Avec lui, tout coule de source. Il est arrivé en équipe de France avec l'assurance d'un briscard, a joué son premier match comme s'il s'agissait du 50e et exécuté sa première conférence de presse avec aplomb, fraîcheur, assurance et traits d'esprit. Aurélien Tchouaméni est en avance. Ce qui tombe bien puisque le forfait d'Adrien Rabiot, touché par le Covid-19, lui libère une place de titulaire pour la finale de Ligue des Nations dimanche face à l'Espagne. A 21 ans, le Monégasque impressionne depuis ses débuts en Bleu en septembre et ses 4 sélections furent autant d'occasions de s'enthousiasmer autour de la nouvelle sensation du football français.
Pour sa première face à l'Ukraine, il fut la seule et unique satisfaction. Mais ce qui frappe depuis son arrivée à Clairefontaine, c'est la facilité avec laquelle il s'est fondu dans le collectif et le culot qu'il faut pour prendre le jeu à son compte quand on débarque au milieu des champions du monde. Une attitude qui n'a pas surpris son formateur en U17 aux Girondins de Bordeaux, Jean-Luc Dogon : "Parmi tous les jeunes que j'ai côtoyés, il est l'un de ceux avec le plus gros caractère. C'est le plus intelligent aussi, nous renseigne l'ancien défenseur bordelais. Il prépare et anticipe tout. Je peux vous dire qu'il a bien réfléchi à sa carrière. Très à l'écoute, il est toujours dans le questionnement, l'analyse et il est mûr depuis longtemps déjà."
Les grands récits
Aimé Jacquet, quatre ans pour une étoile
25/11/2021 À 22:53

Deschamps en plein mystère : vers une grosse surprise contre l'Espagne ?

A 18 ans, Ligue 1 le week-end, Ligue Europa le jeudi

"C'est une personne fabuleuse, bien élevée, polie avec une famille intransigeante, nous éclaire Eric Bédouet, le coach de ses débuts professionnels à Bordeaux. Il n'est pas dans la norme de ce qui se fait aujourd'hui." Pas étonnant donc de le voir trouver sa place au milieu des meilleurs joueurs du monde. Tchouaméni, même à 21 ans, s'est préparé depuis longtemps à atteindre le sommet. "Ce n'est pas un garçon, c'est un homme, avait dit de lui Paul Pogba dès le bizutage face aux Ukrainiens. Il a des qualités physiques et techniques hors normes. Il est très très jeune, c’est le présent et le futur."
Un gros caractère, une intelligence au-dessus de la moyenne et un parcours, aussi, qui l'a très vite destiné au très haut niveau. A Bordeaux, on lui donne sa chance très vite, à 18 ans. En compagnie des deux autres phénomènes du Haillan, devenus ses meilleurs amis, Zaydou Youssouf (alors 19 ans) et Jules Koundé (20 ans), ils enchaînent parfois Ligue 1 le week-end et Ligue Europa le jeudi. Tchouaméni affronte le Slavia Prague, le FC Copenhague et le Zénith Saint-Pétersbourg alors qu'il vient tout juste de fêter sa majorité.

Acte de naissance, piqûre de rappel : l'Espagne a toujours compté pour les Bleus

Eric Bédouet a pris le risque de lancer la jeune garde girondine et constate aujourd'hui que ce ne fut pas vain : "Je savais que j'allais me faire allumer en lançant trois joueurs aussi jeunes en même temps, se souvient aujourd'hui l'ancien coach bordelais. Bien sûr on prenait un risque mais ça m'était égal puisque j'étais coach intérimaire. Je leur avais dit : 'Nourrissez-vous de tout ce que vous voyez'. On a fait des bêtises, on a perdu des points à cause de la jeunesse mais aujourd'hui, ça paie. Je suis fier."
La ressemblance avec Pogba est frappante
Un parcours, un gabarit (1,87m), une personnalité et un profil technique qui n'est pas sans rappeler celui aux côtés duquel il évoluera dimanche face à l'Espagne. "La ressemblance avec Paul Pogba est frappante, note Eric Bédouet qui a également côtoyé "la Pioche" en équipe de France de 2014 à 2016. Au niveau du jeu, de la puissance, de la technique, ils se ressemblent énormément. Dans l'impact, c'est pareil, c'est costaud. Après Pogba, aujourd'hui, est sur une autre planète mais Aurélien pourrait bien l'y rejoindre." "Il peut encore progresser dans la récupération, gratter plus de ballons, note Jean-Luc Dogon comme axe de progression pour Tchouaméni. Avec plus de confiance, il tentera plus de frappes et peut-être des choses encore plus surprenantes à l'avenir." Si, en plus, il en a encore sous la semelle, Tchouaméni et les Bleus risquent de vivre une longue et belle histoire d'amour.

Aurélien Tchouameni (Equipe de France)

Crédit: Getty Images

Equipe de France
Valbuena charge Le Graët : "Quand je faisais les beaux jours des Bleus, il me léchait les bottes"
24/11/2021 À 18:27
Equipe de France
"Il reste sélectionnable" : Condamné, Benzema ne sera pas écarté de l'équipe de France
24/11/2021 À 11:52