26 mai 2018, Kiev. Grâce à un but gag de Karim Benzema et à un superbe doublé de Gareth Bale, le Real Madrid s’offre sa troisième Ligue des champions de rang, la quatrième en cinq ans, face à un Liverpool impuissant (3-1). Un peu moins de trois ans plus tard, les deux équipes se retrouvent cette fois pour une double-confrontation, en quarts de finale de cette même Coupe aux grandes oreilles. Forcément, le souvenir est toujours présent, doux pour les uns, amer pour les autres. Mais il est relégué au second plan dans les bouches de chacun. Question de langue de bois, peut-être. Mais aussi, et surtout, parce que tout a changé depuis. Et dans les grandes largeurs.
À commencer par les dynamiques des deux équipes. Pour Liverpool, cette défaite en finale a été la dernière (douloureuse) étape de la route vers le succès. Un succès continental, d’abord, avec une nouvelle finale un an plus tard, cette fois remportée contre Tottenham. National, ensuite, puisque 2020 fut l’année du retour des Reds sur le toit de l’Angleterre, 30 ans après. Le tout une saison après avoir établi un record de points pour une équipe… non championne, derrière le Manchester City de Pep Guardiola. Le Liverpool de Jürgen Klopp a arrêté de seulement plaire. Il a conclu. En raflant au passage une Supercoupe d’Europe et un Mondial des clubs.

Le Real a perdu Ronaldo, Liverpool a recruté des cadres

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2018 a en revanche sonné comme une fin de cycle côté espagnol. Il serait bien culotté de minimiser le sacre de la saison dernière en Liga, mais on ne peut oublier l’exercice 2018-2019 vierge de tout titre, et les deux éliminations consécutives en huitièmes de finale de la Ligue des champions. Indigne du grand Real. Surtout, les Merengue ont appris dans la douleur la vie sans Cristiano Ronaldo. Sans Keylor Navas, aussi. Thibaut Courtois a fini par s’adapter mais Eden Hazard, censé "remplacer" CR7, s’est transformé en véritable catastrophe industrielle, miné notamment par des blessures dont la dernière en date l’empêchera d’être sur la pelouse mardi.

Alisson Becker

Crédit: Getty Images

Sur la même période, Liverpool a notamment accueilli Alisson Becker et Fabinho, deux éléments essentiels des récents succès des Reds. Le tout en voyant Virgil van Dijk peaufiner son intégration pour devenir rapidement un défenseur de référence en Angleterre et en Europe. La "BBC" (Benzema – Bale – Cristiano) a de son côté laissé la vedette au redoutable trio Mané – Firmino – Salah. Et la "hype" autour de Zinedine Zidane a définitivement laissé place à celle, non moins justifiée, autour de Jürgen Klopp.

"Nous sommes champions. Ça change beaucoup de choses"

Le technicien allemand a fait de son Liverpool une véritable machine, maîtresse dans l’art du contre-pressing, inégalée en termes d’intensité. Et surtout incroyablement spectaculaire, à l’image de sa remontada face au FC Barcelone. Zidane, lui, a choisi de faire une pause dans la foulée du titre européen de 2018, pour éviter l’essoufflement et revenir moins d’un an après dans la peau du sauveur. L’un a quitté son club après un aboutissement, l’autre a finalisé sa machine de guerre. "Entre ce moment-là (la finale de 2018, ndlr.) et maintenant, nous avons gagné le championnat et la Ligue des Champions. Nous sommes champions. Ça change beaucoup de choses", a résumé Mohamed Salah dans les colonnes de Marca.

Mohamed Salah

Crédit: Getty Images

"On ne pense pas au passé. Le passé est passé, ce qui importe, c'est ce que l'on vit aujourd'hui, a de son côté esquivé Zinedine Zidane devant la presse, lundi. C'est un match différent, on doit le prendre comme ça et on le prépare comme tel". Le préparer comme tel, c’est prendre en compte que Liverpool a récupéré le flambeau du Real pour marquer l’Europe de son empreinte. Mais que le Bayern Munich a rapidement suivi.

Liverpool veut éviter le pire, le Real en course pour un nouveau titre

Et que les Reds, certes sereins au tour précédent mais sixièmes de Premier League avec autant de retard sur le top 3 que d’avance sur la 11e place, ont perdu de leur superbe. Au point de se battre, aujourd’hui, pour éviter la Ligue Europa. La faute, peut-être, à une certaine usure des troupes, diront certains. Mais aussi à une cascade de blessures – dont celle de Van Dijk – et à un rayonnement plus lambda de certains autres cadres.
"Salah n'a rien dit de faux : depuis la finale de 2018, eux ont gagné la C1 et ont été champions d'Angleterre, et nous on a perdu Cristiano (Ronaldo). Mais je ne crois pas qu'il y ait tant de différence entre nous désormais", a d’ailleurs lancé Nacho Fernandez en conférence de presse. Les deux équipes ont en effet régulièrement affiché leurs difficultés cette saison, mais restent sur de bonnes séries. Chacune des formations a son sauveur attitré, Mohamed Salah d’un côté, Karim Benzema de l’autre.
Reste que l’une est dans le coup pour s’offrir un deuxième titre de rang en Liga et que l’autre bataille pour arracher une place qualificative à la prochaine Ligue des champions. Une élimination n’aurait pas la même répercussion pour les Merengue que pour les Reds, pour Zidane que pour Klopp. Les prochains mois, eux, seront quoiqu’il en soit bien différents pour les uns et pour les autres, entre une formation anglaise qui aura besoin de renouveau et une espagnole qui voudra forcément construire autour de la star de demain – Erling Haaland ou Kylian Mbabbé – en attaque. Renouveau, fin de cycle. L’idée reste la même, mais les rôles pourraient (encore) changer.
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