Pablo Correa : "Sa maturité n'était pas normale pour cet âge-là"

"Je l'ai fait débuter en L2 (à 18 ans). Il était déjà mature et poli. Sa maturité n'était pas normale pour cet âge-là. Je l'ai nommé capitaine de l'équipe très jeune (20 ans). Je me souviens que Jacques Rousselot (l'ex-président nancéien) avait été surpris. Clément ne parlait pas beaucoup mais il parlait très bien quand il le fallait. Il se servait de chaque entraînement pour apprendre quelque chose de nouveau, se perfectionner. Il n'était pas rapide physiquement mais rapide mentalement. Il avait déjà un excellent pied gauche. A Nancy, il devait encore progresser quand le jeu partait dans son dos. Il pouvait se retrouver en difficulté quand il y avait des attaquants rapides. Aujourd'hui, il anticipe parfaitement et reste terriblement régulier. C'est une qualité énorme.

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Lenglet ne se voit pas ailleurs qu'au Barça
10/06/2020 À 08:55

Je continue de communiquer avec lui et c'est resté le même garçon : appliqué. Il ne s'enflamme pas du tout. C'est de la crème pour un entraîneur d'avoir un joueur comme ça. En plus, Clément a un sens du collectif qui est énorme. Quand il est arrivé à Séville (janvier 2017), un journaliste espagnol m'a interviewé pour le connaître un peu plus. Je lui avais dit : "Clément va s'imposer sans problème à Séville, il va finir capitaine et vous allez le perdre comme nous on l'a perdu à Nancy". Finalement, ils l'ont perdu encore plus vite que ce que je pensais au départ (1 ans et demi). Je l'imaginais faire une étape de trois-quatre ans là-bas. Mais en fait, il est parti au bout d'un an et demi."

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Benoît Pedretti : "Il était très exigeant envers lui-même, jamais totalement satisfait"

"Quand je suis arrivé à Nancy en 2015, Pablo Correa m'a parlé de façon très positive de Clément. Il était respectueux et travailleur, c'est aussi important qu'être bon sur le terrain. Pour un jeune de son âge, il était tranquille derrière, ne se faisait jamais bouger et voyait tout avant tout le monde. Un joueur de 20 ans rassurant comme ça, c'est très rare. Il avait le même profil que Jean-Pascal Mignot que j'ai croisé à Auxerre : même intelligence, même anticipation et même pied gauche. Sauf que lui avait 10 ans de plus. Clément avait des qualités physiques supérieures. A mon arrivée, j'ai appris qu'il avait refusé la Juventus pour continuer à progresser à Nancy. Cela montrait l'intelligence du joueur et de son entourage. C'était déjà un exemple pour tout le vestiaire.

En arrivant tôt tous les deux à l'entraînement, on discutait souvent ensemble. Il était très exigeant envers lui-même. Jamais totalement satisfait. De temps en temps, j'essayais de le rassurer : "Tu as le droit de faire des petites erreurs à l'entraînement, ne reste pas trois jours dessus". Je me souviens aussi d'une anecdote : c'était après le match Saint-Etienne - Nancy qui avait eu lieu avant Noël (2016). On était rentrés en bus et arrivés à 4h du matin au centre d'entraînement de l'ASNL. Il a préféré appeler sa copine pour venir le chercher plutôt que de demander à l'un de nous de le ramener chez lui. Il était tellement respectueux que même pour un truc comme ça, il n'avait pas osé demander. Quand il nous a dit ça, on l'a engueulé (rires). C'est un gamin qui est né 20 ans trop tard."

Youssouf Hadji : "Je ne suis pas du tout surpris de le voir aussi haut"

"Un jour, j'étais suspendu et je me suis entraîné avec la réserve. Clément jouait encore avec les jeunes. A la fin de la séance d'entraînement, tous sont partis et le seul qui est resté sur le terrain à porter les buts avec le staff, c'était lui. Je me suis dit : "il a tout compris". D'ailleurs, il a vite rejoint le groupe pro. Ce qui m'a frappé, c'est qu'il a gardé certaines valeurs que les jeunes d'aujourd'hui n'ont plus. Clément arrivait le premier à l'entraînement et repartait le dernier. C'est une rareté pour un jeune. Il travaillait comme un vieux en fait (rires). Je ne suis pas du tout surpris de le voir aussi haut aujourd'hui.

J'ai vu tout de suite qu'il avait des qualités énormes. Dans l'impact physique, il n'avait pas peur. Dans l'anticipation, il était déjà vraiment bon. Ses relances étaient propres. A l'entraînement, j'ai réussi à le faire déjouer au début. J'ai pu lui faire des trucs de briscards, comme des poussettes dans le dos avant de sauter. Je lui ai fait le truc une, deux et trois fois, mais quand il avait assimilé la chose, ça ne passait plus. Il comprenait vite. Il était mûr dans son jeu. Ce n'est pas un hasard si Pablo l'a nommé capitaine aussi jeune. Il est rapidement devenu le leader de Nancy. Lorsqu'il est parti à Séville à la trêve hivernale, c'est à ce moment-là qu'on s'est vraiment rendus compte de l'importance qu'il avait dans notre équilibre défensif."

Mickaël Chrétien : "Je l'imagine capitaine des Bleus"

"Quand je suis revenu à Nancy en 2015, je me souviens avoir dit à un coéquipier : "Lui il ira en équipe de France et je l'imagine même capitaine des Bleus". Je le pense encore. Il a le profil du joueur exemplaire dans un vestiaire et sur le terrain. Pour moi, c'était totalement logique qu'il finisse dans un grand club. En défense, avec Clément, on s'est vite compris sans pour autant beaucoup dialoguer. On savait qu'on pouvait compter l'un sur l'autre. Dans certaines équipes, ça arrive souvent qu'un défenseur décharge toute responsabilité sur son coéquipier. Ça, ce n'est jamais arrivé avec Clément. Chaque week-end, avec Barcelone, il joue contre des attaquants qui ont des dents longues et à chaque fois, il s'en sort plus que bien. Il a largement le niveau. L'autre avantage, c'est qu'il est régulier.

Il a cette faculté à faire abstraction de tout le monde du foot. Il n'a jamais aimé se mettre en avant. J'aime aussi sa fidélité. Quand je lui envoie un texto, il répond dans la minute s'il n'est pas à l'entraînement. Il le fait avec tous ceux qu'il a côtoyés. Il est resté tellement abordable que je n'ai pas l'impression qu'il joue au Barça. Un jour, je suis allé à Barcelone pour voir le Clasico. Il devait me donner son maillot. Il m'a donné rendez-vous dans un hôtel près du stade. A peine rentré dans le vestiaire à la fin du match, il m'a écrit dans la foulée. S'il m'avait dit : "Désolé, je ne peux pas ce soir, je vais te l'envoyer", j'aurais compris. Et il est arrivé environ 45 minutes plus tard à l'hôtel, tout simplement. Pourtant je n'ai pas joué une éternité avec lui."

Bleus - Deschamps : "Lenglet ne doit pas culpabiliser"

Joël Sami : "Son départ manqué à la Juve ? Beaucoup de jeunes se seraient écroulés"

"C'est un garçon très discret dans un vestiaire. Très poli. A l'écoute. Ça m'a tout de suite plu. Quand je lui donnais des conseils, il était très réceptif. Dès ses premiers pas à l'entraînement avec le groupe professionnel, c'était déjà un garçon mature. Je l'ai aidé à emmagasiner de l'expérience car j'avais plus de bouteille quand il a débuté en L2. Sur le terrain, il ne faisait pas des choses extraordinaires, mais tout ce qu'il faisait, c'était très bien réalisé. Tactiquement, il comprenait rapidement ce qu'on lui demandait et l'appliquait très bien ensuite sur le terrain. Son seul défaut était qu'il n'était pas très rapide. Mais il a su progresser avec ses forces. C'est un joueur intelligent, un détail important dans le très haut niveau.

Il était déjà en équipe de France jeunes lorsqu'il a intégré l'équipe première de Nancy. Il avait déjà une très bonne relance et une excellente lecture du jeu. Dans les duels, il n'était pas costaud mais agressif. J'ai une anecdote qui caractérise très bien Clément : lors de l'un de ses premiers matches de L2, il a été sérieusement touché au visage. Le coach avait vraiment dû insister pour le faire sortir du terrain car lui voulait poursuivre. Je ne suis pas surpris par sa trajectoire. Un moment, il a eu une opportunité pour partir à la Juventus quand il était à Nancy. Ça ne s'était pas fait. Je connais beaucoup de jeunes qui se seraient écroulés à sa place. Lui a continué à travailler, sans brûler les étapes. Il a su partir au bon moment."

Damien Grégorini : "Il n'a pas pris la grosse tête"

"Quand je l'ai connu, je terminais ma carrière à Nancy et lui évoluait encore avec les jeunes. Il avait une telle élégance de jeu et dégageait beaucoup de sérénité sur le terrain. Quand il est passé chez les pros, j'étais entraîneur des gardiens. Je lui donnais des conseils par rapport aux placements des gardiens en général. Il montait déjà beaucoup sur les coups de pieds arrêtés et savait bien se démarquer. Il sentait toujours où le ballon allait arriver. En plus, il a un très bon jeu de tête. Il n'a pas brûlé les étapes au cours de sa carrière et tout le mérite lui en revient. Il a la tête sur les épaules, je ne me fais pas de soucis pour lui. Je sais qu'il va encore en vouloir et poursuivre sur sa lancée.

On est toujours restés en contacts. Quand je lui écris, il me répond rapidement. C'est un plaisir. Il n'oublie pas d'où il vient. Il n'a pas pris la grosse tête. Il est revenu l'hiver dernier à Nancy et a demandé la permission à l'ASNL pour utiliser les installations du club afin de s'entretenir. Il n'a pas oublié d'aller saluer les joueurs nancéiens au vestiaire. Ici, il a laissé une belle image. Quand il jouait encore à Nancy, il aimait bien aller pêcher avec Alexis Busin et Tobias Badila. Je n'ai pas eu l'occasion d'aller avec eux, mais j'aimerais organiser une journée pêche avec Clément quand il reviendra à Nancy. Comme en foot, il doit être patient, bien préparé et méticuleux (rires)."

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