Il est arrivé avec son père en voiture à Clairefontaine pour sa première convocation en Bleu. L'anecdote racontée par Grégoire Margotton sur TF1 est un beau symbole de cette filiation hors norme. Avec Marcus Thuram, il est de toute manière difficile de ne pas faire le lien avec Lilian, son père et ancien défenseur champion du monde 1998 qui détient le record du nombre de sélections en Bleu (142 capes). Voire impossible. Encore plus quand on discute avec les gens qui ont suivi l'évolution de Marcus Thuram.

Tout au long du début de carrière de son aîné, Lilian Thuram n'a jamais été bien loin. Assistant avec intérêt aux différentes étapes de la progression de son fils, comme pour son frère cadet Kephren (19 ans) qui évolue à Nice. "Pour moi, c'est une personne extrêmement précieuse pour son fils, nous confirme Bertrand Desplat, l'ancien président de Guingamp. Quand Marcus jouait à l'En Avant, leur relation était très saine et constructive. C'était un mélange de protection d'un père, de conseils d'un ancien joueur du plus haut niveau mondial et d'une personne capable de le booster, de le challenger". Un cocktail de choix. Et explosif, dans le bon sens du terme.

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Marcus Thuram lors de sa première sélection avec l'équipe de France face à la Finlande

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Gourvennec : "Il est dur avec eux. Mais il est forcément de bons conseils"

Son ombre aurait pourtant pu être pesante. Mais Lilian Thuram est parvenu à s'imposer comme un atout et non un boulet trop lourd à porter. En trouvant le juste équilibre. "De temps en temps, les parents sont un gros handicap. Et être un 'fils de' n'est pas toujours facile. Mais avec Lilian, c'était le bon accompagnement", se souvient Jean-Luc Ruty, ancien directeur du centre de formation de Sochaux que Marcus a intégré en 2012 à 15 ans. "Quand on est formateur, on peut avoir la crainte de se retrouver face à quelqu'un qui va tenter de nous expliquer le football mais là ce n'était pas du tout le cas. Il restait discret et à l'écoute pour faire passer quelques messages à Marcus. Pour moi, cette façon de le suivre a été propice à mettre la carrière de Marcus en route".

Cette présence protectrice ne s'est pas limitée aux plus jeunes années de Marcus. A Guingamp où l'attaquant s'est révélé en L1 de 2017 à 2019, Lilian est aussi resté à l'affût de l'évolution de son fils. "J'ai été amené à discuter souvent avec lui pour faire le point. Et Marcus savait que je parlais avec son père, il était donc cerné (rire)", nous a confié Jocelyn Gourvennec, l’ancien entraîneur de Guingamp et de Bordeaux, qui a joué avec le champion du monde 1998 en équipe de France Espoirs. "Son père l'aide beaucoup car il est très exigeant avec ses fils. Il est dur avec eux. Mais il est derrière eux. Et il est forcément de bons conseils."

Kingsley Coman et Marcus Thuram lors d'un entraînement de l'équipe de France

Crédit: Getty Images

Son père considérait que la Bundesliga était un terrain d'expression extraordinaire

Avoir un père capable de vous orienter pour comprendre les codes du monde professionnel ou encore les exigences de la vie du haut niveau et éviter ses pièges n'a forcément rien d'anodin. Comme il le confirme souvent en interview à l'instar de son frère Kephren, Marcus n'a ainsi jamais semblé étouffé par le poids de la carrière de son illustre père. Il semble même en profiter pleinement. La patte de Lilian se voit d'ailleurs dans son parcours.

Ses premiers clubs n'étaient ainsi pas forcément ronflants (Olympique de Neuilly et l'AC Boulogne-Billancourt). Et les suivants (Sochaux, Guingamp, Mönchengladbach) ont eu l'avantage de lui permettre de grandir sereinement. "Ces trois clubs ont un ADN de révélation de talents. Tout le mérite en revient à Lilian", remarque encore Bertrand Desplat. Car c’est tout sauf un hasard. Même si Marcus est suivi par le célèbre agent Mino Raiola, il semble s'imposer de ce périple une volonté claire de la part de son père: ne pas bruler les étapes ! "Son père a bien conscience du garçon, de son potentiel et du contexte dont il a besoin", nous avait d'ailleurs glissé l'agent breton Laurent Schmitt en 2019.

Son dernier transfert illustre à la perfection ce désir de voir Marcus au bon endroit, au bon moment. Histoire de lui offrir les conditions idéales pour poursuivre sa progression. "Je peux vous dire que quand Marcus quitte Guingamp, Marseille lui fait un pont d'or, confie ainsi Bertrand Desplat. Steve Mandanda l'appelle, Maxime Lopez aussi. Mais son père considère dès le départ que la Bundesliga est un terrain d'expression extraordinaire. Et que Mönchengladbach est le club parfait pour qu'il y aille. C'est la gestion de carrière que l'on ne voit plus". Dans de telles conditions, être un "fils de" a tout de l’avantage indéniable.

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