Le hasard ne fait pas toujours bien les choses. Mais quelques coïncidences tombent à point nommé et certains clins d’oeil du destin sont plus appuyés que d’autres. Dimanche, Antoine Griezmann portera le maillot de l’équipe de France pour la centième fois de sa carrière, le faisant pénétrer dans un cercle de moins en moins fermé, certes, mais toujours restreint à une poignée d’internationaux. Ce sera à San Siro, là où il a perdu une finale de Ligue des champions face au voisin madrilène en 2016. Et face à l’Espagne, le pays qui l’a fait grandir footballistiquement et qui est son terrain de jeu depuis ses jeunes années. “C’est surtout le fait que ce soit la 100e et une finale qui rend cela spécial, a-t-il précisé vendredi. Je suis très fier et très heureux mais j’espère que ça va bien se terminer avec une Coupe et une fête après le match.”
Ils sont jusqu’ici huit à avoir franchi la barrière des cent capes, le dernier en date étant Olivier Giroud, qui est aujourd’hui bloqué à 110 sélections. Il sera le neuvième, dimanche soir après Lilian Thuram (142), Hugo Lloris (133), Thierry Henry (123), Marcel Desailly (116), Olivier Giroud donc (110), Zinédine Zidane (108), Patrick Vieira (107) et Didier Deschamps (103). Et, déjà, se pose la question de sa place dans l’histoire de l’équipe nationale. Histoire qu’il écrit encore, même si l’encre est moins épaisse en cette difficile année 2021.
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28/11/2021 À 20:19

Presser ou attendre : l'impossible dilemme face à l'Espagne

Hormis à quelques exceptions près, et avant les deux derniers rendez-vous face à la Finlande (2-0) et la Belgique (3-2), 2021 a marqué une perte d’influence d’Antoine Griezmann. A l’Euro, il n’a jamais pesé, du moins comme il aurait dû, comme il le faisait avant de mettre les pieds du côté de l’Europe centrale. La faute à un positionnement loin d’être idéal. Sa faute, aussi. Parce qu’il n’a jamais su tirer à lui les rênes du carrosse pour lui éviter de devenir citrouille.

Le "chouchou" de DD

Malgré cette année désenchantée, Antoine Griezmann (30 ans) conserve une place privilégiée dans l’architecture de l’équipe de France, parce que Didier Deschamps en a fait depuis longtemps son homme de base. Attaché aux Bleus comme peu, Grizou, c’est celui qui joue, toujours, et détient d’ailleurs le record de matches disputés d’affilée sous la tunique bleue (56 après la Belgique). ​ "La longévité, ce n'est pas que de jouer des matches, regardez son efficacité​ à​ travers les buts qu'il fait marquer et les buts qu'il a marqué​s, a souligné DD, samedi​. Il a eu le bonheur de ne pas avoir eu de soucis physiques, j'espère que ça continuera. Depuis l'Euro 2016, c'est un joueur ultra performant."​​
Griezmann est une sorte de prolongement des idées du sélectionneur sur le terrain. Un relais. Son “chouchou”, taquinent certains de ses coéquipiers. ​Et pour cause, si le joueur de l’Atlético impacte le jeu des Bleus par ses armes offensives (41 buts, comme Michel Platini) et a tout de même trouvé le moyen de marquer 8 fois en treize rencontres disputées en 2021, l’un des apports principaux de l’attaquant est son goût du combat et du sacrifice, celui-là même qui fut à la base du titre mondial il y a trois ans en Russie.

Acte de naissance, piqûre de rappel : l'Espagne a toujours compté pour les Bleus

Débutée en mars 2014, l’aventure de Griezmann en bleu aurait été lancée plus tôt si l’international Espoirs n’avait été suspendu 18 mois après la fameuse virée en boîte Le Havre - Paris. La plus coûteuse de l’histoire de l’équipe de France. Alors, Griezmann a dû patienter. Et même faire ses armes au sein d’une sélection dont il a eu du mal à prendre la mesure. Certains talents explosent d’un coup, montrent qu’ils ont les épaules pour régner, lui a pris plus de temps alors qu’il disparaissait une fois titularisé. Ça a duré une grosse année. Et Deschamps l’avait même repris de volée en mars 2015, à la veille d’un France - Brésil perdu par les Bleus, alors que le numéro 7 piétinait. “Vous en parlez un peu trop de Griezmann à mon goût, avait-il lancé. Il a tendance à avoir la tête un peu… Il a franchi des étapes. Il a des exigences plus élevées avec une plus grande concurrence. Aujourd’hui, il est plus complet, plus efficace. Il continue sa progression et elle doit se voir en équipe de France.”

Henry ne l’obsède pas

DD n’avait pas voulu dire que le jeune joueur avait la grosse tête, avait-il rectifié, mais qu’il était parfois dans les nuages et qu’il fallait en descendre quelque peu. Le sélectionneur aura attendu quelques mois supplémentaires. Aujourd’hui, il n’a plus grand chose à redire quant à son apport individuel et collectif. Les deux dimensions ne sont jamais éloignées et les rares messages de Griezmann, comme à l’Euro sur son positionnement, en sont d’autant plus audibles. Même chose lorsqu’il est question de records individuels, celui d’Henry en particulier.
“Il n’est pas très loin. Après, il faut aussi les mettre les dix buts… Mais comme je l’ai dit, ce n’est pas un objectif qui m’obsède, explique le numéro 8 de l’Atletico Madrid. Il y a des matches que je traverse sans tirer, donc ce n’est pas une obsession. Je veux gagner et j’essaie de chercher la chose dont a besoin l’équipe, offensivement ou défensivement.”
Meilleur buteur de l’Euro 2016, fer de lance des Bleus lors de la Coupe du monde 2018, Antoine Griezmann est d’ores et déjà sur les hauteurs quand il est question de classer les grands joueurs de l’histoire des Bleus. A quelle place ? Dans le Top 10, assurément. Dans le Top 5 ? Un peu juste encore. Derrière les intouchables Michel Platini et Zinédine Zidane, derrière Raymond Kopa et Thierry Henry se dresse une cohorte très 1998-2000, avec Didier Deschamps ou Lilian Thuram notamment. 99 sélections, 41 buts, champion du monde, vice-champion d’Europe (et meilleur buteur du tournoi), Griezmann nage dans ces eaux-là, avec cette tripotée de joueurs de devoir. Ce qu’il est, aussi. Et c’est ce qui en fait un centenaire à part.
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