Avant Tottenham - OM (C1 - 1re journée de la phase de poules) / Hugo Lloris, du choix discutable à l'icône incontestable

LIGUE DES CHAMPIONS - Le 31 août 2012, Hugo Lloris quittait l'Olympique lyonnais pour rejoindre Tottenham, un choix contesté à l'époque. Mais dix ans plus tard, alors qu'il va affronter Marseille lors de la 1re journée de la phase de groupes mercredi (21h00), le gardien des Bleus est une icône des Spurs et une référence en Premier League.

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Son transfert était attendu. En cet été 2012, Hugo Lloris semblait destiné à quitter Lyon. Annoncé sur le départ depuis le début du marché des transferts, l'international français n'avait pourtant toujours pas trouvé preneur à l'amorce de la dernière ligne droite du mercato. Puis Tottenham est arrivé. Et Lyon n'a pas hésité. Cherchant à alléger sa masse salarial, l'OL l'avait vendu 15 millions d'euros, bonus compris, une affaire pour un gardien de 25 ans avec 38 sélections. "Son choix de rejoindre les Spurs apparaît financier et fiscal plutôt que sportif", s'était permis de juger un quotidien national.
Ses premiers mois à White Hart Lane ont semblé confirmer les pires craintes. N'ayant jamais validé sa venue, le coach André Villa-Boas lui préférait l'expérimenté portier américain Brad Friedel (41 ans à l'époque), affrontant stoïquement les immuables questions en conférence de presse sur la non-titularisation du Français. "Sa situation me paraît incompréhensible. (...) La chose indispensable, c'est qu'un joueur parle directement avec son entraîneur et si Hugo l'avait fait, alors peut-être qu'il n'aurait pas signé à Tottenham", s'était même ému le sélectionneur français Didier Deschamps en octobre 2012.
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Son caractère réservé et mesuré n'a peut-être pas aidé. Mais sa patience a fini par payer. Son talent aussi, évidemment. À partir de novembre, Lloris a progressivement pris sa place de titulaire pour ne plus la lâcher. Et dix ans plus tard, son aura au sein du club est indiscutable. Avec 420 matches sous le maillot des Spurs, l'ancien Lyonnais est dans le top 10 des joueurs ayant disputé le plus de rencontres pour eux et il est même le numéro 1 pour les rencontres de Premier League (340). Les doutes émis au moment de sa signature à Tottenham ont disparu depuis très longtemps.

Le déclic Pochettino

C'est l'arrivée de Mauricio Pochettino, en 2014, qui a été le vrai tournant dans sa carrière en club. "A l'époque, deux ans après mon arrivée, je n'aimais pas trop la façon dont les choses se passaient pour moi, ici. Je me posais beaucoup de questions. Et puis je l'ai rencontré", avait raconté le gardien à ESPN en 2019. "C'est difficile à décrire ce sentiment, quand on rencontre quelqu'un et qu'on sait qu'il aura un énorme impact sur votre carrière", avait poursuivi le Français dont l'Argentin avait fait son capitaine.
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Ensemble, ils ont fait de Tottenham un vrai prétendant au titre en championnat et même un finaliste malheureux de la Ligue des champions en 2019, remportée par Liverpool (2-0). Mais en octobre de cette année, Lloris s'est luxé le coude sur une mauvaise chute, après une parade. Les résultats des Spurs se sont étiolés et Pochettino a été limogé six semaines plus tard. Depuis, José Mourinho et Antonio Conte lui ont succédé, mais Lloris est resté dans les cages, avec le brassard.

Manque de reconnaissance individuelle

Et il ne viendrait à l'esprit de personne de le contester, pas même Harry Kane, pourtant capitaine en sélection. "C'est un gardien de but fantastique, un des meilleurs de l'histoire récente de la Premier League, un type qui travaille dur, calme mais aussi vraiment passionné, il sait quand envoyer le bon message. C'est un vrai leader dans tous les aspects", avait témoigné Kane sur le site du club pour les 10 ans de son arrivée. Le bon début de saison de Tottenham, 2e avec 14 points, à une longueur d'Arsenal, doit beaucoup au Français qui a gardé sa cage inviolée lors de 10 de ses 18 derniers matches.
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Avec 122 "clean sheets" en Premier League, il est le 13e au classement historique des gardiens. Les "monstres" évoluant dans des clubs plus médiatiques auxquels il a été confrontés -- Petr Cech, David de Gea ou plus récemment Ederson et Alisson -- ont sans doute pesé sur sa reconnaissance individuelle. "Il est tellement sous-coté que c'en est effrayant", s'était lamenté l'ancien des Spurs Darren Anderton dans The Athletic.
Mais ce qui marque le plus, c'est son enthousiasme intact, qui lui a valu le surnom de "Benjamin" en référence à Benjamin Button, ce personnage cinématographique qui rajeunit d'année en année, donné par son coéquipier Eric Dier. "Il est comme un gamin dès qu'il s'agit de football, ce qui est sympa à voir venant de quelqu'un qui a tant gagné, dont une Coupe du Monde en tant que capitaine, toujours extrêmement humble, un gars tout à fait normal, ce qui, dans le football, est sans doute le meilleur compliment qu'on puisse faire", avait détaillé Dier sur le site du club.
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