​Un chapitre de l'histoire du football allemand s'est refermé mardi quand Joachim Low a annoncé ce que tout le monde pressentait déjà : il n'irait pas plus loin que l'Euro à la tête de la Nationalmannschaft. Arrivé en 2006 à la tête de la sélection, champion du monde en 2014, finaliste de l'Euro 2008, demi-finaliste du Mondial 2010, des Championnats d'Europe suivants (2012, 2016), et violemment tombé de son piédestal en Russie, à l'occasion d'une Coupe du monde ratée à une échelle inédite dans l'histoire de la sélection, Low a continué. Mais le ressort, cassé, l'a finalement poussé à l'évidence : il est temps de passer le témoin.
Pour récupérer le bâton, ils sont un paquet à se tenir devant le portillon, à défaut, peut-être, de s'y bousculer. Parce que l'Allemagne regorge actuellement de talents sur ses bancs. Si les noms de Julian Nagelsmann (Leipzig), Thomas Tuchel (Chelsea) ou Stefan Kuntz (Allemagne Espoirs) ont déjà été sortis du chapeau, deux autres techniciens ont les faveurs des observateurs et du public. L'un parce que c'est écrit. L'autre, parce qu'il s'est immiscé dans la conversation par sa fantastique réussite avec le Bayern Munich. A savoir Jurgen Klopp et Hansi Flick. Les deux hommes sont sous contrat avec les rouges de Liverpool et du Bayern jusqu'en 2024 et 2023.
Flick est attiré par la sélection. La sélection est attirée par Klopp. Voici comment on pourrait résumer la situation outre-Rhin. Et le hasard faisant souvent bien les choses, il se trouve que le manager de Liverpool n'est pas dans la situation la plus agréable de sa carrière. Après avoir tout écrasé avec les Reds en Europe, gagné la Premier League pour la première fois depuis trente ans, Liverpool connaît un sérieux coup de mou et, à cette heure, est quasiment plus proche de se qualifier pour la prochaine Ligue des champions via la route la plus escarpée - à savoir : gagner la C1 - qu'en visant la quatrième place du championnat. Surréaliste. Mais vrai.
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Vous signez un contrat, vous respectez ce contrat
"J'aimerais vous dire non mais c'est bien le cas", a-t-il répondu dimanche quand un journaliste lui a demandé s'il vivait là sa pire période sur un banc de touche. Ajoutant à cela qu'il était combatif et qu'on ne pouvait pas toujours vivre des moments heureux. Même si Liverpool lui a réitéré sa pleine confiance, la période actuelle et un premier trimestre 2021 cataclysmique, marqués dernièrement par une sixième défaite de suite à Anfield (!) face à Fulham, fragilise sa position. Sans pour autant la faire évoluer. Six défaites à la maison, c'est d'ailleurs le pire bilan des Reds depuis.. 1953/1954, saison de relégation.
Le train d'une sélection nationale ne passe pas toujours deux fois. Notamment en Allemagne où, mis à part un début de XXIe siècle chaotique, les hommes en place y restent longtemps. Löw en est l'exemple le plus abouti. Mais il n'est pas le seul, loin de là. Passer son tour pourrait revenir à ne jamais saisir cette opportunité. Quoi qu'il en soit, interrogé sur le sujet et le timing, Klopp a répondu assez clairement mardi : "Suis-je disponible pour le boulot de sélectionneur de l'équipe d'Allemagne cet été ? Non. Il me reste trois années de contrat à Liverpool, n'est-ce pas ? C'est simple. Vous signez un contrat, vous respectez ce contrat. Je l'ai fait avec Mayence et Dortmund."

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Crédit non-épuisé
En fonction du timing de la nomination du successeur de Löw et la suite de sa saison avec les Reds, le non du jour deviendra peut-être un oui demain. Mais, à cette heure, personne n'imaginait qu'il dirait le contraire et annoncerait son départ de Liverpool avant un 8e retour de Ligue des champions. Cela ne se fait pas. Et Klopp n'est pas du genre à abandonner ni lever le pied. Au cœur d'une saison perturbée comme peu par les blessures (notamment celle, majeure, de Virgil van Dijk) et qui roulait pourtant comme sur des roulettes jusqu'à Noël, le manager allemand a certes montré quelques signes d'agacement teinté de fatalisme mais, nullement, de résignation.
"Peut-être que je n'ai pas l'air bien, je suis pâle, j'ai une barbe grise. Je ne dors pas beaucoup mais je suis pourtant plein d'énergie, résumait-il récemment. La situation actuelle est un défi, c'est comme ça que je vois les choses". S'il est populaire de l'autre côté du Rhin, son crédit n'est nullement épuisé aux abords d'Anfield. Des propriétaires du club à la rue, le soutien reste de mise. Klopp en a fait suffisamment depuis 2015 pour résister à la première tempête venue.
"Les supporters et le board acceptent les circonstances uniques de cette saison particulière et après ce qu'il a apporté à Liverpool, explique Pete Sharland, journaliste à Eurosport Angleterre. C'est pour tout cela qu'il est difficile d'imaginer Liverpool le virer ou de le voir partir parce que la situation est devenue compliquée". A Liverpool, plus qu'ailleurs, on n'a pas la mémoire courte.
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