Xavi n'a pas révolutionné le Barça en un jour, pas plus qu'il ne l'a fait en 30 depuis sa nomination début novembre. Comment mettre à son débit la défaite concédée face au Betis ce weekend ? Non, l'ancien maître à jouer catalan n'est pas responsable de l'état de son équipe. Un exploit face au Bayern Munich ce mercredi serait en revanche mis à son crédit. Ce serait, pour Xavi, une formidable occasion de lancer son mandat sur une base solide qui lui ferait gagner un temps précieux. Ce serait surtout l'assurance de qualifier Barcelone pour les huitièmes de finale de Ligue des champions. Sans elle, le Barça pourrait bien tomber dans le gouffre dont il est si proche.
Imaginez-vous un peu au mois de février. Ou plus proche, tiens. Lundi 13 décembre, tirage au sort de la phase finale des coupes européennes. Si les choses devaient se passer comme prévu ce mercredi à Munich, il faudrait attendre longtemps pour voir le nom du Barça sortir. Et pour cause, ses adversaires ne seraient pas les deux Manchester, Chelsea ou la Juventus mais des clubs qui ont terminé second de leur groupe… en Ligue Europa. C'est bien de ça dont nous parlons : au printemps, le Barça pourrait être amené à jouer la C3.
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Comme le PSG, Liverpool et le Real Madrid ?

Voilà où nous en sommes dans le groupe E : le Bayern Munich est qualifié avec ses 15 points et le Barça (7 pts) occupe la deuxième place, deux points devant le Benfica 5 pts). Problème, les Portugais reçoivent le Dynamo Kiev. Un succès les amènerait à huit points. Second problème pour Barcelone, un match nul ne suffirait pas puisque Benfica possède l'avantage de la différence particulière. Vous l'aurez compris, selon toute vraisemblance, c'est d'une victoire dont les hommes de Xavi ont besoin en terres bavaroises.

Kylian Mbappé lors du succès du PSG face au Bayern (2-3) en quart de finale aller de Ligue des champions

Crédit: Getty Images

Gagner dans l'Allianz Arena est loin d'être une sinécure. Ces cinq dernières saisons, en comptant l'actuelle, huit clubs ont réussi seulement : Francfort, le PSG, Hoffenheim, Leverkusen, Monchengladbach, Liverpool, Stuttgart et le Real Madrid. En Ligue des champions, le chiffre tombe donc à trois. Le PSG l'a fait l'an dernier en concédant 31 tirs… à 6. Pour Liverpool, ce fut sur le chemin de son titre en 2019. Exactement comme le Real l'année précédente. Et pour trouver trace d'une défaite bavaroise à domicile en phase de groupes, il faut remonter… au 10 décembre 2013 et à Manchester City. Sans lui faire injure, le Barça n'a pas la moitié du talent de ces quatre formations. "Je ne vois pas cela comme un miracle, juge pourtant Xavi. Le Barça peut gagner contre n'importe quel rival."

Huis clos mais équipe A du Bayern

Si le public sera absent puisque la Bavière a décidé d'un huis clos pour cause de remontée des nombres de contaminations au Covid-19, Julian Nagelsmann a prévenu : il ne fera pas tourner. "J'adresse un salut amical à Lisbonne et leur assure que nous jouerons avec la meilleure équipe" dit-il avant d'avoir un mot pour son adversaire. "Ils ont toujours une grande équipe et, de mon point de vue, ils sont toujours prétendants au titre". L'ancien coach de Leipzig a aussi expliqué que bouter le Barça hors de la Ligue des champions n'était pas un objectif pour son équipe à ce moment-là de la saison.

"Pour les bookmakers, c'était gagné pour Lewandowski" : la douche froide vécue par l'Allemagne

En chutant lourdement contre le Benfica à l'aller (3-0) et en étant incapable de le battre au retour (0-0), le Barça s'est occupé tout seul de créer le terreau d'un échec qui serait retentissant en Catalogne. Il faut remonter à 2003/2004 pour voir Barcelone absent de la phase finale pour la simple et bonne raison qu'il ne s'était pas qualifié pour la C1 cette saison-là. Un Barça qui ne sort pas des poules, ça n'est plus arrivé depuis 20 ans et la saison 2000/2001. Un certain Xavi Hernandez figurait dans la rotation de cette équipe.

"Foi en Dembélé"

Mais comment imaginer que ce FC Barcelone orphelin de Messi, toujours privé de Sergio Agüero, d'Ansu Fati et peut-être de Jordi Alba, puisse l'emporter sur la pelouse de la meilleure équipe du monde ? Revenu à la maison, Dani Alves a beau convoquer la fierté de l'appartenance à un club centenaire, "nous sommes le Barça et nous devons avoir conscience d'où nous sommes et de ce que nous représentons", on doute que cela suffira. "Nous dépendons de nous. C’est une finale et on va tout donner pour essayer de rivaliser au maximum, même si on n’a jamais gagné là-bas", espère Xavi de son côté.

Ousmane Dembélé

Crédit: Getty Images

S'il fallait un ultime argument pour se convaincre de l'immensité de la tâche et du peu d'armes dont dispose Xavi pour la réussir, il suffisait de jeter un œil à la Une de Mundo Deportivo dimanche. "Foi en Dembélé", affichait le journal catalan qui voyait en le Français "le grand espoir" du Barça. Ce n'est pas son talent qui est en cause ici mais Dembélé a tellement rarement sorti son équipe de mauvais pas en quatre ans que ce serait pour le moins inattendu de le voir le faire ce mercredi. Mais puisque Barcelone a besoin d'un miracle…
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