Mons Bassouamina et Pafos en Ligue des champions : "C'est totalement fou !"
Par Timothé Crépin
Mis à jour 17/09/2025 à 09:48 GMT+2
Passé du barrage Ligue 2 - National à la Ligue des champions en moins de quatre mois, Mons Bassouamina, ex-Clermont Foot, lève le voile sur Pafos, son nouveau club chypriote, grande curiosité de cette C1 2025-26. Et qui affrontera Monaco en novembre.
Mons Bassouamina lors de Clermont Foot - US Boulogne Cote d'Opale, match de barrage National 1 - Ligue 2, le 25 mai 2025
Crédit: Imago
Vous allez disputer votre premier match de Ligue des champions face à l'Olympiakos cette semaine. Comment réagissez-vous quand vous entendez simplement cette phrase ?
Mons Bassouamina : C'est totalement fou ! Franchement, ce n'est que du bonheur. C'est un rêve de gosse qui va se réaliser. C'est extraordinaire.
Auriez-vous imaginé cela en signant cet été ?
M.B. : Non, non, honnêtement... Je sors d'une saison plus ou moins compliquée avec Clermont (31 matchs, 5 buts, 4 passes décisives). On a disputé les barrages pour ne pas descendre (face à Boulogne-sur-Mer)... Et là, on est qualifié pour jouer la Ligue des champions ! C'est indescriptible.
Comment s'est fait ce transfert à Chypre ?
M.B. : Le choix a été assez facile, je m'y retrouvais sur tous les plans. Il y en un plan qui était très important : l'Europe. Je me suis dit pourquoi pas.
Vous aviez trois tours de qualification pour rêver à une hypothétique première phase.
M.B. : Le premier tour, c'était contre Tel-Aviv, chez nous. Mon premier match. J'arrive, et je marque un ciseau venu de nulle part ! On fait match nul (1-1 ; qualification 1-0 au retour). Les supporters étaient heureux. Je suis une recrue donc le fait de marquer de cette façon a dû leur faire plaisir. Je suis ensuite éloigné des terrains pendant deux semaines pour une blessure, du coup, je reviens pour le dernier tour de qualification à Belgrade (qualification face au Dynamo Kiev entre-temps, 1-0 ; 2-0).
2-1 à l'aller pour vous en Serbie. Au match retour, Belgrade mène 1-0. Et là, à la 89e minute, votre coéquipier brésilien Jaja sort un but fou qui fait le tour du monde (20 millions de vues sur le compte Instagram du club).
M.B. : Wouah, wouah, wouah, wouah ! Spectaculaire ! Il n'y a même pas de mots pour décrire ça. Le but est magnifique. On avait travaillé la combinaison. Je vois que mon coéquipier tient sa chaussette, et je sais que c'est le signal pour la combinaison. Je m'apprête à la faire parce que je me rends compte que personne n'a compris, en fait. Finalement, je vois Jaja qui avait compris. Je retourne donc dans la surface. Je vois que le gardien est battu, que ça va sûrement taper la barre et on était trois au deuxième poteau donc si le ballon revenait, un de nous l'aurait touché. Mais lorsqu'on voit le ballon entrer... On sait qu'on est qualifiés, qu'il va falloir serrer les dents et ne pas lâcher.
À quel point les sentiments se mélangent en vous à ce moment alors qu'il ne reste que quelques minutes à jouer ?
M.B. : Sur le coup, on ne réalise pas. Honnêtement, tout ce qui se passait cet été, moi, je ne réalisais pas. C'est plus les gens autour de moi qui me faisaient comprendre qu'on était en train de faire quelque chose de grand. Maintenant, je sais que c'est sérieux. On m'en parle tellement... Il ne faut pas oublier que Pafos est un club qui a été créé il y a dix ans...
Comment avez-vous vécu le tirage au sort ?
M.B. : On a aimé ! On va se déplacer et recevoir des bonnes équipes. Le Bayern, la Juve, Chelsea... Des clubs que tout le monde regarde. On tombe sur Monaco, mais je pensais qu'on allait jouer en France. Malheureusement, on joue ici, mais ce n'est pas un problème non plus.
Le programme de Pafos en Ligue des champions : Olympiakos (extérieur), Bayern (domicile), Kairat Almaty (E), Villarreal (D), Monaco (D), Juventus (E), Chelsea (E), Slavia Prague (D).
Présentez-nous ce jeune club, fondé en 2014, un peu un ovni en Ligue des champions cette saison…
Le programme de Pafos en Ligue des champions : Olympiakos (extérieur), Bayern (domicile), Kairat Almaty (E), Villarreal (D), Monaco (D), Juventus (E), Chelsea (E), Slavia Prague (D).
Présentez-nous ce jeune club, fondé en 2014, un peu un ovni en Ligue des champions cette saison…
M.B. : Un ovni familial, à Pafos, une petite ville. Niveau gestion, c'est plus que correct. Le club est détenu par des Russes, avec un directeur sportif italien, qui était à Watford (Cristiano Giaretta). À la tête du scouting, il y a un Brésilien, d'où la filière brésilienne, il y en a énormément dans l'équipe (5). On est d'ailleurs cosmopolite, avec pas mal de nationalités différentes (14). Les installations sont bonnes. Il n'y a rien à dire ! On est un peu l'équipe à battre dans le championnat chypriote (Pafos a terminé champion pour la première fois de son histoire en 2024-25).
Racontez-nous la méthode de votre coach, Juan Carlos Carcedo, nom qui peut parler à certains suiveurs du PSG.
M.B. : Il était l'adjoint d'Unai Emery au PSG et à Arsenal, notamment. Il veut qu'on joue, un peu comme tous les Espagnols. Il demande aussi beaucoup d'intensité. Il y a un point sur lequel il insiste beaucoup : le pressing. On doit constamment presser. On joue en 4-2-3-1, avec différentes manières de l'animer.
Et depuis début août, vous avez un coéquipier qui s'appelle David Luiz !
M.B. : Quelqu'un de très souriant, de très humble. Un grand professionnel. Il n'est plus à présenter. Mais le fait qu'il soit venu a donné encore plus de lumière sur le club.
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David Luiz, recrue de Pafos pour la saison 2025/2026
Crédit: Getty Images
Comment son arrivée a-t-elle été vécue ?
M.B. : Quand on a appris la nouvelle, on s'est dit : "Non ! Ce n'est pas possible, il ne va pas venir !" On n'y croyait pas. Jusqu'au moment où il est arrivé. Il est bien venu, il est bien là ! Il a eu une très grosse carrière et, malgré tout, il ne se prend pas pour un autre. Sa qualité technique... Grosse, grosse qualité technique. Les pieds qu'il a... Ce ne sont pas des pieds ! Sa qualité de passe, sa qualité de jeu long, pied droit ou pied gauche, il n'y a pas de différence. Il nous apporte aussi beaucoup de conseils. C'est une très bonne personne. Il parle français, on échange souvent. Il a pu raconter quelques anecdotes. Concernant la Ligue des champions avec le PSG, le problème, c'est qu'ils tombaient toujours sur le Barça de Messi et de Neymar... C'était trop compliqué pour eux.
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Pepe buteur pour Pafos contre Belgrade en tour préliminaire de Ligue des champions, le 19 août 2025 à Belgrade
Crédit: Getty Images
La particularité aussi, c'est que, en Ligue des champions, vous ne jouez pas dans votre stade.
M.B. : Non, on joue à Limassol, à 40 minutes de chez nous, dans un stade qui peut contenir 10.000 personnes. À la différence du nôtre, il est homologué pour l'Europe.
Quelle émotion imaginez-vous vivre en écoutant le fameux hymne de la Ligue des champions ?
M.B. : On a pu l'entendre face à Belgrade. Je me suis dit : "Ça y est c'est réel." Je pourrais dire à mes enfants plus tard : "Papa a entendu la musique de la Ligue des champions." Mais on aura tous des frissons. On sera très ému, je pense. Dans l'équipe, il n'y en a que deux ou trois qui ont déjà joué la compétition, dont David Luiz qui l'a gagnée (avec Chelsea, en 2012). Ce n'est pas chaque année qu'on peut la vivre et, surtout, tous les joueurs ne la disputent pas donc...
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