre ça contrairement à leur glorieux aînés. Et parce que, cette fois-ci, on ne pourra pas leur reprocher d’avoir sorti un autre club français.
Dix ans plus tard, l’OL va donc retrouver le Bayern Munich en demi-finale de Ligue des champions. Il n’y aura pas d’Ivica Olic en face mais un groupe qui vient de martyriser le Barça et qui semble lancé dans une mission dont personne ne pourra les détourner. Le script semble, là encore, écrit d’avance. Et c’est peut-être la meilleur nouvelle possible pour ces Gones. Car avec eux, on ne peut plus être sûr de rien. Et c’est tant mieux.
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La joie des Lyonnais à Lisbone après leur exploit face à Manchester City
Crédit: Getty Images
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