Six matches de Premier League et déjà deux "Haatricks". Le mot créé par le Daily Star, contraction de "hat trick" (traduisez coup du chapeau) et Haaland, risque d'entrer dans le vocabulaire courant si le Norvégien continue à ce rythme. Trois buts contre Crytal Palace, rebelotte contre Nottingham Forest, le cyborg n'est pas arrivé en terre anglaise pour faire dans la dentelle. "Nous sommes complètement amoureux de lui" a clamé son entraîneur. Et si Haaland continue sur cette lancée, alors que City lance sa campagne de Ligue des champions mardi (21h) contre Séville, la lune de miel pourra commencer.
L'adaptation au jeu de Guardiola a été rapide. Il faut dire qu'à 22 ans, l'attaquant en est déjà à son quatrième club professionnel. Et entre Molde, Salzbourg et Dortmund, il n'est jamais resté en place plus de trois saisons, alors se fondre dans le décor, il connaît bien. Il n'empêche qu'à son jeune âge, se fondre aussi vite dans un moule guardiolesque sur lequel certains se sont déjà cassés les dents, c'est fort.
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Sacrés temps de passage

Le moins que l'on puisse dire c'est que la première division anglaise a vu passer quelques attaquants emblématiques, si ce n'est légendaires. Aucun d'entre eux n'a réussi à frapper aussi fort et aussi vite que leur homologue norvégien. Dix buts lors des six premiers matches de championnat, jamais personne n'y était parvenu avant Haaland. "J'aime qu'il veuille marquer trois buts à chaque match, mais cela n'arrivera pas. Je sais que ça n'arrivera pas" a tenté de tempérer Guardiola. En vain, outre-Manche, bien des amoureux du ballon rond sont conquis, "Haaland ne pourra pas être arrêté" titrait The Guardian au lendemain de son triplé contre Nottingham.
Plus impressionnant encore, ses réalisations se font dans un style différent de celui observé du côté de Dortmund, où son étiquette de serial buteur lui a été aposée. Moins d'appels en profondeur, moins de dribbles, et surtout beaucoup moins de ballons touchés. Le cuir lui arrive dans les pieds en moyenne 24 fois toutes les 90 minutes. Dont une rencontre terrible contre West Ham, sa première à domicile avec les Skyblues, à seulement huit ballons touchés. Sur sa dernière saison à Dortmund, il en touchait 33 en moyenne.
Pas sevré mais limité, Erling Haaland montre une nouvelle facette de son jeu, presque dans un registre de type "renard des surfaces" par moment. A l'opposé de l'avaleur d'espaces qu'il était sous le maillot Jaune et Noir. A l'image de son match contre Nottingham. Un premier but sur un centre de Foden coupé au premier poteau. Sur le deuxième, il était au bon endroit au bon moment pour pousser le ballon dans le but vide après que le ballon lui soit revenu dans les pieds par miracle. Et le dernier, de la tête à bout portant après une remise de Stones.

Il n'a pas été recruté pour marquer en PL

Certes Haaland s'est adapté à City, mais Guardiola s'est aussi adapté à Haaland. Lui qui affectionne tant son système de jeu sans véritable attaquant de pointe, s'est heurté à un problème majeur ces dernières années en Ligue des champions. La double confrontation spectaculaire contre le Real Madrid en demi-finale la saison dernière en est l'incarnation. Manchester City a besoin d'un tueur devant. Que ce soit à l'aller ou au retour, on se demande encore comment les Citizens se sont débrouillés pour ne pas boucler chaque rencontre avec au moins deux buts d'avance. Enfin si, en fait la réponse est simple : ils n'avaient pas de numéro 9 du calibre de Karim Benzema.

Erling Haaland Pep Guardiola

Crédit: Getty Images

Le Norvégien a donc été recruté pour cette raison précise. Retrouver un attaquant dont la main, ou plutôt le pied, ne tremble pas au moment de punir sur la scène européenne. A cet égard, Haaland possède des temps de passage stratosphériques : 23 buts en 19 matches de Ligue des champions, c'est tout simplement le meilleur ratio de l'histoire de la compétition. Et pour qu'il ait la possibilité de faire passer un cap à City, impossible de le faire jouer comme un faux 9. Ni de le faire rentrer en cours de partie comme Gabriel Jesus, il n'a pas signé pour ça.
Guardiola a donc fait quelques petites concessions sur son plan de jeu. Alors évidemment, les grandes lignes restent les mêmes. Mais il faut de la place pour que l'attaquant de 22 ans laisse parler, par séquence, sa qualité principale : sa puissance. En témoigne le dernier de ses trois buts inscrits contre Crystal Palace. Un appel en profondeur, une protection de balle infranchissable pour résister au retour de Ward et une finition chirurgicale. "Heureux de ne plus courir après ce type" avait blagué Aymeric Laporte lors de l'officialisation du transfert de son nouveau coéquipier depuis Dortmund. Gageons qu'il serait encore plus heureux, avec l'aide d'Haaland, de ne plus courir après la Coupes aux grandes oreilles.
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