C'est souvent la même rengaine avec le Real Madrid de Zinédine Zidane. Dans la tempête, le club madrilène trouve toujours un phare pour le guider, le sortir du marasme et s'inviter aux remises de prix de fin de saison. Au club depuis bientôt une décennie, Raphaël Varane connait le refrain par coeur. "On nous a déjà donnés pour mort et on est revenus. Ça fait partie de cette équipe et de ce club", nous a raconté le défenseur international tricolore lors d'un entretien organisé par Puma, son nouvel équipementier. "C'est une manière d'être et de penser, on l'intègre vite quand on signe au Real".

Varane : "C'est une façon de penser que l'on intègre vite à Madrid"

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L'histoire se répète encore cette saison, quelques mois après avoir vu le Real surgir de presque nulle part pour s’offrir une nouvelle couronne en Liga. En l'absence de nombreux cadres blessés, le club merengue avait pourtant laissé filer pas mal de points en championnat, et l'Atlético Madrid en tête. Mais à quinze jours du derby de la capitale, la Maison Blanche est à nouveau à trois longueurs de son voisin, qui compte un match en moins. Loin d’être un hasard. "Tout est encore possible, juge Varane. C'est une saison particulière et les dynamiques peuvent vite être inversées. On peut enchainer plusieurs bons résultats et tout peut repartir. On a déjà connu ça."

Pas question alors de faire une croix sur la Liga et de tenter un "all-in" sur la Ligue des champions, où le Real va défier l'Atalanta en huitième de finale dès mercredi. Ce n'est pas le style de Maison Blanche. Son ADN est bien différent. Car son génome contient notamment une résilience hors norme. "Il y a beaucoup de choses, nous a confié Varane pour expliquer cette capacité de rebond d'exception. Il y a le coach, déjà, les joueurs et le club. C'est une manière d'être et de penser, on l'intègre vite quand on signe au Real Madrid".

Pour être au plus haut niveau, la résilience est importante

Raphaël Varane sait de quoi il parle. Le patron de la défense de l'équipe de France (71 sélections) baigne dans la culture madrilène depuis 2011. Une éternité dans un club de ce niveau. Et cette saison, le nouvel ambassadeur de Puma incarne surtout parfaitement cette aptitude à se relever. Souvent en dessous de ses standards au début de la saison, le champion du monde a longtemps semblé porter le fardeau de sa soirée cauchemardesque face à Manchester City où ses deux bourdes avaient symbolisé l’échec madrilène sur la scène européenne.

Depuis quelques semaines, l'ancien Lensois est cependant redevenu lui-même. Parce qu’il s’est accroché. "Pour être au plus haut niveau, la résilience est importante, explique l'international français de 27 ans. Quand on a des périodes plus difficiles, la confiance va et vient. Ce qu'il faut, c'est rester concentré et être prêt à repartir au combat avec un but : chercher à être performant. Après, le contexte et la saison rendent les choses difficiles…"

La répétition des matches, les stades vides et les absents pour de multiples raisons (blessure, Covid…) n'aident en effet pas à garder une certaine régularité durant cet exercice 2020-2021. Il faut s’ajuster, même au moindre détail. "Je peux vous dire qu'on voit bien la différence, avoue d'ailleurs Varane. Quand on prend un but habituellement, il y a une réaction du public par exemple. Là, rien. Il faut aller chercher au plus profond de soi-même. C'est spécial. On doit s'encourager entre nous sur le terrain. Ce n'est pas toujours évident."

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Pour rester au haut niveau, il faut se battre contre soi-même pour repousser ses limites

Un autre défi pour le natif de Lille en ce moment : composer sans Sergio Ramos, le leader emblématique de l'arrière-garde madrilène et son éternel compère de l'axe qui s'est fait opérer du genou gauche début février et va manquer encore quelques semaines. "Cela ne change rien par rapport à mon rôle sur le terrain, je suis toujours là pour guider et orienter mes partenaires. Je le fais toujours, avec ou sans lui, répond le Français. Après, on joue ensemble depuis dix ans. Il n'y a plus besoin de trop communiquer, on se connait… La complémentarité et l'expérience, ce n'est pas un mythe. Avant le match, on se regarde et c'est parti. On sait comment l'autre se déplace sur le terrain. Pas besoin réfléchir, on sait où l'autre va aller".

Forcément, l'absence de Ramos crée donc un vide. Mais cela ne va pas empêcher le Real et Varane de rester ambitieux malgré les vagues contraires rencontrées. Car malgré son palmarès colossal, le champion du monde 2018 a toujours faim. C'est dans son ADN là-encore. "Pour rester au haut niveau, il faut se battre contre soi-même pour repousser ses limites et toujours s'améliorer, confie-t-il pour expliquer qu'il n'est pas encore repu. On parlait de Ramos… mais je vois des joueurs dans le vestiaire qui sont là depuis des années et restent au plus haut niveau par cette envie d'en vouloir toujours plus". Au Real, il n’y a pas d’autre alternative.

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