Après France - Israël (Ligue des nations) I Didier Deschamps, que peut-il changer pour le match contre l'Italie ?
Par Vincent Bregevin
Mis à jour 16/11/2024 à 11:42 GMT+1
Une chose est sûre, ça ne va pas. La prestation bien trop terne de l'équipe de France jeudi contre Israël (0-0) en Ligue des nations laisse l'impression que des changements sont nécessaires avant d'aller défier l'Italie dimanche au Milan. Didier Deschamps a pu cibler les manques de son collectif. Mais le sélectionneur n'a pas tant d'options pour répondre aux questions qu'il peut se poser.
"La pire équipe de France depuis 10 ans"
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Trouver un leader technique ?
Si une absence a pu se faire sentir contre Israël, c'est bien celle d'Antoine Griezmann. La France a manqué de créativité et de justesse de jeu à l'approche de la zone de vérité contre Israël. C'est tout ce que le néo-retraité savait apporter entre le milieu et l'attaque, avant de voir son rôle largement réduit lors du dernier Euro. Warren Zaïre-Emery est celui qui avait la position la plus avancée dans le trio de l'entrejeu mis en place par Didier Deschamps au Stade de France. Le Parisien sait se projeter vers l'avant. Mais son registre n'est pas vraiment celui de ce dépositaire du jeu qui a fait défaut aux Bleus.
Le sélectionneur n'a pas vraiment de joueurs de ce profil. Celui qui s'en rapproche le plus, c'est certainement Michael Olise. Le joueur du Bayern est probablement le joueur le plus créatif parmi les éléments offensifs dont Deschamps dispose lors de ce rassemblement. Il n'a pas eu l'impact attendu sur le côté droit au Stade de France, confirmant un début d'aventure sans grand relief avec les Bleus. Le recentrer dans une position un peu plus reculée peut être une option tant Olise est à l'aise entre les lignes. Christopher Nkunklu est une autre possibilité, mais il s'inscrit davantage dans la percussion que dans la création. Ce n'est pas forcément ce type de leader technique dont les Bleus ont besoin.
Modifier le système ?
Compte tenu des forces en présence, la solution peut venir d'un nouveau schéma. Et pourquoi pas d'un passage au 4-4-2. A défaut d'avoir un milieu créatif à sa disposition, Deschamps peut s'appuyer sur des récupérateurs capables de se démultiplier aux quatre coins du terrains. Il en a aligné trois contre Israël. Peut-être un de trop face à une opposition aussi repliée. Passer à un duo devant la défense peut libérer un poste supplémentaire en attaque. Il y a un risque que la France soit plus exposée dans cette configuration. Mais aussi la perspective de mieux exploiter le profil de ses attaquants.
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"Plus que les résultats, c'est la lassitude qui entoure l'équipe de France..."
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Notamment Marcus Thuram. Le joueur de l'Inter est toujours plus à l'aise quand il est associé à un autre élément dans l'axe, comme c'est le cas en club avec Lautaro Martinez. Un duo avec Randal Kolo Muani est une possibilité qui peut aussi convenir à l'attaquant du PSG. Deschamps ne manque pas de matière pour animer les côtés dans cette configuration, avec des ailiers comme Bradley Barcola, Michael Olise et Kingsley Coman, voire Christopher Nkunku dans un registre différent cependant. Le sélectionneur n'est pas vraiment un adepte de ce type de système avec un milieu moins peuplé. Mais il a du sens par rapport aux attaquants qui composent son effectif.
Revoir Digne sur le côté gauche ?
C'est certainement le flanc qui a le plus déçu dans sa production offensive contre Israël. Aussi parce qu'il présentait un potentiel particulièrement prometteur avec Théo Hernandez et Bradley Barcola. L'attaquant du PSG n'a quasiment jamais fait ces différences qu'il réalise quasiment tous les week-ends en Ligue 1. Mais il a aussi été peu aidé par le latéral de l'AC Milan. Hernandez est loin du sommet son art avec l'AC Milan, et ce même constat s'est imposé en équipe de France sur sa prestation contre Israël.
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Mbappé doit-il rester capitaine des Bleus ?
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Il reste le numéro un au poste sur sa qualité intrinsèque. Mais sur la forme actuelle, l'option Lucas Digne n'est pas à négliger. Il se montre assez régulier avec Aston Villa et reste sur une performance aboutie en équipe de France contre la Belgique (1-2), avec une passe décisive délivrée à Randal Kolo Muani. C'est une alternative crédible pour aller défier l'Italie à Milan. Même si un rendez-vous à San Siro, un stade où Hernandez a tous ses repères, est de nature à permettre au latéral milanais de se relancer.
Miser sur le vécu de Coman ?
L'équipe de France est clairement dans une phase de transition. Elle passe par une régénération et l'intégration de jeunes joueurs dans le onze de Didier Deschamps. Mais il y a un équilibre à trouver. Il n'y était peut-être pas dans la ligne d'attaque tricolore face à Israël, où les trois éléments offensifs cumulaient seulement 40 sélections, dont 26 pour le seul Randal Kolo Muani. Le vécu chez les Bleus manque dans un secteur amputé par les absences Kylian Mbappé et Ousmane Dembélé sur ce rassemblement. Le seul à dépasser les 30 sélections est Kingsley Coman (58).
L'ailier du Bayern peut apporter cette expérience qui a pu faire défaut au Stade de France, tant le maillot tricolore peut parfois sembler lourd à porter au moment d'exécuter le dernier geste. Auteur d'une entrée correcte contre Israël, Coman a retrouvé la forme en club avec trois buts sur ses quatre dernières sorties. "Il a une marge pour être mieux mais il a retrouvé de très bonnes sensations, soulignait Deschamps à la veille du match contre Israël. Quand il est en pleine possession de ses moyens, il a un rôle très important à jouer." Le rendez-vous avec l'Italie ressemble à une bonne occasion de le confirmer.
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