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Monaco - Aston Villa | Morgan Rogers, l'autre talent que Manchester City a laissé échapper
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Mis à jour 21/01/2025 à 08:22 GMT+1
Formé à West Bromwich et recruté par Manchester City à 17 ans, Morgan Rogers a enchaîné les prêts en divisions inférieures et un peu tardé à éclore. Et puis, en un an, il a découvert la sélection anglaise, ainsi que la Ligue des champions avec Aston Villa et Unai Emery. L'AS Monaco, qui affronte les Villans ce mardi (18h45) est prévenue : le milieu ne compte pas s'arrêter en si bon chemin.
"Monaco est une équipe en déliquescence"
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Par Jeremy Docteur
L'histoire est belle. C'est celle d'un joueur qui a pris son temps et qui en a eu besoin. À 22 ans, il est un des hommes de la saison en Angleterre. Et si Aston Villa est en course pour le Top 4 en championnat et dans les huit premiers en Ligue des champions, Morgan Rogers n'y est pas étranger. En moins d'un an, le milieu est passé de la Championship à une titularisation contre le Bayern Munich en C1. Pour autant, son début de carrière a été pour le moins mouvementé. Quand il rejoint les Villains le dernier jour du mercato hivernal 2024, c'est déjà son septième club.
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Au cours de sa jeune existence, il y a eu diverses étapes. La première, pas si anodine, choisir le foot, car il était doué dans plusieurs sports, surtout au cricket. Il grandit à Halesowen, à une quinzaine de bornes du stade The Hawthorns, lui le fan inconditionnel de West Bromwich Albion, qu'il rejoint en U9. Ramasseur de balle régulier pour l'équipe première, il ne la représente qu'une seule fois, une décennie plus tard, en février 2019 face à Brighton en FA Cup.
Un proche de Palmer
La même année, à l'échelon inférieur, lors d'un match de FA Youth Cup, il va taper dans l'œil de son futur club. Ce jour-là, raconte The Athletic, Pep Guardiola et son adjoint Mikel Arteta sont en tribunes. Txiki Begiristain, le directeur sportif de Manchester City, décide d'en faire une priorité. Alors à 17 ans, il rejoint les Citizens et son club formateur récupère quelques millions. Rogers s'entraîne avec les jeunes, parfois avec les grands, mais à ce moment-là, il ne sait probablement pas qu'il ne jouera jamais avec eux. Quand Manchester City remporte la FA Youth Cup en 2020, il est buteur en finale, comme son grand pote, camarade de chambrée chez les jeunes anglais, Cole Palmer. "C'est une des personnes les plus proches de moi dans le foot et dans ma vie."
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"Il ne faut pas voir les Skyblues plus beaux qu'ils ne sont"
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Il célèbre d'ailleurs régulièrement comme le joueur de Chelsea, en frottant les bras de froid. A City, il apprend une méthode, une structure, mais il faut se frotter aux "adultes". D'abord à Lincoln, où il s'éclate avec son autre super copain, Brennan Johnson. Malheureusement, la suite est plus contrastée. À Bournemouth, en D2, le temps de jeu est limité, il ne débute qu'une fois et même s'il est techniquement toujours en prêt, il joue son dernier match en janvier et revient s'entraîner à Manchester City.
"Si tu ne joues pas, ne perds pas de temps, apprends sur toi-même", confiait-t-il à The Athletic. Enfin, à Blackpool qui lutte pour ne pas descendre, son ancien coach de Lincoln, Michael Appleton, est licencié deux semaines après son arrivée. La saison est contrastée, mais utile mentalement : "Chaque semaine, il fallait s'adapter pour essayer d'être efficace dans un match où tu as très peu d'occasions. Ça m'a poussé comme jamais avant."
Sur ces expériences, il répond à la BBC : "Je ne serais pas le même sans elles. J'ai choisi ce défi et je reprendrai les mêmes décisions. L'idée était d'emmagasiner les minutes." Une attitude positive malgré les épreuves, que son ami d'école Matt Smith, cité dans le Birmingham Mail, avait noté jadis : "Il ne faisait jamais rien sans enthousiasme et il avait toujours la volonté d'apprendre. Ça se traduit sur le terrain."
À l'été 2023, l'heure est venue de prendre un nouveau départ, quatre ans après son arrivée. Il s'engage pour Middlesbrough, le coach Michael Carrick décèle un potentiel chez ce milieu de 21 ans. L'affaire part mal, aucune victoire sur les sept premières rencontres, et pour Rogers, 12 matches de suite sur le banc à compter de mi-septembre. La situation s'améliore finalement et sa première partie de saison s'avère productive, sept buts et neuf passes décisives. Notamment en League Cup, le club s'incline en demi-finale contre Chelsea (1-0, 1-6), mais il marque au retour.
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Morgan Rogers of Aston Villa celebrates after scoring a goal to make it 2-0 during the Premier League match between Aston Villa FC and Manchester City FC at Villa Park on December 21, 2024 in Birmingham, England
Crédit: Getty Images
Prouver sa valeur à Manchester City
En FA Cup cette fois, courant janvier face à Aston Villa, dans un rôle de numéro 10, il fait grosse impression à Unai Emery. Résultat, six mois après son transfert à Middlesbrough, il s'engage pour les Vilains contre une quinzaine de millions de livres. Une somme conséquente au vu de son CV d'alors, témoignant aussi des immenses espoirs du club. Et depuis qu'il a retrouvé les West Midlands, cinq ans plus tard, l'Anglais crève l'écran, à tel point qu'il a prolongé jusqu'en 2030 en novembre.
La victoire contre Manchester City (2-1) il y a quelques semaines est symbolique. Buteur, passeur décisif et homme du match. Naturellement, Pep Guardiola s'est expliqué : "[Quand il était là], il y avait des joueurs qui ont remporté un triplé. De Bruyne à son prime, Bernardo, Mahrez, Sané, Sterling...". Sur son "échec à City", Rogers expliquait au Guardian : "Ça n'a pas tellement marché, mais Guardiola m'a dit que ce qu'il avait vu en moi, je l'avais fait ici. Ça montre le chemin parcouru. Ça n'a pas été la partie la plus réussie de ma carrière, mais ça m'a façonné pour être ce que je suis aujourd'hui."
Et s'il y en a un autre qui a vu un gros potentiel, c'est bien Unai Emery. Cette saison, Rogers a démarré l'intégralité des rencontres de Ligue des champions et de Premier League… sauf une, car suspendu. Sur son coach, Rogers expliquait : "Emery me pousse chaque jour, il ne me laisse pas respirer une seconde." Et à la BBC, de décrire sa méthode "si intense" : "Il demande beaucoup, il me fait confiance et tire le meilleur de moi-même. J'ai énormément progressé. Il veut que j'ai le courage de dicter le jeu, il me guide sur des petits ajouts dans ma prise de décision."
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Cet été, après une blessure en fin de saison dernière, Rogers a cherché à maximiser sa préparation physique. The Athletic relatait qu'un kiné du club l'a même rejoint en vacances. Objectif, être au top dès la reprise par rapport à son profil, jugeait-il pour The Guardian : "Avec mon style de jeu et mon placement, il y aura des contacts et du trafic. Je dois gérer cette pression, m'en extraire. Je voulais être plus fort, plus en forme et plus rapide."
Un bulldozer au milieu de terrain
Si Rogers savoure l'aspect physique, c'est aussi la dimension mentale qui l'aide à passer ces paliers, comme la découverte de la Ligue des champions et de la sélection anglaise. "J'ai travaillé sur la confiance. J'ai adopté un état d'esprit : pourquoi ne pas être le meilleur, qu'importe le jour ou l'adversaire, même s'il y a des joueurs de classe mondiale autour ?"
Avec toujours une autocritique sans concession. "Avant, je laissais un peu les opportunités passer, je jouais peut-être trop gentil. Je ne montrais pas totalement ce que je valais. Maintenant, je ne veux pas gâcher une seconde." Après la victoire contre City, il évoquait des axes de progression : "Parfois, je fais le plus dur et ensuite, j'ai plus de mal à trouver cette petite touche de qualité en plus et garder mon sang froid."
Sa polyvalence, qui ne date pas d'hier, est un autre atout. Par le passé, il a joué sur les deux côtés, un peu plus bas et même en pointe. Avec Unai Emery, il est souvent à gauche ou dans un rôle de meneur de jeu, en soutien d'Ollie Watkins ou John Duran. Par sa puissance, sa confiance pour dribbler ou ses courses directes et verticales, il fait des ravages au milieu.
Dans The Birmingham Mail, son ami d'enfance Matt Smith est tenté de l'associer à un autre crack anglais, Jude Bellingham. Les deux ont grandi à une dizaine de kilomètres d'écart. "Il est très réfléchi. Il a un super réseau familial, ils ont la tête sur les épaules. [Jude et Morgan] sont de bonnes personnes qui savent quoi faire pour atteindre le top niveau. Ils sont assez similaires, des professionnels accomplis."
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Comme le joueur du Real Madrid, il est très lié à ses parents et ses frères. "C'est marrant parce que les Rogers et les Bellingham sont assez proches. Le père de Morgan était chez les pompiers, celui de Jude était officier de police." Il y a quelques années, l'avenir était un peu obscurci. Ses potes réussissaient et lui rêvait de jouer les gros matches. Désormais, il joue les premiers rôles en Premier League et même sur la scène européenne. Morgan Rogers, c'est une belle histoire, mais surtout une formidable leçon de résilience.
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