"Je veux bien qu'on reste sur le dernier match mais en 82 sélections, c'est 32 buts, 21 passes décisives. Ça parle." Didier Deschamps avait appris sa leçon par cœur parce qu'il savait très bien qu'il lui faudrait, ce mardi devant la presse, voler au secours d'Antoine Griezmann, en très grosses difficultés à Barcelone et moins rayonnant en Bleu.

Comme le sélectionneur le suggère, nous avons décidé de mettre en perspective les performances d'Antoine Griezmann en sélection depuis son arrivée à Barcelone. Voilà qui tombe plutôt bien puisque Griezmann a disputé face au Portugal dimanche son dixième match depuis son départ de l'Atlético Madrid. Alors, est-ce que la période sombre qu'il traverse en club depuis plus d'un an a déteint sur ses performances en équipe de France ?

Football
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Ses statistiques restent honorables. Avec deux buts et six passes décisives en dix matches, il garde une influence certaine sur le jeu des Bleus. Mais son ratio de buts (0,2 par match) sur cette période est deux fois moins élevé que sur le reste de sa carrière en sélection (0,42). Son ratio de passes décisives (0,6 par match) est en revanche trois fois plus élevé. Un constat qui souligne d'abord son évolution : en équipe de France, Griezmann ne cesse de reculer dans le jeu.

Loin de ses références

Second attaquant derrière Giroud entre 2016 et 2018, il est désormais un meneur reculé. Le Barcelonais est, de fait, moins présent dans la zone de finition. Griezmann, le buteur, s'est transformé en rampe de lancement et sa précision sur coups de pied arrêtés reste diabolique depuis un an… à l'exception des penalties. Si décisif sur cet exercice en Coupe du monde, Griezmann en a raté trois en moins de douze mois. Si sa réussite sur cet exercice est un baromètre de sa confiance alors Grizou est au plus mal.

Au-delà du bilan comptable, penchons-nous sur l'ensemble de ses performances, sur l'impression qu'il dégage sur le terrain depuis un an. La moyenne de ses notes Eurosport sous le maillot des Bleus depuis un an s'élève à 5,5/10. Griezmann décroche une confortable moyenne mais il est loin de ses références : la Coupe du monde 2018 (6,8/10 de moyenne) et l'Euro 2016 (6,6/10) qui avaient fait de lui un candidat crédible au Ballon d'Or. Mais le plus inquiétant reste la trajectoire qu'il emprunte. Griezmann n'atteint pas la moyenne si on se borne à ses matches en 2020 (4,5/10).

Griezmann après son penalty raté en Suède

Crédit: Getty Images

Suède et Portugal : Une courbe qui a mauvaise mine

Le Mâconnais s'est rarement montré aussi neutre et inefficace en sélection que lors du déplacement en Suède à la rentrée (0-1) et son match raté face au Portugal (0-0). Deux rencontres qui dessinent une courbe qui n'a pas vraiment bonne mine. Il faut remonter à ses débuts en Bleu pour trouver trace de matches ratés de Griezmann lors de deux rassemblements consécutifs. Nettement moins saignant dans ses courses, moins précis dans ses passes, il se rend disponible quitte à redescendre très bas comme pour se rassurer. Un signe qui ne trompe pas.

"Comme tout joueur, il y a des hauts et des bas, l'a défendu son capitaine Hugo Lloris. Il est dans une période plus compliquée sur le plan offensif. Je vois surtout un joueur qui est prêt à défendre et à faire des efforts pour ses coéquipiers." Le portier tricolore n'a pas tort. Le dévouement défensif de son attaquant ne souffre, lui, d'aucune limite. Mais on est en droit d'attendre plus de l'homme qui a porté cette équipe et incarné ses succès.

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Hormis son début de Coupe du monde raté en Russie, Griezmann ne passe jamais totalement au travers de deux sélections de suite depuis qu'il a pris une autre dimension en 2016. Il a même cultivé l’art du rebond et s’il fallait retenir une vérité de son aventure en Bleu, c’est qu’il ne faut jamais l’enterrer.

En novembre 2019, il avait éclairé le voyage en Albanie (2-0) avec un coup franc décisif, quelques jours après une prestation terne contre la Moldavie (victoire 2-1). Et en septembre, il a délivré une passe décisive et marqué face à la Croatie, quelques jours après son voyage raté en Suède. C'est dire s'il faudra commencer à s'inquiéter en cas de contre-performance à Zagreb, ce mercredi. Jusqu'ici, le bilan est honorable sur un an, médiocre en 2020. Plus préoccupant qu'angoissant.

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