Ligue des champions - Ousmane Dembélé, le Ballon d’Or du peuple parisien
Par Arthur Merle
Mis à jour 02/06/2025 à 08:13 GMT+2
Double passeur décisif contre l’Inter samedi soir en finale de Ligue des champions (5-0) puis élu meilleur joueur de la compétition dimanche, Ousmane Dembélé a ajouté de sérieux arguments à sa candidature dans la course au Ballon d’Or. Pourtant, l’attaquant parisien, obnubilé par les autres même au cœur d’une saison statistiquement folle, n’en a jamais fait une obsession. Tellement rafraîchissant.
"Dembélé n'a pas fait le match d'un joueur qui veut absolument le Ballon d'Or"
Video credit: Eurosport
"Moi, je donnerais le Ballon d’Or à Monsieur Ousmane Dembélé rien que pour la façon dont il a défendu dans cette finale". C’est avec un argument semblable à celui de Luis Enrique que l’UEFA a nommé, dimanche, l’attaquant français meilleur joueur de la saison en Ligue des champions. "Dembélé a endossé le rôle de leader au sein de l’équipe parisienne, comme on l’a vu en finale avec son énorme travail et son pressing haut", a estimé le panel d’observateurs techniques en charge de l’élection.
Ligue des champions
Les notes : Kvaratskhelia en mode Ballon d'Or, Pacho monumental
07/05/2026 à 08:23
Sera-ce suffisant pour décrocher la récompense individuelle ultime le 22 septembre prochain ? Cela semble fou, mais il est encore trop tôt pour se prononcer, dans une saison interminable qui verra quatre sélections se disputer la Ligue des Nations dès jeudi et 32 équipes lutter pour la Coupe du monde des clubs du 14 juin au 13 juillet. Dembélé, qui a beaucoup donné, y sera peut-être moins visible. Lamine Yamal, qui a beaucoup impressionné ces dernières semaines, nous réserve peut-être encore quelques délicieuses surprises.
Mais samedi, Dembélé a confirmé sa candidature. Presque malgré lui. Car l’ancien Barcelonais n’a pas livré le match d’un joueur obnubilé par cette récompense. Désiré Doué, Golden Boy en puissance, a pris toute la lumière pendant que ‘Ous’ réussissait un doublé… De passes décisives. Ce match est l’éclatante preuve que Dembélé a su se révéler individuellement sans oublier les autres. A ses 33 buts toutes compétitions confondues, il a ajouté 15 passes décisives. Un "double double" impressionnant réservé à une caste restreinte.
/origin-imgresizer.eurosport.com/2025/06/01/4126807-83673793-2560-1440.jpg)
Dembélé acclamé et coupe exhibée : Parade grandiose du PSG sur les Champs-Elysées
Video credit: Eurosport
Trajectoire unique, profil anachronique
Le football en connaît et en a connu d’autres, des buteurs passeurs, des artistes finisseurs, notamment du côté du Barça, hier et aujourd’hui, ou via un certain Mohamed Salah. Mais combien de joueurs ont suivi la trajectoire de Dembélé ? Il faut bien prendre le temps de la détailler : ancien maladroit, il est devenu une machine à marquer suite à son repositionnement dans l’axe mais a rebasculé, notamment sur les finales de Coupe de France et de Ligue des champions en fin de saison, dans un rôle de playmaker. Peut-être, aussi, parce que sa réussite l’a quelque peu quittée sur les deux derniers mois.
/origin-imgresizer.eurosport.com/2025/06/01/4126696-83671568-2560-1440.jpg)
"Doué appartient à une race de joueurs qu'on reconnait dans les grands soirs"
Video credit: Eurosport
Il est si rare de se mettre à empiler les buts de la sorte sans jamais en faire une obsession. Les pieds carrés peuvent prétendre privilégier le collectif pour masquer leurs lacunes. Mais ceux de Dembélé ne le sont plus. Ce qu’il est, en revanche, c’est aussi un chien enragé. Samedi, il a couru, partout, tout le temps. "J’ai mis énormément de pression à Yann Sommer pour ne pas lui laisser le temps de dégager, donc on a récupéré des ballons, expliquait-il humblement au micro de Canal+ après coup. Le coach m’a dit en début de saison que je devais être un exemple, montrer aux jeunes qu’il faut attaquer et défendre".
C’est ce qui rend son profil si unique, désormais. Son pote Antoine Griezmann a incarné avant lui l’attaquant qui prend "beaucoup de plaisir à défendre", selon les mots de ‘Dembouz’. Mais il n’a jamais marqué 33 fois sur une saison. "Ousmane, Ballon d’Or !" a ainsi clamé à son tour son capitaine Marquinhos lors du défilé parisien sur les Champs Elysées.
Puisque la C1 a récompensé avant tout une force collective, peut-être que la distinction individuelle suivra le même chemin, cette année, deux ans après avoir couronné Karim Benzema, qui s’était proclamé "Ballon d’Or du peuple". Dembélé, lui, n’avait aucune autre ambition que celle d’être celui du peuple parisien. Maintenant que c’est acquis…
/origin-imgresizer.eurosport.com/2025/06/01/image-49db1de9-ad80-48ea-98c9-1e57593d1796-85-2560-1440.jpeg)
Marquinhos : "Merci aux gens ici, au Parc, au monde entier pour toute cette énergie !"
Video credit: Eurosport
Sur le même sujet
Publicité
Publicité